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RDV Portugal

Florian Miguel (Tours FC) : «J'aimerais vraiment intégrer la sélection portugaise»

A 19 ans et après porté le maillot des Bleuets, le défenseur franco-portugais de Tours attend un appel de la Seleção. Mais pour l'Euro, son coeur balance...

«Quand on est né en France d'une maman française et d'un père portugais (près de Bragança), on penche pour qui à l'Euro 2016 ?
(Rires) C'est compliqué et ça a toujours été compliqué. Je suis français, je suis né, formé ici mais le Portugal c'est aussi une partie de mes origines. Disons une finale France-Portugal et... que le meilleur gagne (rires) !
 
Vous avez connu l'équipe de France U16 et U17. La fédération portugaise vous suit et songe à vous pour ses équipes de jeunes. Avec qui aimeriez-vous jouer ?
Les rassemblements à Clairefontaine sont un bon souvenir. Je n'ai pas eu la chance d'être rappelé par la suite. Mon agent, Samir Khiat, a été approché par la fédération portugaise l'année dernière mais je n'avais pas mes documents portugais. Maintenant, je les ai. J'aimerais vraiment intégrer la sélection portugaise. Le Portugal est une grande nation à l'égal voire plus forte encore que la France. Ça fait rêver, quand même... Et puis, ce serait une immense fierté pour mon père, pour ma famille.
 
Voilà qui va relancer, chez certains, le débat sur les binationaux...
La France est mon pays mais le Portugal aussi. Ce sont nos racines. C'est un choix à faire. Franchement, si je devais choisir entre la France et le Portugal, j'opterais pour le Portugal. Je me sens plus d'aller vers eux. Le style de jeu me convient mieux.
 
Raphaël Guerreiro et Anthony Lopes sont devenus les premiers joueurs formés en France à intégrer la Seleção. Que vous inspirent-ils ?
On se dit que c'est possible, ça donne vraiment envie. J'ai joué contre Guerreiro en Coupe de France (2-3) et j'ai pu voir quel est son niveau.
«Si je devais choisir entre la France et le Portugal, j'opterais pour le Portugal. Je me sens plus d'aller vers eux. Le style de jeu me convient mieux».
Comment vous définissez-vous en tant que joueur ? Qui sont vos modèles ?
Je suis plutôt un défenseur propre. Je ne suis pas très grand (1,81m) mais je compense par mon placement, ma vision du jeu. Un peu du style Marquinhos. J'aime beaucoup Sergio Ramos pour ce qu'il dégage, en plus de Marquinhos, Thiago Silva. J'ai commencé ailier gaucher, puis je suis passé latéral gauche. Cette saison, Marco Simone m'a régulièrement aligné dans l'axe et j'avoue y être à l'aise.
 
Comment vivez-vous le départ de Marco Simone ?
Je suis déçu, c'est lui qui m'a véritablement lancé, qui m'a fait confiance, avec son staff. Il m'a beaucoup fait progresser. Mais c'est le football.
 
Avez-vous senti, chez lui, une approche différente de ce que vous aviez connu avec des techniciens français ?
Oui, ça n'a rien à voir. En pro, j'avais eu Alexandre Dujeux avant lui. Au niveau du staff, des entraînements, c'est très différent. Avec Simone, on bossait beaucoup la tactique, le jeu sans la balle. On a fait une préparation très physique. C'était vraiment dur au début mais on a fait une bonne saison au final.
 
Vous êtes à Tours depuis l'âge de 15 ans. Aspirez-vous à autre chose ?
Tout footballeur veut aller plus haut, prouver qu'il est capable. Je sors d'une saison pleine et il est important que je confirme.
«Ce serait un rêve de revenir à Bordeaux et de prouver que je peux m'imposer là-bas».
Où en sont vos études d'espagnol à la fac ?
En 2014-2015, comme j'étais en réserve, je voulais continuer les études. Le premier trimestre, j'ai suivi l'espagnol à la fac mais j'ai très vite intégré le groupe pro et ça devenait impossible de cumuler les deux. Les langues c'est important, surtout lorsqu'on est footballeur.
Et le portugais, vous maitrisez ?
J'ai quelques notions, je le parle un petit peu, l'espagnol m'aide aussi mais j'ai prévu de prendre des cours.
Quels sont vos liens avec le Portugal ?
C'est donc le pays de mon père, j'ai une grande partie de ma famille là-bas, des cousins et surtout mes grands-parents. J'y allais tous les étés avant que le foot ne devienne sérieux.
Vous avez presque toujours joué surclassé. Est-ce un avantage aujourd'hui ?
Je jouais souvent surclassé, oui. Ça aide, ça apporte plus de maturité. On doit changer notre façon de jouer, être plus malin.
Vous avez été recalé par Bordeaux lorsque vous étiez jeune. Aimeriez-vous y retourner par la grande porte ?
Je n'ai pas été pris au centre de préformation des Girondins. Ils avaient meilleurs que moi. J'étais plus frêle, plus petit à l'époque. Mais ça reste mon club de cœur en Ligue 1. Pourquoi pas y retourner un jour. C'est quand même délicat : il y a toute ma famille, une forme de pression... Mais ce serait un rêve de revenir et de prouver que je peux m'imposer là-bas».
Nicolas Vilas (MCS)
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