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tait (flavien) (E.Garnier/L'Equipe)
Ligue 1 - Angers

Flavien Tait (Angers) : «J'étais tellement obnubilé par le foot»

Il a été une des révélations de l'année 2018 en Ligue 1. À 25 ans, Flavien Tait a percé sous le maillot d'Angers. L'occasion pour FF de retracer les différentes étapes de sa vie, pour enfin parvenir à atteindre le monde pro. Et cela n'a pas toujours été facile.

Le jour où il a touché un ballon pour la première fois

«J'ai commencé le foot à cinq ans. Donc ça date de 1998. J'ai vite adoré ça. Sauf qu'après mon tout premier entraînement en club, à Fontenay-le-Fleury (dans les Yvelines), en rentrant chez moi, je me suis mis à chialer, je n'avais pas aimé du tout. Je crois que ce sont les exercices que je n'appréciais pas, je ne me sentais pas à l'aise. Je ne voulais plus y retourner. J'ai attendu un an avant de refaire un entraînement. J'ai mis du temps à revenir... Après c'est devenu une passion. Dans ma famille, j'ai trois frères et un père qui font toujours du football.»
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Joyeux noël à tous ????! #bonheur#family#brothers#FT20

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24 Déc. 2017 à 6 :13 PST

Le jour où on lui a offert son premier maillot

«Je ne me rappelle plus du premier. Mais je sais qu'il y avait un maillot que j'aimais beaucoup quand j'étais petit : c'était celui de la Juventus Turin. On était parti en voyage en Italie avec mes parents. On avait acheté celui de Del Piero, le Noir et Blanc, aux couleurs du SCO ! Je le mettais beaucoup. Il y en a un autre que je portais souvent : celui d'Auxerre, j'avais marqué mon nom derrière avec le numéro 10. Petit, j'ai toujours aimé le Barça, avec Ronaldinho que j'adorais. Même chose pour Zidane, forcément.»

Le jour où le football a véritablement pris une importance dans sa vie

«Ce parcours fait que je suis comme je suis aujourd'hui, et ce que je suis devenu».
«Au centre de préformation de Castelmaurou à 14 ans. On entre dans une structure où on nous amène vers les centres de formation. Et qui dit centre de formation, dit essayer de gratter le haut niveau. C'est vraiment là que j'ai conscience que ça devient important. Avant ça, j'avais toujours dit à mes parents que je voulais être un footballeur professionnel. Mais entre le dire et le faire... Castelmorou était la première étape. Je me disais qu'une fois entré, je devais tenter d'aller au bout. Mais ç'a été dur. Notamment toute la deuxième année où j'avais l'impression de stagner. C'a été très compliqué. Je n'étais plus rayonnant comme avant. Cette période avait été délicate. Forcément, je doutais, je ne performais plus autant donc je me posais des questions. Mais j'étais assez intelligent pour me dire que rien n'allait être facile. Ma grosse force de caractère faisait que j'y retournais à chaque fois, sans baisser les bras.»

Le jour où il s'est dit qu'il allait faire autre chose que footballeur

«Jamais ! À aucun moment. On prévoit de faire autre chose, mais je savais que je voulais être footballeur ! J'aimais bien la vente, mais j'étais tellement obnubilé par le foot...»

Le jour où il a été recalé par des clubs professionnels

«Lors de la première saison à Castelmaurou. C'est d'ailleurs pour ça que ma deuxième saison, comme je disais précédemment, a été difficile. J'ai pris un coup sur la tête. Nantes était descendu en Ligue 2, avait moins de budget, et c'était donc devenu compliqué. Quant à Saint-Étienne, j'avais mal joué lors d'un tournoi et ils étaient revenus sur leur position. Du coup, ils ne m'ont finalement pas proposé de contrat pour intégrer leur centre. Deux clubs qui me passaient sous le nez, c'était compliqué... Mais, maintenant, ce parcours fait que je suis comme je suis aujourd'hui, et ce que je suis devenu.»

Le jour où il est arrivé à Châteauroux, dans le monde professionnel

«Angers ? Tant que rien n'était signé, je ne disais rien»
«J'avais déjà connu de belles années à Rodez, où j'ai rencontré des amis que j'ai beaucoup appréciés. Notamment mon meilleur ami, Anthony Delheure, qui était avec moi à Castelmaurou. On était parti tous les deux à Rodez. On s'était relancés là-bas. On avait repris du plaisir, on avait le sourire, la banane. On était performants. Le premier coach qui m'avait redonné la patate est Laurent Bessière, qui est aujourd'hui préparateur physique à Reims. Ensuite, Franco Vignola m'avait beaucoup apporté. En partant à Châteauroux, mon pote est lui allé à Tours. Les deux premiers mois ont été compliqués loin de ma famille mais je me suis vite amélioré. Ma progression a été rapide. J'avais d'abord signé deux ans en tant qu'apprenti et, à la fin de la première année, on m'a proposé de passer stagiaire pro. J'ai vite intégré la CFA 2 ensuite. Je m'entraînais parfois avec les pros... C'est qu'on compte sur vous.»

Le jour où la Ligue 1 s'est ouverte à lui

«Je performais en National, j'effectuais une bonne saison. Je savais que des clubs de Ligue 1 s'intéressaient à moi. Ça s'est fait plutôt naturellement. À ce moment, on tient au courant sa famille, mais on ne s'enflamme pas et on ne sort pas la bouteille de champagne ! J'avais déjà vécu ça pour Nantes et Saint-Étienne, et ça m'avait beaucoup servi de leçon. Tant que rien n'était signé, je ne disais rien.»

Le jour où il a marqué son premier but en Ligue 1

«J'ai envie d'être un meilleur joueur de Ligue 1, de disputer les compétitions qu'on regarde toujours à la télé.»
«C'était lors de mon premier match en tant que titulaire (NDLR : le 28 janvier 2017). Je marque un coup franc contre Metz (2-1) après avoir obtenu la faute. Je suis avec Thomas Mangani pour le frapper. La semaine d'avant, on en avait pas mal tiré et marqué, donc je me sentais bien. Je dis à Thom' de passer par-dessus le ballon pour un peu déstabiliser le mur et le gardien. J'ai directement couru vers le banc parce que c'est un peu de là que je sortais finalement. Je voulais aller voir les copains.
Il y a deux autres moments qui m'ont marqué : le but inscrit en Ligue 1 face à Metz, encore, la saison dernière, qui nous permet de nous maintenir (NDLR : 36e journée, victoire 2-1 à Saint-Symphorien). Et la finale de la Coupe de France alors que j'arrivais à peine de National. On arrive en finale, c'était juste fabuleux d'emmener toute la ville d'Angers au Stade de France, jouer contre une grosse équipe et les inquiéter pendant 90 minutes (NDLR : le PSG s'est imposé à la 92e minute sur un but de Cissokho contre son camp). Ce sont des moments inoubliables.»
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

ON EST PAS MAINTENU NOUS !? Ah oui oui oui ???Merci à l'équipe pour cette saison ??

Une publication partagée par Flavien Tait (@taitinho_20) le

6 Mai 2018 à 11 :06 PDT

Le jour où il jouera la Ligue des champions

«Alors là... Je suis conscient qu'il y a encore du travail. Pourquoi pas même la Ligue Europa. Ça fait partie des objectifs ! Même à 25 ans, j'ai encore des rêves. J'ai envie d'être un meilleur joueur de Ligue 1, de disputer les compétitions qu'on regarde toujours à la télé. Ça serait encore plus beau !»

Le jour où on lui a chanté pour la première fois : "Tait ok, Tait bath, tait in"

«(Il sourit) C'est le journal La Nouvelle République, à Châteauroux. C'était un article qu'ils avaient écrit sur moi. Avec ce titre-là. J'avais trouvé ça génial. Si c'est ma chanson favorite ? Non pas du tout, je ne connais même pas les paroles ! C'était plutôt de la génération de mes parents qui avaient bien rigolé également. L'article est à la maison d'ailleurs...»
Timothé Crépin
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