Nabil Fekir, au choix douloureux pour sa famille. (L'Equipe)
Bleus

Fekir, une famille déchirée

Le choix du milieu offensif de l'OL d'opter en fin de compte pour les Bleus laisse un goût amer en Algérie. Moins encore au niveau de la Fédération algérienne qu'au sein de la famille même du joueur.

Après avoir tenu en haleine la France et l'Algérie pendant plusieurs semaines et au prix de quelques revirements, le feuilleton Fekir a définitivement pris fin le 10 mars dernier après que le joueur a opté pour les Bleus. Un choix que Didier Deschamps vient d'acter en convoquant le jeune attaquant de l'OL pour les deux prochains matches de l'équipe de France face au Brésil (26 mars) et au Danemark (29 mars). Si le débat s'est apaisé en France, la volte-face du Lyonnais reste un sujet sensible sur l'autre rive de la Méditerranée... jusqu'à la famille du joueur.
«Il m'avait assuré qu'il allait jouer pour les Verts»
En émoi, effondré, le grand-père de Fekir s'est exprimé sur le sujet. «Nous sommes toujours sous le choc. On ne s'attendait pas du tout à ce que Nabil choisisse la France. On avait vraiment espoir de le voir porter un jour les couleurs nationales, mais que voulez-vous... Bien sûr qu'on est énormément déçus. Pour notre famille ça aurait été une grande fierté de voir notre petit-fils défendre le maillot de l'Algérie. Pourtant, il m'avait assuré qu'il allait jouer pour les Verts et même son père était confiant. Je ne comprends pas ce qui s'est passé.»
A Ferdjana, dans le village d'origine de Fekir, les regards sont déjà lourds à porter pour ses cousins, et renvoient sans discernement à certains préjugés allant jusqu'à étiqueter le joueur de traître. Le sentiment de la rue est plus nuancé : «C'est encore mitigé. Il y a beaucoup de déceptions. Les gens n'ont pas digéré le retournement du joueur. On a tous regardé son match contre l'OM, et on l'a vu se faire siffler par les Algériens de Marseille. Dans notre esprit, c'est : ''Tu as choisi, débrouille-toi maintenant"» confie Maamar Djebbour, animateur vedette de la radio nationale algérienne.

Le précédent Chadli

Du côté de la Fédération Algérienne de Football (FAF), Fekir est quasi pardonné. Son jeune âge et la pression qu'il a subie sont considérés comme des circonstances atténuantes. Et on ne souhaite pas insulter l'avenir. Après tout, la porte pourrait de nouveau s'ouvrir pour le gaucher. Tant qu'il n'a pas disputé de match officiel avec les Bleus, Fekir reste, selon la réglementation FIFA, sélectionnable avec l'Algérie. La Belgique a connu un cas similaire avec Nacer Chadli. En 2010, le natif de Liège avait participé à une rencontre amicale avec l'équipe du Maroc contre l'Irlande du Nord avant de devenir un Diable Rouge à part entière l'année suivante après une première sélection contre l'Autriche en éliminatoires de l'Euro  2012. 
«Ce n'est pas à moi de l'emmener à Alger et de lui donner ce maillot !»
Adoubé par Deschamps, absout par la FAF, Nabil Fekir restera pour l'Algérie le premier échec dans sa politique de recrutement de binationaux. Dans ce dossier, le rôle de Mohamed, le père du joueur, a été en revanche moyennement apprécié. Après avoir fait le tour des plateaux télés en Algérie pour annoncer la venue de son fils, lors des derniers mois, il s'est ensuite rétracté et a fait porter le poids des hésitations de son fils sur la fédération algérienne. «Ce n'est pas à moi de le prendre par la main, de l'emmener à Alger et de lui donner ce maillot ! Seul, je ne pourrai rien faire ! Il faudrait que le président de la FAF m'aide et fasse sa part du boulot. On s'est, certes, vus avant la CAN, mais après, il n'y a rien eu. Aucun signal d'Alger», a-t-il confié à nos confrères de BeInsport. La version algérienne est différente. Comme pour ses dernières prises (Ghoulam, Bentaleb ou Taider), Mohamed Raouraoua avait tout ficelé avec le père du joueur, reçu avant la CAN, pour l'inciter à rejoindre l'Algérie. L'amour du maillot, oui... Mais aussi des contrats de sponsoring à la clé avec les riches partenaires de la sélection algérienne (60 millions d'euros de budget, la plus riche d'Afrique). En Algérie, l'incompréhension n'est pas au niveau du choix sportif mais au niveau de la manière. Zinédine Zidane, Karim Benzema ou Samir Nasri n'ont jamais été pointés du doigt parce qu'ils n'ont jamais émis le «rêve» de jouer pour El-Khedra. Inscrits dans l'ADN du football algérien, les joueurs binationaux devraient continuer à faire preuve d'une attention de plus en plus accrue de la part des dirigeants du football de ce pays. Il y aura d'autres cas Fekir...

Nabil Djellit
 
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kali.danielle 30 mars à 13:58

..au lieu de ça on enmerde un jeune plein de talent qui n'a rien demandé à personne et qui est arrivé là grace à son travail ( pas celui de sa famille )...nous avons vu ce qu'à donner le système tribal dans ce pays

omar ghrib aviaire 24 mars à 3:47

LES BLA-BLA S'ENVOLENT...LES EUROS RESTENT.

mouchawech 23 mars à 21:16

Son choix et fait...c'est a lui de prendre la responsabilité pas ca familles.. Maintenant il faut voir d'autres joueurs ailleurs peut être qu'il ya un autre joueur mieux que fekir. Et que ça carrière soi talentueux nchallah

uncamar 23 mars à 13:53

nabil fekir a fait un choix raisonnable pour son avenir et pour sa carrière, c est un joueur professionnel, il sera plus vu avec l equipe de France qu avec l equipe d Algérie. l enjeux étant des grosses sommes et des gros contrats, c est un milieu ou il n y a pas de place pour les sentiments et la patrie,seul son compte en banque garantira son avenir et celui de sa famille.

nabiloscool 23 mars à 2:47

un monteur pas plus !!

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