debout : mewis (samantha) / naeher (alyssa) / horan (lindsey) / sauerbrunn (becky) / lavelle (rose) / rapinoe (megan) assise : dahlkemper (abby) / o'hara (kelley) / morgan (alex) / dunn (crystal) / heath (tobin) (A. Reau/L'Equipe)
CM 2019 - Quarts

France - États-Unis : injouables, vraiment ?

Comme envisagé depuis le tirage au sort, les Bleues retrouvent vendredi à Paris les championnes du monde en titre en quarts de finale. Voici quelques idées pour verrouiller des Américaines impressionnantes de facilité depuis le début...

Pas imbattables, les Américaines ? C'est un peu vrai, si l'on se fie à la dernière confrontation entre Bleues et Etats-Unis, le 19 janvier de cette année au Havre. Ce soir-là, un doublé de Kady Diani et un dernier but de Marie-Antoinette Katoto avaient validé le cinquième succès tricolore (3-1) aux dépens des numéros un mondiales, le tout en vingt-quatre oppositions référencées. Mais aucun en compétition officielle. Pour l'instant.
«Sur ce que j'ai vu, c'est effectivement un rouleau compresseur ! Elles pratiquent un jeu simple et épuré.» (Marinette Pichon au sujet des Etats-Unis)
Les coéquipières de l'ex-Lyonnaise Alex Morgan, elles, ont déjà battu la France en demi-finale d'une Coupe du monde (3-1) lors d'Allemagne 2011, sans oublier des succès tout aussi récents lors des tournois olympiques 2016 (1-0) et 2012 (4-2). Reste que trois victoires - en matches amicaux certes - ont été décrochées ces dernières années, ce qui tendrait à dénoter une capacité collective à faire mieux que résister. C'était à Lorient (2-0) en 2015, à Washington lors de la She Believes Cup (3-0, 2017) et donc au stade Océane, début 2019. Tout cela pèse peu au regard de l'histoire des confrontations mais cela signifie aussi que l'écart s'est considérablement réduit entre la superpuissance et ses poursuivantes tricolores.

Ancienne avant-centre des Bleues et passée par le championnat nord-américain (Philadelphia Chargers, New Jersey Wilcats), la consultante pour France Télé Marinette Pichon ne voit pas énormément de points faibles à la cuirasse des championnes du monde en titre. Mais elle croit, par conviction, aux chances françaises. «Sur ce que j'ai vu, c'est effectivement un rouleau compresseur ! Elles pratiquent un jeu simple et épuré, tout en mouvement et avec peu de déchets. En trois passes, elles trouvent l'intervalle et la solution.» Quelle stratégie adopteront Corinne Diacre et son staff ? On envisage mal un bloc bas par exemple, face à un adversaire qui aime occuper le terrain adverse en l'envahissant massivement. Voici quelques pistes de réflexion.

Juguler les montées des latérales

C'est l'une des forces de ce onze champion du monde : qu'il s'agisse de O'Hara ou de sa doublure Krieger côté droit, ou bien de Dunn, voire de Davidson dans le couloir gauche, les latérales US participent énormément à la construction offensive de leur équipe. Rapides et techniques, elles ne se contentent pas de gérer leurs couloirs respectifs et viennent régulièrement prêter main forte à une Megan Rapinoe à gauche et à Tobin Heath à droite. Dans le cas d'une Crystal Dunn, on n'est d'autant moins surpris que la joueuse de North Carolina Courage, plus petite américaine par la taille (1,57m) est une ancienne ailière reconvertie défenseure, avec succès. Ces dédoublements incessants créent le plus souvent une supériorité numérique que les adversaires ont souvent toutes les peines du monde à juguler, surtout aux abords de la surface de réparation. Sortir sur l'une d'entre elles, c'est peut-être exposer le dos de la défense. Méfiance donc.

Coups de pied arrêtés, attention danger !

Voilà une donnée extrêmement importante qui n'aura pas échappé à l'observation sur la durée de l'encadrement technique français. Capables de marquer sur des phases de jeu élaborées, les Américaines se caractérisent aussi par leur très grande habileté sur coups de pieds arrêtés. Un danger permanent, en raison de l'adresse des unes et de l'efficacité des autres, au sol comme dans le jeu aérien. Le travail de répétition paie sur ces phases arrêtées, toutes les compétitions internationales vérifient le poids de plus en plus important des CPA dans des matches parfois fermés. Que ce soit contre la Thaïlande (13-0, Morgan), le Chili (3-0, Ertz et Lloyd) et la Suède (2-0, Horan), la Team USA a systématiquement marqué sur corners ou coups francs. Sa capacité à densifier la surface de réparation et donc à multiplier les possibilités de couper une trajectoire du pied ou de la tête ont fait peser un danger énorme sur tous ses adversaires. La France ne saurait y échapper totalement. Il faudra le concours et la discipline de tout le monde, défenseuses et joueuses offensives, pour réduire le risque en pratiquant un marquage impeccable.

Paralyser le milieu

«Il est extrêmement mobile et athlétique, note Maronette Pichon. Il faudra absolument être présentes sur les premiers et deuxièmes ballons, gagner le plus de duels possibles dans ce secteur clé. On sait que c'est de là que partiront les relances vers les attaquantes et le point d'ancrage que peut être une Alex Morgan ou bien Carli Lloyd. Amandine Henry et Elise Bussaglia devront absolument casser cette liaison entre la ligne médiane et les trois joueuses du secteur offensif». Sur ce que les Américaines ont proposé depuis le début du tournoi en France, on a effectivement remarqué le rôle majeur joué par le binôme axial des championnes du monde. La jeune Rose Lavelle (24 ans) et l'expérimentée Samantha Mewis (28 ans) sont apparues très complémentaires. La sélectionneuse Jill Ellis leur demande d'être très agressive au contact du milieu et de la défense adverses, pour gratter le plus de ballons possibles. Pour bloquer ce milieu US, les récupératrices axiales bleues devront nécessairement être soutenues par les extérieures : Le Sommer à gauche, Cascarino ou Diani à droite. Et ça tombe bien, elles savent faire. Le Sommer par exemple, qui n'hésite pas parfois à se muer en latérale quand Amel Majri prend son couloir.

Relever le défi athlétique

«On l'a vu, nos Bleues ont été bien bousculées par la Norvège et le Nigeria, deux équipes dont la dimension athlétique nous a perturbées, insiste Marinette Pichon. Les Américaines sont du même tonneau. Elles vont nous malmener dès les premiers contacts, les premiers duels, en nous marchant sur les pieds, en nous bousculant. Elles vont le faire pendant 95 minutes. En plus de proposer du jeu, c'est une équipe qui envoie du lourd comme on dit. A nous d'être au top ce jour-là pour relever ce défi. Il faudra aller encore plus loin que ce qu'elles ont proposé. Des joueuses comme Valérie Gauvin doivent encore plus peser. Parce qu'en face, on va trouver un groupe qui va constamment nous malmener. On les connaît, elles vont rapidement vouloir montrer qu'elles sont les patronnes. J'ai confiance, on a du répondant derrière et au milieu aussi, avec Amandine Henry.» 

Varier les situations offensives

Jusqu'à présent c'est vrai, on a surtout vu les Françaises percuter dans les couloirs, et très peu dans l'axe. Quand elles l'ont fait (cf le penalty obtenu par Viviane Asseyi face au Nigeria), elles ont amené du danger et déstabilisé leurs adversaires. Globalement, les schémas de jeu, bien huilés et répétés tout au long des derniers mois, ont souvent permis d'entrer dans la surface par les côtés. Mais cela ne s'est pas traduit par une grosse efficacité après le festival initial face à la Corée du Sud (4-0 en match d'ouverture). «Il est important effectivement de proposer des variantes sur le plan offensif, confirme Sabrina Viguier, mondialiste en 2011 avec les Bleues et actuelle entraîneure du Rodez AF. Pour faire des différences, il faudra amener de la créativité dans le jeu. Dans ce secteur, les Américaines ont été très peu inquiétées depuis le début de la compétition. En pleine confiance et à 200% de leur possibilité, nos Bleues me paraissent largement capables de mettre en danger cette défense qui n'a pas encaissé de but au premier tour. Cela passera par de la vitesse, forcément. Pour moi, il y a la place».

Marinette Pichon complète : «La France doit proposer une offre offensive plus aboutie. Pour l'instant, on a surtout eu les 45 premières minutes contre la Corée du Sud». Lors du match amical remporté en janvier contre les Américaines, les Bleues avaient systématiquement perturbé les Américaines sur des centres, et marqué sur deux d'entre eux. La charnière axiale avait souffert et dans cette Coupe du monde où elle a peu été testée par une adversité souvent limitée dans son expression offensive (aucun but encaissé au premier tour), elle a paru parfois lourde et peu mobile, contrairement aux latérales. «Elles n'ont pas beaucoup été exposées jusqu'à présent dans leur zone de confort. Il y a un truc à faire», renifle Marinette Pichon...
Frank Simon 
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thbi 28 juin à 11:13

Sur un malentendu...

Gaucho 27 juin à 18:09

Mais non elles ne sont pas injouables.Des coups de luttes de partout pour contrer les 10 premières minutes, un match de plomb pour le reste. Puis une qualif au tirs aux buts devant des dizaines désemparés par ce style et on passe au tour suivant avec le même pragmatisme. Ahhh 'Pragmatisme' : quel beau mot et qui va si bien a la societe d aujourd'hui. La fin justifie les moyens et peu importe le flacon pourvu qu' on ait l ivresse.

Foot84 27 juin à 9:08

C'est cuit d'avance

paris36 27 juin à 6:47

franchement je pense que la France na pas le talent des usa. enfin sur un match pourquoi pas ....bonne chance au bleuets

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