(L'Equipe)
Les grands entretiens de FF

Fabio Cannavaro, après son Ballon d'Or en 2006 : «Je suis plein de fierté»

Pour ce nouvel épisode des grands entretiens qui ont fait l'histoire de FF, retour en 2006 avec Fabio Cannavaro, tout juste sacré Ballon d'Or France Football.

Après avoir brandi la Coupe du monde dans le ciel de Berlin en juillet, le capitaine de la sélection italienne vient de terminer l'année 2006 de la plus belle des façons, en succédant à Ronaldinho au palmarès du Ballon d'Or France Football. Nous sommes alors dans un virage au bout du parking de la Ciudad Deportiva. Quelqu'un lui fait signe. Au volant de son 4x4 de marque allemande, l'international italien, qui pense à un supporter en quête d'autographe, s'arrête, courtois comme à son habitude avec les fans. Mais il ne s'agit pas de photo à faire signer ou de maillot à dédicacer. Plutôt d'un message, énoncé de vive voix : «Vous êtes le nouveau Ballon d'Or France Football !» Le défenseur madrilène semble sonné. Fabio Cannavaro se demande s'il rêve. Et puis, son interlocuteur lui explique la situation en détail : «C'est une victoire très nette qui se dessine.» Encore groggy, le capitaine de l'équipe d'Italie glisse : «Et dire que je croyais que c'était mon pote Gigi Buffon qui l'avait remporté !» Sur le chemin de la maison, Fabio Cannavaro entre peu à peu dans son costume de lauréat, même si, à chaque feu rouge, il laisse éclater son incrédulité : «C'est incroyable, c'est incroyable !»

Pourtant, les rêves les plus fous ont fini par rejoindre sa réalité. Le footballeur d'origine napolitaine a néanmoins encore du mal à cerner concrètement ce qui lui arrive. Ce Ballon d'Or demeure virtuel. Pour le toucher, l'admirer, l'aîné des frères Cannavaro devra patienter encore quelques jours. En attendant le précieux et si convoité trophée, Fabio Cannavaro se confie longuement, retrace toutes les étapes de sa carrière, se replonge dans cette fantastique et frénétique année 2006, entre les périodes de doute et le triomphe de Berlin, les affaires et une Coupe du monde impériale. Là, dans son appartement du centre de Madrid, à dix minutes de Bernabeu, le défenseur intransigeant a fait place à un homme calme, disponible et réfléchi, intelligent et responsable. Cela ne l'empêchera pas d'avoir le cœur qui battra très fort, la semaine suivante, à la vue du Ballon d'Or, venu faire une première visite chez lui l'espace d'une séance photos et d'une première remise pour le numéro spécial que nous lui avons réservé. «C'est un Ballon d'Or historique, lui lance Gérard Ernault, directeur de la rédaction de France Football. C'est le premier décerné à un défenseur de formation.» Fabio est aux anges. Sa femme, Daniela, leurs enfants, Andrea et Christian, les deux garçons, Martina, la fille, l'ont vite rejoint devant ce ballon si lourd et tout doré. Dans les yeux bleus du 51e Ballon d'Or, on devine un mélange d'émotion, de sérénité et d'accomplissement. Fabio Cannavaro est un homme heureux.
«Le gardien et le défenseur font eux aussi partie du spectacle. Les attaquants ne jouent pas entre eux !»
«Fabio, vous êtes le 51e Ballon d'Or France Football, le cinquième Italien de l'histoire en prenant en compte Sivori (qui était né argentin). Cette heureuse nouvelle semble vous surprendre...
Beaucoup, en effet. Je me suis toujours intéressé à ce prix et j'en ai rapidement tiré la constatation suivante : le Ballon d'Or a le plus souvent récompensé des joueurs d'attaque, spectaculaires, très techniques, et rarement un défenseur. Et puis, comme je vous l'ai dit précédemment, j'étais convaincu, d'après les rumeurs qui circulaient dans mon pays, que le lauréat était mon pote et coéquipier en sélection Gigi Buffon. Apprendre que c'est moi qui avais gagné le Ballon d'Or 2006 a donc été une réelle surprise, même si j'avais en ma faveur le fantastique parcours réalisé par la Juve en Championnat et, surtout, le fait d'avoir disputé un Mondial parfait, selon certains observateurs.

A propos de Buffon, c'est précisément lui votre dauphin, distancé de 49 points. Thierry Henry complète ce podium, suivi de Ronaldinho et de Zidane. Ce classement vous semble-t-il juste ?
Vu l'épilogue de la Coupe du monde, on peut le considérer comme fidèle au verdict du terrain. On retrouve, de fait, quatre finalistes de cette épreuve dans les cinq premiers. Et quand vous avez des éléments comme Buffon et Zidane en jeu, le choix n'est jamais facile. Me placer devant des champions de leur calibre me remplit de fierté et donne encore plus de valeur à ce Ballon d'Or. Cette année, il n'y a pas eu un joueur qui a écrasé les débats, marquant 60 buts ou je ne sais quoi. Le Mondial a aussi été très disputé. Je pense avoir réalisé une bonne Coupe du monde, cela a dû m'aider.

Vous n'aviez pas été élu meilleur joueur de cette compétition ; et le fait que l'élection de celui-ci, Zidane en l'occurrence, ait été réalisée avant la finale avait fait couler beaucoup d'encre. Ce Ballon d'Or remet-il les pendules à l'heure ?
Cela fait toujours plaisir de recevoir des distinctions individuelles au cours d'une compétition, mais, honnêtement, en cette occasion, je n'y ai prêté aucune importance. Je venais de gagner la Coupe du monde. C'était sans commune mesure avec tout le reste.

Il y a quelques semaines, le quotidien italien Tuttosport, affirmait que Gigi Buffon avait remporté le Ballon d'Or. En réaction, le quotidien espagnol As publiait un billet d'Hugo Gatti, ancien gardien de Boca Juniors, qui expliquait que couronner un portier était ridicule, qu'une telle distinction devrait toujours récompenser un joueur offensif. Ce type de remarque vous agace-t-elle ?
Oui, clairement. Le gardien et le défenseur font eux aussi partie du spectacle. Les attaquants ne jouent pas entre eux ! Certaines interventions pour éviter un but peuvent être très spectaculaires et peser de façon prépondérante sur un match. Si l'on trouve un gardien qui, dans l'année, a sauvé une quinzaine de matches, il est juste de le mettre en avant. Comme un attaquant qui a une moyenne de buts importante.

«Mon point fort, c'est ma constance»

Ce Ballon d'Or 2006 sera inévitablement interprété comme la revanche des défenseurs. Vous êtes le troisième joueur de ce secteur lauréat depuis 1956, après Beckenbauer et Sammer, et curieusement le premier défenseur italien...
(Grand sourire.) C'est vraiment gratifiant de rejoindre au palmarès le mythe que représente le Kaizer et le grand Sammer de 1996. Avec moi, c'est probablement toute une école qui est primée. Le défenseur italien a toujours bénéficié d'une grosse estime.

En outre, vous gagnez l'année de la disparition de Giacinto Facchetti. Tout un symbole ?
Oh, oui ! Facchetti a laissé un vide énorme dans le football italien. Au-delà du footballeur qu'il a été, au-delà de son précieux rôle de dirigeant à l'Inter, Giacinto était une personne humble, honnête, lumineuse, que j'ai eu le privilège de côtoyer chez les Nerazzurri pendant deux ans. Il sera très difficile de retrouver quelqu'un de sa stature.

Vous mettez sur le devant de la scène l'école italienne. Pourtant, il y a quelques années, vous aviez déclaré qu'elle était en perte de vitesse, que les plus jeunes ne savaient plus pratiquer de véritable marquage individuel. Etes-vous toujours aussi pessimiste ?
Beaucoup d'observateurs affirment qu'une fois ma génération à la retraite on ne retrouvera plus de défenseurs habitués au marquage strict, "à la culotte". Et je m'en rends compte en regardant les matches. Dans la surface, nos défenseurs sont plus attentifs au ballon qu'à l'adversaire. Mais, comme le dit fort justement Capello, le ballon ne finit pas tout seul au fond des filets. Il faut marquer son vis-à-vis pour l'empêcher d'inscrire un but. Si vous ne gênez pas l'attaquant à la réception d'un centre, vous lui facilitez le travail. Je crains que, peu à peu, nous ne perdions une certaine culture défensive. Et ça ne date pas d'hier. On m'a ainsi souvent dit : "Cannavaro est bon pour protéger son gardien mais pas pour construire le jeu." Moi, je n'ai jamais vu un défenseur porter le ballon pendant cinquante mètres et entrer dans le but adverse. Je pense que lorsque le défenseur a extrait le ballon de sa propre surface et l'a adressé aux latéraux ou au milieu axial, il a effectué une grande partie de son travail. Ces dernières années, on a surtout cherché des défenseurs habiles à déployer un jeu offensif, plutôt qu'à assurer les tâches de couverture.

Quelles sont justement les qualités que se reconnaît le nouveau Ballon d'Or ?
Avant tout, je pense être un professionnel irréprochable. Trop, même, selon certains coéquipiers ! C'est vrai que je ne délaisse aucun détail. J'aime ce que je fais et je cherche à le faire le mieux possible. Je pense disposer d'un bon placement, d'un grand sens de l'anticipation, qui me permet de gicler au moment juste. N'étant pas très grand (1,76 m), j'ai beaucoup travaillé mon jeu de tête. Je crois aujourd'hui disposer d'une bonne détente. Mon gros point fort reste de pouvoir assurer un rendement constant. Ce qui a été le cas pendant toute ma carrière, mis à part la dernière saison à l'Inter (2003-04) où j'ai été victime de fractures de stress.
Fabio Cannavaro avec la Coupe du monde 2006. (Martin/L'Equipe)
Fabio Cannavaro avec la Coupe du monde 2006. (Martin/L'Equipe)
«La plus belle chose est que les gens se souviendront de l'Italie parce que c'était une équipe forte, humble et unie.»
Le Ballon d'Or changera-t-il quelque chose en vous ?
Je ne le pense pas. Ce n'est pas arrivé après le titre de champion du monde, je ne vois pas pourquoi cela changerait aujourd'hui. Bien sûr, les sollicitations ont augmenté et cela devrait continuer. Mais je n'ai pas pour autant modifié ma façon de vivre. Mes amis sont restés les mêmes. C'est une question de tempérament, d'éducation. Je dois remercier mes parents pour cela ; ma femme aussi, qui m'a soutenu tout au long de ma carrière. Tous mes proches, parents et amis, qui me connaissent, apprécient l'homme avant le footballeur. Ce Ballon d'Or, je leur dédie. Sans oublier les gens de la Juve et de la sélection.

Comme l'indique le classement, cette Coupe du monde glanée par l'Italie a très largement influé sur le scrutin du Ballon d'Or pour désigner le successeur de Ronaldinho. A-t-elle été une édition riche en termes d'expression de talents individuels ?
La cuvée 2006 aura été, selon moi, caractérisée par la suprématie des équipes, des collectifs, plus que par les individualités qui émergent en général de ce genre de manifestation. Je pense en particulier à l'Italie : ce sont les valeurs d'amitié, de groupe, qui ont sublimé la Nazionale. La plus belle chose est que les gens se souviendront de l'Italie parce que c'était une équipe forte, humble et unie. Et que le Mondial a été gagné grâce à l'aide de toutes les composantes du groupe. Chacun, à un moment ou à un autre, a apporté sa pierre à l'édifice.
 
Votre groupe a su faire face, répondre à l'adversité, à tous les coups du sort, mais aussi et surtout à la tempête qui s'est abattue sur le Calcio et dont nous parlerons plus en détail par ailleurs. Comment arrive-t-on à gérer tout cela lorsque l'on est soi-même convoqué par les magistrats en pleine préparation au Mondial ?
Cela a été une drôle de période ! A peine avions-nous débarqué à Coverciano (le Clairefontaine italien, près de Florence) que tous les journalistes me demandaient de parler de Moggi. Moi, je ne me voyais pas attaquer une personne qui seulement une dizaine de jours auparavant était mon dirigeant à la Juve. Alors, j'avais déclaré : "Attendons que la justice ait parlé avant de juger une personne, la condamner, la critiquer. En l'état actuel des choses, je ne me vois pas jeter la pierre sur untel ou untel." Qu'est-ce que je n'avais pas dit là ! J'ai eu droit à un flot de critiques. Et ça ne s'est pas calmé lorsque j'ai reçu la convocation des magistrats romains...
 
Le même jour que David Trezeguet !
D'ailleurs, nous nous sommes même croisés ! Nous étions tous les deux incrédules, car loin de penser que nous aurions à parler devant un juge des rapports que nous pouvions avoir avec les Moggi, père et fils. J'étais forcément agacé de répondre à une convocation devant la justice alors que nous étions en train de préparer le Mondial. Je n'avais cependant pas la moindre crainte ou inquiétude. Tout simplement parce que, lorsqu'une personne est convaincue d'être en règle avec sa propre conscience, elle peut, comme on dit en Italie, se présenter sans peur devant Dieu.

Lire aussi :
Pelé : «Je n'ai rien d'artificiel»
Zidane : «Une nuit, à 3 heures...»
Maradona : «Ma liberté, je l'ai gagnée»
Cruyff : «En 1974, on donnait du plaisir aux gens»
Aimé Jacquet : «Ma vie, désormais, va être belle»

«Nous avons prouvé que nous savions jouer au ballon»

Vous n'étiez pas trop perturbé ?
Ce n'était pas l'idéal, il est vrai, pour préparer une compétition du niveau de la Coupe du monde. Il y a eu tout ce casino (bordel) avec moi, mais aussi les convocations devant les magistrats de Gigi Buffon et Marcello Lippi, notre sélectionneur. A ce moment-là, de nombreuses voix se sont élevées pour demander à la Fédération de nous écarter de la sélection et de virer Lippi ! C'est ça, malheureusement, notre pays : certains pèchent par hypocrisie, allant dans la direction où les porte le vent, et oublient complètement le comportement positif que quelqu'un a pu avoir pendant des années. Enfin, tout cela aura servi à accumuler une rage que nous avons ensuite pu évacuer en match.

Beaucoup ont vu des similitudes entre la situation que vous avez connue et celle du groupe d'Enzo Bearzot, champion du monde en 1982 après avoir dû essuyer les féroces critiques de la presse...
En effet, nous avons entendu des discours de ce genre. Et aussi que tout le bruit provoqué par les différentes affaires nous avait poussés à aller plus loin. Quelque part, c'est plutôt offensant pour nous, pour le travail de Marcello Lippi et de toute l'équipe. Si vous vous penchez sur les résultats obtenus par la Nazionale pendant les deux, excellentes, années de gestion Lippi, vous verrez que l'Italie s'est qualifiée sans problème pour le Mondial 2006 et qu'elle a remporté, en jouant un bon football, ses matches amicaux face à des sélections de premier plan, comme les Pays-Bas et l'Allemagne. Lorsqu'il a pris en charge l'équipe d'Italie, Lippi nous a dit : "Nous devons avoir un unique objectif : remporter la Coupe du monde !" Il ne s'est jamais écarté de cette ambition. La plus grande satisfaction est que nous y avons mis la manière. Trop souvent les gens associent l'étiquette catenaccio à l'équipe d'Italie. Au Mondial, nous avons prouvé que nous savions jouer au ballon.

Malgré tout, vous n'avez pas été épargné pendant la Coupe du monde. Quelques attaques vous ont particulièrement touché ?
Certains comportements, certains lieux communs ont la vie dure. Une certaine presse en Allemagne avait ainsi parlé des Italiens en utilisant des termes comme "parasites", "mafiosi"... C'est affligeant. Malgré ses problèmes, l'Italie est un pays qui va de l'avant. On ne peut pas en donner éternellement la même image, en rester à la pizza et au catenaccio !
 
Au plan personnel, tous ont été impressionnés par votre assurance, votre aplomb, sur et en dehors des terrains, notamment face aux médias...
Il est difficile de me voir "dégoupiller" ! J'ai, heureusement, un caractère tranquille. Je pense être d'une nature réfléchie et apparaître comme quelqu'un de souriant. Nous, footballeurs, faisons l'un des plus beaux métiers du monde et nous sommes bien payés pour cela. Alors, les polémiques, les critiques, les petits soucis du footballeur ne sont rien, et tout devrait être pris avec le sourire. Il y a des choses bien plus graves dans la vie qu'un journaliste qui vous dit que vous avez mal joué !
Pessotto ? «J'étais effondré, comme tout le groupe. Et dire que trois jours plus tôt Gianluca était venu nous retrouver en Allemagne !»
Par exemple, ce qui est arrivé à votre ami Gianluca Pessotto. Vous avez appris en pleine conférence de presse, à Duisburg, qu'il s'était jeté dans le vide, au siège de la Juve...
(Fabio a la voix un peu cassée par l'émotion.) A y repenser, j'en ai encore la chair de poule ! Tout au long de mes deux saisons passées à Turin, j'ai vécu dans une ambiance exceptionnelle et fréquenté des gens fantastiques, comme Gianluca. Nous organisions souvent des soirées chez lui, chez moi, chez Ciro (Ferrara) ou Alessandro (Del Piero), invitant également nos plus jeunes coéquipiers. Nous avons vécu tant de moments privilégiés ensemble. L'annonce de la tragédie qui venait de survenir m'a touché au cœur. J'ai quitté immédiatement la conférence : je voulais avoir des nouvelles, être proche de lui, des siens. J'étais effondré, comme tout le groupe. Et dire que trois jours plus tôt Gianluca était venu nous retrouver en Allemagne ! Je l'avais vu un peu maigre, fatigué. Pour rigoler, je lui avais glissé : "Même lorsque tu jouais, tu n'étais pas aussi affûté !" Il m'avait répondu : "Tu sais, j'ai beaucoup de travail..." Alors, quand j'ai appris ce qui venait de se passer Corso Galileo Ferraris, le monde s'est écroulé autour de moi. Heureusement, Gianluca s'est repris petit à petit.

Vous lui avez envoyé des petits messages, des signes. C'était important ?
C'était une façon de lui montrer qu'on ne l'oubliait pas, de lui dire de tenir le coup. Comme cette banderole que j'avais demandée à un pote, Alessandro, qui disait : "Pessottino, siamo con te" (petit Pessotto, nous sommes avec toi), et que nous avons déployée à la fin du quart de finale face à l'Ukraine. Une fois la Coupe du monde terminée, j'ai voulu lui faire une autre surprise. J'avais obtenu de la Fédération l'autorisation d'emmener la Coupe du monde chez moi, à Naples. Le lendemain, je prenais un avion privé pour Turin et j'allais rendre visite à Gianluca à l'hôpital. Je ne suis pas près d'oublier l'expression de son visage quand il a aperçu le trophée, ainsi que la fameuse banderole : notre Pessottino avait les larmes aux yeux. Et moi aussi, je crois bien ! C'est un garçon exceptionnel. Il se reprendra à 100 %.

Revenons au Mondial. A quel moment a eu lieu le déclic ?
Je pense que nous avons toujours été dans le coup. Il y a eu la très bonne entame face au Ghana, puis le faux pas contre les Etats-Unis. Mais dès le troisième match notre sélection était repartie du bon pied : notre prestation d'ensemble face à la République tchèque a été superbe.

En huitièmes, contre l'Australie, l'Italie n'est toutefois passée qu'en inscrivant un but sur penalty dans le temps additionnel...
Ce jour-là, nous n'avons pas forcément bien joué, mais nous avons démontré une force incroyable en l'emportant après avoir joué à dix contre onze pendant plus de la moitié du match. A Kaiserslautern, nous avons été très concrets, très présents et soudés.

Y a-t-il eu un moment au cours de la compétition où vous avez compris que le titre suprême ne pouvait plus vous échapper ?
Non. L'assurance, nous ne l'avons eue qu'au moment du tir au but victorieux de Fabio Grosso, au bout du bout de la finale de Berlin. Disons que le match contre les Tchèques aura représenté une étape probante : nous devions gagner à tout prix et nous avons été capables de le faire avec brio. Ensuite, on ne peut oublier la victoire face à l'Allemagne sur ses terres...

«Nous n'avons jamais eu peur»

Comment êtes-vous sortis indemnes de l'enfer de Dortmund ?
Nous n'avons jamais eu peur. C'était peut-être de l'inconscience, je ne sais pas. Toujours est-il que le public du Westfalenstadion, les 70 000 spectateurs tout proches de la pelouse, ne nous ont pas conditionnés. Nous étions sûrs de nous, de notre force, notamment mentale.

De quelle manière cela se manifestait-il ?
Je vais vous raconter une anecdote qui remonte au match face à l'Australie. Lorsque nous nous retrouvons à dix, après l'expulsion de Materazzi, Barzagli fait son entrée sur le terrain. Le voyant très tendu, je lui dis : "Andrea, tu peux te tranquilliser car nous allons nous amuser." Il me regarde, effaré, et me rétorque : "Mais tu es devenu fou !" "Pas du tout ! Sois tranquille, on ne nous marquera jamais de but !" Nous étions vraiment costauds dans nos têtes, confortés par le travail gigantesque de Lippi. Pour en revenir à la demi-finale face à l'Allemagne, je pense qu'à Dortmund nous avons véritablement mérité notre place en finale. En 2000, j'ai déjà eu à affronter le pays organisateur. C'était la demi-finale de l'Euro face aux Pays-Bas. Mais, alors, nous n'avions pratiquement jamais vu le ballon et joué un grand match défensif, évoluant pendant plus d'une heure en infériorité numérique. Les Bataves avaient touché les montants, manqué deux penalties dans le jeu et plusieurs tirs au but. Contre les Allemands, en juillet dernier, c'est nous qui avons fait le jeu. Nous avons largement dominé, tiré deux fois sur les poteaux, et nous nous sommes créé de nombreuses occasions. Et surtout notre sélectionneur a parfaitement compris que nos adversaires étaient cuits : ainsi, en prolongation, Lippi a fait rentrer Del Piero et Iaquinta. L'Italie a fini le match avec quatre attaquants, plus Pirlo qui poussait. Elle a gagné par K-O.

Parlons de la finale face à la France. Elle a constitué une revanche pour les Italiens ?
Pour moi, oui : j'étais le seul des titulaires de Berlin qui avait joué la finale de l'Euro 2000 à Rotterdam. Ce match, je ne l'oublierai jamais. Nous dominons, nous nous créons plus d'occasions que les Bleus et voilà qu'ils égalisent à dix secondes de la fin par Wiltord. C'est ce but qui nous a achevés. Lorsque Trezeguet marque le but en or, celui du 2-1, nous avons déjà laissé filer la finale. Après tout, c'est peut-être mieux comme ça ! En gagnant l'Euro, nous, Italiens, n'aurions peut-être pas eu par la suite la même faim. Cette faim qui nous a conduits jusqu'au titre de champion du monde 2006. Et, entre les deux trophées, mon choix est vite fait !
«Zizou, je le considère comme un très grand champion, mais je pense qu'à Berlin il a commis une erreur.»
Mais cet Italie-France de Berlin n'a pas été une partie de plaisir...
Pour être sincère, j'aurais préféré éviter la France en finale. A cause des deux mauvaises expériences précédentes : la finale de Rotterdam et aussi le quart de finale du Mondial 1998 au Stade de France. Là encore, ça s'était joué à peu de chose. (Silence.) Je pense encore à cette si belle volée de Roby Baggio, seul devant Barthez, en prolongation : quel silence dans le stade de Saint-Denis pendant une seconde ou deux ! Mais, bon, inutile de se refaire du mal... A Berlin, les choses avaient mal débuté pour nous, avec la France toute heureuse d'obtenir rapidement un penalty. Encore une fois, nous avons démontré du caractère en égalisant par Marco Materazzi, puis en heurtant la transversale par Luca Toni. Après l'heure de jeu, nous avons vraiment souffert car les Français étaient mieux physiquement. Mais l'Italie a su tenir. Et quelle intensité dans ce match ! Je pense à la prolongation, à la tête de Zidane déviée par Gigi, au but refusé à Toni. Après, il y a eu le regrettable épisode entre Marco et Zidane, puis les tirs au but... A ce moment-là, je sentais que nous allions gagner. Pourquoi ? L'envie que nous avions, la conviction. D'habitude, lorsque l'on s'approche du banc de touche pour désigner les tireurs, l'entraîneur a toujours un peu de mal à trouver des volontaires. Pas le 9 juillet ! Lippi a mis deux secondes à coucher les noms sur sa liste : nous étions tous partants ! A commencer par Daniele De Rossi. Imaginez : mon jeune coéquipier avait pris quatre journées de suspension pour son coup de coude lors d'Italie - Etats-Unis et était juste revenu pour la finale. S'il rate son tir au but, il finit en mille morceaux, massacré par tous les médias. Là, Daniele nous a montré courage, personnalité, flegme. Un grand !

Malheureusement, l'image qui restera de cette finale est le coup de tête de Zidane à Materazzi. Pensez-vous que l'on en a trop parlé ? Et que sa cinquième place au Ballon d'Or est juste un hommage à sa grandissime carrière ?
Sur ce dernier point, je n'ai aucun doute. Et cette reconnaissance, cet hommage sont on ne peut plus normaux. J'ai joué à plusieurs reprises contre lui. Cela a toujours été d'intenses duels. Zizou, je le considère comme un très grand champion, mais je pense qu'à Berlin il a commis une erreur. Et je ne dis pas ça parce qu'en face il y avait un Italien. Vous savez, sur un terrain, on en entend des vertes et des pas mûres. Il n'empêche : un joueur de sa classe ne peut pas faire un tel geste. Et l'on ne peut pas le justifier. Après la finale, on en a beaucoup trop parlé.
Cannavaro au duel avec Zidane en finale. (Martin/L'Equipe)
Cannavaro au duel avec Zidane en finale. (Martin/L'Equipe)
Comment avez-vous vécu vos premiers jours de champion du monde ?
Notre arrivée à Rome avait quelque chose d'irréel ! A cause des polémiques d'avant la compétition, du scepticisme général, je ne m'attendais pas à un accueil énorme. Je me trompais ! Déjà, sur la route de l'aéroport, il y avait des centaines de milliers de personnes. Nous avons mis deux heures pour rejoindre le Palazzo Chigi, la résidence du président du Conseil, Romano Prodi. En sortant, nous sommes montés dans un bus à impériale. Là, c'était inimaginable, il y avait du monde partout : devant et derrière le bus ! L'apothéose a été, bien sûr, cette marée humaine au Circo Massimo. Il y avait au moins 1 million de personnes !

Après coup, comment jugez-vous votre prestation au Mondial ?
J'ai probablement été en Allemagne au meilleur niveau de ma carrière. Au cours de la saison 2005-06 avec la Juve, j'avais bien joué, mais avec parfois du déchet et des fautes superflues. Par exemple, il y a eu ce choc très dur avec le jeune joueur de la Lazio Gaby Mundigayi, qui, malheureusement, est resté blessé quatre mois. En revoyant les matches de l'Italie au Mondial, je suis resté impressionné par la propreté de mes interventions, le fait que j'anticipais le plus souvent sur l'attaquant adverse, la rareté des fautes. Je crois qu'il serait impossible pour moi de répéter de telles prestations ! En Allemagne, j'ai disputé sept matches impeccables, avec dans les journaux italiens des notes énormes, absurdes : 9, voire 9,5 sur 10 ! Le problème, c'est que désormais tout le monde attend à chaque fois de telles prestations !

«Gigi était là pour tout arrêter»

L'Italie du Mondial 2006 ressemblait à un bunker : seulement deux buts encaissés, un penalty et un but contre son camp. Quel était votre secret ?
L'organisation de jeu de Lippi. Ajoutée aux prestations individuelles. Car, que ce soit moi, Buffon, Zambrotta, Materazzi ou d'autres, nous avons été capables d'arriver au top lors de cette Coupe du monde. Ce qui prouve que nous avons su nous préparer en grands professionnels.

Derrière "il Signor" Cannavaro, il y avait une autre muraille, Gigi Buffon...
Il peut faire gagner des matches à lui tout seul. Les attaquants qui tiraient auraient eu besoin d'un fusil pour lui marquer un but ! Pour des défenseurs, c'est extraordinaire de savoir que l'on peut compter sur un gardien dans un tel état de grâce. On savait que les Nedved, les Zidane pouvaient tirer de toutes les positions, Gigi était là pour tout arrêter. Lui aussi méritait un Ballon d'Or !

Ce Ballon d'Or vient boucler une année complètement folle. Vous avez vécu, personnellement ou avec vos coéquipiers, une succession d'événements, positifs ou négatifs, qui pourraient remplir toute la carrière de la plupart des footballeurs. Dans quel état sort-on de ce véritable tourbillon ?
Cette année 2006 a en effet été incroyable, dans le bien comme dans le mal. Et dire qu'à trois semaines de la fin du Championnat d'Italie nous nous apprêtions à vivre un sacre des plus mérités au terme d'une saison largement dominée par la Juve ! Mais, début mai, l'affaire des écoutes téléphoniques a fait son irruption...
 
Et vous vous êtes retrouvé à fêter le Scudetto, le 14 mai dernier, au stade de Bari dans une drôle d'atmosphère...
Au moment d'affronter la Reggina (le club calabrais a reçu la Juve à Bari à cause de la suspension de son terrain), nous nous posions beaucoup de questions. Nous ne savions pas encore précisément ce qui se passait et nous n'imaginions pas les conséquences de l'affaire Moggi. Sur le moment, notre principale préoccupation restait de gagner ce dernier match pour remporter le 29e Scudetto de la Juve. Nous étions loin de nous douter que tous nos efforts allaient être vains et qu'on allait nous retirer ce titre, ainsi que celui de la saison 2004-05. Bien sûr, par la suite, nous avons pu constater l'étendue du scandale, qui constitue l'une des pages les plus noires du football italien. Malgré tout, ces Scudetti, je les considère encore comme les miens. La Juve était la plus forte : elle a enchaîné 76 journées en tête du classement et, lors de l'exercice 2005-06, n'a enregistré qu'une seule défaite au cours du Championnat, face au Milan AC, terminant avec la meilleure défense et la meilleure attaque. Nous n'avions besoin de l'aide de personne pour gagner.
«Le problème, c'est que, notamment à l'étranger, les gens ont cru que la Juve achetait des matches. Ce qui est faux.»
Vous-même aviez réalisé une excellente saison, non ?
Tout à fait. J'ai connu peu de baisses de régime et j'ai même marqué quatre buts, tous décisifs, moi qui en règle générale m'arrêtais à deux par saison.

En quelques jours, "Calciopoli", le scandale Moggi, explose littéralement. Qu'avez-vous pensé alors ?
J'étais un joueur de la Juve et je voyais qu'on nous attaquait de toutes parts. Toutes ces accusations à l'encontre de nos dirigeants me semblaient si absurdes. Je les ai alors défendus... Moggi ? En Italie, tout le monde savait que c'était un dirigeant qui avait des contacts un peu partout. Et tout le monde connaissait la puissance de la Juve. Mais l'on ne s'imaginait pas jusqu'où certains pouvaient aller. Et l'on ne s'est pas toujours fait une idée précise de leurs agissements. Je vous donne l'exemple de Mahamadou Diarra, mon coéquipier au Real. La première chose qu'il m'a dite est : "Ah, Moggi, soldi ! soldi !" (L'argent, l'argent !) Je lui ai expliqué que Luciano Moggi n'allait pas voir tous les arbitres pour leur promettre des sous. Ayant beaucoup d'influence, il agissait à un autre niveau, par exemple orienter un arbitre vers un match plutôt qu'un autre. Ce qui n'est pas normal, bien sûr ! Le problème, c'est que, notamment à l'étranger, les gens ont cru que la Juve achetait des matches. Ce qui est faux. Les rencontres, nous les avons gagnées, nous, sur le terrain. Il s'agit plutôt d'un énorme abus de pouvoir de la part de Moggi, condamnable, bien évidemment. Et inutile : nous étions les plus forts, ce qu'a parfaitement démontré la présence de huit joueurs de la Juve, plus des anciens comme Zidane et Henry, sur la pelouse du stade Olympique de Berlin, le 9 juillet.

En juillet, vous avez fait vos valises pour Madrid. Etait-ce un trop grand sacrifice de jouer en Serie B avec la Juve ?
Pas du tout. Le sacrifice n'était pas de descendre en Serie B. Si j'avais été plus jeune, je serais probablement resté à Turin. Simplement, j'ai trente-trois ans et voilà que le Real se présente. Je me suis fait la réflexion suivante : "Si je vais en Deuxième Division, je retrouve la Serie A, au mieux, à trente-cinq ans, un âge où je devrai sérieusement penser à arrêter." Là, j'avais l'opportunité unique de porter la tunique du Real et de continuer à disputer des compétitions importantes. Pour un autre club - en dehors de Naples, bien sûr ! -, je n'aurais même pas pris l'offre en considération.
 
Que représentait l'Espagne pour vous ?
Nous, Italiens, avons toujours du mal à partir pour l'étranger. Mais, là, je trouvais que c'était le moment juste pour vivre une nouvelle expérience, connaître une langue et une culture différentes. Après quelques mois, je ne regrette en rien cette décision. Cette ville me plaît.

«Le scandale Moggi n'est pas un événement isolé»

Existe-t-il moins de pression autour du football qu'en Italie ?
En tant que joueur étranger, on serait tenté de le penser. Parce qu'on ne lit pas les journaux, on ne regarde pas la télé et on ne se retrouve pas dans les endroits où les gens parlent sans arrêt de foot. Sinon, il y a une sacrée pression sur le Real. Il y a par exemple une quinzaine de radios qui ne parlent pratiquement que des Merengue. On dirait vraiment un club italien !

Avec le recul et l'éloignement géographique, quel jugement portez-vous sur la plus grave crise qu'a connue le Calcio ?
Le scandale Moggi n'est pas un événement isolé. Cela fait quatre-cinq ans que le foot italien connaît ponctuellement de gros problèmes : situation économique plus ou moins dramatique, à un moment ou à un autre, de clubs comme la Lazio, Parme, la Roma, la Fiorentina, Naples, ces deux derniers étant contraints de rejoindre des divisions inférieures (la Serie C2 pour les Florentins, la C1 pour les Napolitains) ; l'affaire des faux passeports ; des joueurs contrôlés positif à la nandrolone, etc. Tout ça a porté atteinte à la crédibilité de notre football, jusqu'à lui faire toucher le fond avec "Calciopoli". La victoire en Coupe du monde a commencé à redorer notre blason. Mais il faut travailler plus en profondeur, investir sur le développement des structures sportives, redonner envie de pratiquer ce sport.

Vous avez joué avec ceux qui se déclaraient victimes du système Moggi, l'Inter Milan, et avec le "Grand Satan" que décrivaient certains, la Juve. Comment vit-on tout cela de l'intérieur ?
On constate un conditionnement psychologique des arbitres. Mais en faveur de toutes les grandes écuries. Même lorsque j'étais à l'Inter. Des équipes comme Empoli ou Lecce devaient, comme on dit, suer pour marquer. Car, dans le doute, les décisions étaient très souvent en faveur du plus grand. Inconsciemment, les arbitres penchaient toujours du même côté. C'était ça, le conditionnement. Et il existe toujours. L'autre jour, j'ai vu Inter-Ascoli à la télé : l'arbitre a refusé de siffler un penalty évident en faveur d'Ascoli. Pendant mes deux saisons à la Juve, j'ai pu constater, en effet, que l'on aurait pu siffler quelques penalties supplémentaires contre nous, mais nous avons subi aussi des décisions contraires. Ce qui se passe, c'est qu'un penalty non sifflé dans la surface de la Juve fait parler pendant une semaine, alors qu'un penalty accordé à Livourne pour une faute trois mètres en dehors de la surface - c'est arrivé la saison passée - provoque juste des discusions le lendemain du match. Et l'on passe rapidement à autre chose.

La justice sportive a-t-elle été trop ou trop peu sévère ?
C'est un sentiment complexe. Si l'on analyse les sentences définitives, on observe que, par exemple, chez les arbitres, seul De Santis a véritablement payé. Je ne pense pourtant pas qu'un arbitre ait pu conditionner à lui seul tout un Championnat ! Par rapport aux clubs, la justice sportive a été très dure en première instance et, en bout de chaîne, l'arbitrage du CONI (Comité olympique italien) a rétabli un certain équilibre. Même si seule la Juventus a été condamnée à la Serie B et s'est vue retirer ses deux derniers Scudetti. Des Scudetti que je considère toujours miens.
La piqûre ? «Je le répète, je me suis comporté comme un gamin. Mais, vous savez, dans tous les vestiaires, les joueurs font souvent des conneries.»
Vous faisiez allusion aux affaires qui, régulièrement, secouent l'Italie. Vous aviez vous-même été directement impliqué voilà quelque temps...
Vous pensez à la vidéo amateur avant la finale de Coupe de l'UEFA (un film montrant Cannavaro perfusé, dans sa chambre d'hôtel à Moscou, avant la finale Marseille-Parme de 1999) ? Je n'ai aucun problème à en parler. Il faut d'abord savoir que dans le foot, avec l'accumulation des matches, on a souvent recours à des piqûres de vitamines, de sucre. Et c'est ce que j'avais pris ce jour-là. La grossière bêtise est que je me sois filmé. C'était une sorte de jeu, de blague de potache. Là, je jouais le rôle d'un humoriste napolitain qui, dans l'un de ses spectacles, tient le rôle d'un drogué. Je voulais juste l'imiter. Je sais, ce n'était pas très intelligent. Cela a dû faire une drôle d'impression aux téléspectateurs (les images avaient été diffusées par la RAI) de voir un athlète jouer les couillons en se faisant une piqûre. Heureusement, on voit bien la marque du produit sur le film, on constate qu'il ne s'agissait en aucun cas d'un produit dopant. Je le répète, je me suis comporté comme un gamin. Mais, vous savez, dans tous les vestiaires, les joueurs font souvent des conneries. Certains se filment nus ou aux toilettes, en train de faire les plus grosses pitreries. Pour ceux qui ne vivent pas dans le milieu du foot, cela peut paraître absurde, et je le comprends.

Ce fut une image étonnante chez un personnage comme vous qui cherche à s'impliquer vers des actions positives. On vous sait impliqué dans plusieurs projets. En avez-vous pour le futur ?
Oui, avec Ciro Ferrara, nous avons mis sur pied une fondation dont le but est de venir en aide aux jeunes de Naples, à des gens en difficulté. Vivant loin de notre ville natale, c'est notre façon d'en rester très proches par le cœur. Plus tard, et toujours dans cette optique d'aider ceux qui souffrent, je voudrais faire un grand voyage en Afrique, aller à la rencontre des personnes, me mettre à leur écoute et faire quelque chose d'utile pour eux.»
Roberto Notarianni
Réagissez à cet article
500 caractères max
ADS :