(L'Equipe)

Ferenc Puskás (Hongrie), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

13 mai - 14 juin : dans exactement 32 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Soixante-neuvième épisode avec Ferenc Puskás.

Son histoire avec la Coupe du monde

Invaincue pendant quatre ans et plus de trentre matches, la Hongrie de Puskás s'est rendue en Suisse en 1954 avec la ferme intention de remporter la compétition. Les "Magiques Magyars" étaient en effet les grands favoris grâce au talent des Kocsis, Csibor, Hidegkuti et donc Puskás. Le "Major Galopant", comme il était surnommé, donnait le tempo aux siens en marquant à trois reprises au total lors de la phase de groupes contre la Corée du Sud (9-0) puis face à l'Allemagne (8-3). Mais malheureusement pour lui, le joueur se blessait à la cheville lors d'un duel avec un Allemand, le privant de quart de finale puis de demi-finale. A son retour, sa sélection partait forcément favorite face à l'Allemagne, dont la Hongrie n'avait fait qu'une bouchée deux semaines auparavant. Puskás brillait d'ailleurs d'entrée en ouvrant la marque dès la sixième minute, avant que Czibor ne vienne faire le break dans la foulée. Le titre était alors promis aux Hongrois et à Puskás, mais l'Allemagne répondait du tac au tac pour s'offrir une victoire miracle (3-2). Élu meilleur joueur du tournoi par la suite, le gaucher n'arrivait pas à ramener les siens à hauteur, se voyant refuser un but pour hors-jeu en toute fin de partie. Ainsi sonnait la fin du rêve planétaire pour le formidable gaucher.

Le moment marquant

Si sa blessure l'empêchait de disputer les quarts et les demi-finales de la compétition, Puskás prenait bien part au triomphe annoncé - et finalement avorté - des "Magiques Magyars" en finale. Le fait marquant de cette partie restera ce but refusé au Hongrois à la 86e minute, pour un hors-jeu litigieux signalé par l'arbitre de la rencontre. A ce moment, les Allemands venaient de renverser le score (3-2) et faisaient le dos rond face aux tentatives adverses.

Le chiffre : 4

Soit le nombre de buts qu'a inscrit le Hongrois, en seulement trois matches de Coupe du monde. Il a marqué lors de chacune de ses sorties, dont un doublé lors du premier match de la Hongrie face à la Corée du Sud.

L'archive de FF

Le 8 janvier 1957, soit deux ans et demi après la finale perdue de la Coupe du monde en Suisse, Puskás revenait sur sa carrière pour France Football dans un article articulé «Les carnets du Major Galopant» L'occasion d'évoquer sa blessure et cette finale perdue : «Quant à ma cheville, elle ne m'inquiétait nullement. J'allais d'ailleurs avoir la preuve rapidement qu'elle pouvait encore servir. A la suite d'une de nos toutes premières attaque, Kocsis tirait dans sa foulée, mais le gardien allemand parvenait quand même à repousser la balle qui m'échouait. Une feinte de frappe du droit pour me débarrasser d'Eckel, je frappe en croisant mon shot. Les clameurs s'élèvent avant que le ballon ne pénètre dans le but des Allemands. Mes camarades se précipitent, m'embrassent, m'étouffent. C'était donc vrai : ma cheville tenait et nous allions être champions du monde. C'était certain, aucun des adversaires que nous avions rencontrés depuis cinq ans n'était parvenu à nous remonter à la marque. Je crois bien que je pensais à mon père. Ce jour-là aurait été le plus beau de ma vie. (...) Il ne restait que cinq minutes à jouer et je me disais que si nous n'étions pas parvenus à accomplir notre tâche dans le temps réglementaire, la prolongation nous fournirait bien l'occasion de triompher de ces Allemands décidément très coriaces. C'est alors que Bozsik, en possession de la balle au centre du terrain voulut dribbler inconsidérablement ; il perdit la balle au bénéfice de Fritz Walter, et Rahn marqua le 3e but qui devait faire des Alemands les champions du monde ! Et voilà...» 

Hugo Girardot