25.11.2017, St James Park, Newcastle upon Tyne, ENG, Premier League, Newcastle United vs Watford FC, 13. Runde, im Bild Florian Lejeune of Newcastle United // Florian Lejeune of Newcastle United during the English Premier League 13th round match between Newcastle United and Watford FC at the St James Park in Newcastle upon Tyne, Great Britain on 2017/11/25. EXPA Pictures © 2017, PhotoCredit: EXPA/ Focus Images/ Simon Moore *****ATTENTION - for AUT, GER, FRA, ITA, SUI, POL, CRO, SLO only***** (EXPA/ Focus Images/ Simon Moor/EXPA/ Focus Images)

Florian Lejeune (Newcastle) : «Sans mentir, c'est un truc de fou»

Florian Lejeune découvre cette saison la Premier League avec Newcastle. Malgré une blessure en début d'exercice, le défenseur central est parvenu à s'imposer sous la tunique des Magpies, et revient pour FF sur ses six premiers mois passés dans le nord de l'Angleterre.

«Florian, après une saison réussie à Eibar (10e de Liga), vous débarquez en Premier League, en quoi le projet de Newcastle vous a-t-il plu ?
Cela s’est fait très tôt, avant les derniers matches de la saison j’ai reçu un appel de Rafael Benitez, on a pas mal échangé. J’avais envie de découvrir l’Angleterre mais pas non plus dans n’importe quel club. Newcastle, c’est un club mythique et de pouvoir y aller avec un des meilleurs coaches du monde… Du coup ma décision a été rapide.

Malgré tout, cela n’a pas été trop difficile de quitter l’Espagne après avoir disputé trois saisons pleines ?
Quand on fait de belles saisons, que sur le plan collectif et personnel tout s’est bien passé, il y a toujours un petit pincement au coeur parce que je me sentais super bien à Eibar et Gérone. Après voila c’est une carrière, si on veut découvrir autre chose il faut bouger.

Ce mercredi, vous allez affronter Manchester City, club auquel vous avez appartenu un an (en étant prêté à Gérone). Vous avez repensé à cet épisode avant de vous engager avec Newcastle ?
Il n’y a pas eu une grande histoire entre City et moi. Je n’ai pas grand-chose à en dire.

Avec votre arrivée, Newcastle est devenu le club le plus francophile de l'histoire de la Premeir League (27 joueurs), comment s’est déroulée votre intégration ?
Ça s’est très bien passé, j’ai eu la chance d’avoir un staff technique qui parle espagnol donc cela m’a facilité la vie. Il y a aussi des joueurs français donc ç'a été assez simple : ils peuvent t’aider sur tout ce dont tu as besoin dans la vie de tous les jours, au niveau sportif et extra-sportif. Après en Espagne, je me suis débrouillé sans joueurs français, ça dépend de la personnalité du joueur. Moi je suis quelqu’un d’ouvert qui a toujours le sourire, je n’hésite pas à aller vers les gens, je demande. Si je me trompe, je me trompe, il n’y a que comme ça que l’on apprend. Après il peut y avoir la barrière de la langue qui peut freiner un peu mais maintenant j’arrive à m’en sortir au niveau de l’anglais. Donc c’est une bonne intégration.

Sur le terrain, vous avez subi une entorse d'une cheville après 34 minutes de jeu lors de la première journée contre Tottenham, comment avez-vous vécu ce faux-départ ?
Ç'a été un gros coup dur. Mon arrivée s’était super bien passée, j’étais assez en jambes, j’avais disputé tous les matches de préparation. Pour l’intégration, c’est important d’être titulaire. Ce sont les aléas du football, la convalescence était un peu compliquée. On se soigne de son côté, en travaillant seul avec le préparateur physique et on essaie de revenir le plus rapidement possible. Je l’ai vécu comme une période assez difficile mais il faut parfois en passer par là. J’ai essayé de reprendre directement, de passer au-dessus de la douleur. J’avais été convoqué pour deux matches, Swansea et Stoke (mi-septembre, ndlr), mais malheureusement la douleur persistait donc j’ai dû m’arrêter quelques jours et après quand le coach a vu que j’étais à 100%, j’ai repris ma place de titulaire. 

Justement, vous avez réussi à vous adapter par la suite à ce jeu davantage physique avec de puissants attaquants ?
Souvent en Angleterre, les débuts de match sont assez intenses donc si on n’est pas prêt physiquement, c’est compliqué. Je suis prêt mais je suis toujours en phase d’adaptation. C’est un nouveau Championnat que je découvre : c’est un jeu différent et les contacts sont plus rudes aussi. Je sais que je dois travailler plus sur les aspects physiques et tactiques. Il y a des attaquants très physiques qui vous donnent beaucoup de travail, même si ce ne sont peut-être pas les plus connus du monde, comme à Burnley ou Bournemouth. Mais ils font beaucoup d’appel et me font beaucoup bosser.

Vous avez ensuite disputé douze matches en intégralité, quelles ont été vos sensations ?
Je me suis senti vite à ma place parce que j’ai repris l’habitude de jouer. Le fait que le coach me remette vite dans le bain, cela m’a redonné rapidement confiance. J’ai enchaîné les matches, même si on avait une période un peu compliquée par ce que l’on n’avait pas de résultats.

C'est aussi pour ses qualités de relanceur que Florian Lejeune a tépé dans l'oeil de Rafael Benitez. (PRESSE SPORTS)

Avec une seule victoire remportée depuis votre retour (15e place), qu’est-ce qu’il manque à ce promu pour rivaliser ?
Il manque un peu de tout : on a une équipe assez jeune, la plupart des joueurs n’ont pas connu ce Championnat avant, et de la réussite aussi. Dans certains matches, à des moments clés, on n’a pas su concrétiser des occasions décisives. Sur les trois derniers matches, on arrive à faire des choses plus intéressantes, plus solidaires et compactes. On l'a vu contre West Ham (3-2), on a réussi à prendre les trois points contre un concurrent direct.

Votre entraîneur Rafael Benitez a récemment déclaré qu’il fallait être patient à propos de vous, et que vous alliez apporter «quelque chose de différent», êtes-vous d’accord ?
Il connaît mes qualités, il sait ce que je peux apporter. Moi je suis un joueur qui aime bien ressortir le ballon, je peux jouer du pied gauche. Lui il a plus la vision du jeu espagnol avec des passes courtes, que de vouloir jouer long à chaque fois. Il y a des gestes que l’on réussit moins bien au début, encore plus quand l’équipe ne va pas bien. Quand on ne gagne pas, c’est tout de suite la défense qui est critiquée, il faut savoir accepter. Et après quand les résultats viendront, on sera meilleur. C’est logique.

Au niveau du public, cela fait quoi de passer du petit stade d’Eibar (7 083 places) à Saint-James' Park ?
Sans mentir, c’est un truc de fou. Dès que tu rentres sur le terrain, 52 000 personnes qui crient, chantent… C’est vraiment impressionnant. Quand j’ai signé, j’ai vu le stade mais j’en ai vraiment pris conscience lors du premier match. Les matches se jouent toujours à guichets fermés et les déplacements se font à 2 500, 3 000 personnes. C’est une ville qui ne vit que pour le foot.

À l’approche de la fin de l’année, que peut-on vous souhaiter pour 2018 ?
Que l’on arrive à se maintenir le plus rapidement possible en Premier League et que j’arrive à m’imposer ici. Tout simplement.»

Corentin Corger