longuepee (frederic) (N.Luttiau/L'Equipe)
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Frédéric Longuépée (président de Bordeaux) : «Nous n'avons pas été approchés pour un rachat du club»

Les rêves d'expansion de GACP n'auront duré qu'un peu plus d'un an. Aujourd'hui, King Street, le fonds d'investissement à la tête des Girondins de Bordeaux, se trouve devant un choix crucial : stop ou encore ? Entre fausses promesses et vraies déceptions, plongée dans les coulisses d'un club à l'avenir flou. Des incertitudes que le président Frédéric Longuépée ne parvient pas à chasser à travers sa communication.

Dès l'amorce du dossier sur les Girondins de Bordeaux à paraître ce mardi dans France Football, Frédéric Longuépée, président directeur général du club, a été sollicité pour répondre à nos questions. En dépit de plusieurs échanges avec son service de communication, il n'a pas été possible de l'interroger de façon directe comme nous le voulions et comme ce sujet sur le contexte bordelais l'exige. C'est uniquement par mail que nous avons eu la possibilité de questionner le PDG des Girondins, avec les limites (dont les absences de relances) que cela implique. Avant de découvrir «Bordeaux, la grande illusion» dans les colonnes de France Football, vous pouvez trouver ici les réponses transmises par Frédéric Longuépée.

«Qu'estimez-vous avoir réussi depuis votre arrivée aux Girondins ?
Grâce au rachat du club, à parler d'une seule et même voix et avoir apporté un projet cohérent pour le club et les valeurs qu'il prône. Toutes les équipes sont engagées en ce sens.
 
Avez-vous commis des erreurs ?
Qui n'a jamais commis d'erreur ? Mettre en place une nouvelle organisation avec des responsables nouveaux prend du temps et peut créer des frustrations momentanées. J'ai récemment réuni nos collaborateurs lors de petits déjeuners pour longuement échanger avec eux, comprendre leurs attentes et développer notre projet. J'ai recueilli leurs suggestions et nous allons les mettre en œuvre.
 
Quel constat faites-vous du bilan sportif sous Paulo Sousa ?
Le bilan que l'on peut tirer est positif. Nous avons des groupes professionnels engagés, performants avec un style et un schéma de jeu qui se dessine de plus en plus. Il suffit d'une série de bons résultats pour que l'équipe masculine revienne en haut de tableau.
 
Est-il en adéquation avec vos objectifs ?
Oui même si l'on sait que cela prendra du temps. L'équipe se construit jour après jour. Le premier objectif est d'avoir des résultats. Pour y parvenir, nous avons besoin d'une combinaison de profils : des joueurs d'expérience et des joueurs plus jeunes. Au final, c'est la performance de l'équipe dans son ensemble qui créera de la valeur : pour l'équipe et pour les jeunes.
«(Sur des agissements répréhensibles de GACP) Ce n'est pas à moi de répondre à cette question»
Pouvez-vous très clairement expliquer qui est à l'initiative du rachat des parts de GACP et comment cela s'est fait ?
C'est King Street qui est à l'origine de ce rachat. Ils ont souhaité permettre au club de renforcer son ancrage naturel dans sa région et d'y gagner l'adhésion du plus grand nombre en redonnant au club sa place en haut de la L1, et en même temps d'en faire un symbole du football moderne au plan international en s'appuyant sur l'image mondialement reconnue de Bordeaux.
 
Est-ce que King Street a eu le sentiment de s'être fait berner et vendre du rêve par GACP ?
Il y avait des différences fondamentales au niveau de la gouvernance du club. Dès lors, il était préférable de faire le choix du rachat pour garantir la stabilité du club avec un projet sur plusieurs années. Ceci ne peut être que bénéfique pour le club, les joueurs, les collaborateurs.
 
Et vous, quel est votre sentiment personnel à ce sujet ?
Aujourd'hui King Street est l'actionnaire de ce club et a souhaité rassurer tout le monde et offrir une stabilité en s'investissant davantage. C'est un choix fort qui mérite d'être souligné et respecté. Cela démontre un investissement dans la durée. Cela va faciliter notre organisation en interne et les prises de décisions.
 
On a pu nous dire : «Au moins King Street et Frédéric Longuépée, ils sont cleans». GACP a-t-il pu avoir des agissements répréhensibles aux Girondins de Bordeaux ?
Ce n'est pas à moi de répondre à cette question.

«Eduardo Macia et Paulo Sousa font partie intégrante de ce projet»

Quelles relations entreteniez-vous avec Messieurs DaGrosa et Varela, avec qui vos différends étaient nombreux ?
J'ai toujours entretenu des relations professionnelles avec les actionnaires du FC Girondins de Bordeaux, dans le seul intérêt du club.
 
Pourquoi l'équipe de direction sportive (Eduardo Macia et Souleymane Cissé notamment) mise en place par Hugo Varela est toujours présente alors que GACP n'a plus rien à voir avec le club ?
Nous avons toujours recherché les bonnes personnes pour le bon poste. Eduardo Macia et Paulo Sousa font partie intégrante de ce projet. Je discute tous les jours avec Eduardo et je vois le coach plusieurs fois par semaine. Nous sommes engagés dans le même projet : construire une équipe compétitive qui devrait nous permettre de revenir dans la première partie de tableau et de nous qualifier de façon régulière pour les places européennes.
 
Le système de scouting externe au club, lui aussi mis en place lorsque GACP était impliqué, est-il toujours en vigueur ?
Nous disposons effectivement de différents relais sur l'ensemble du territoire national. Leur rôle est de dénicher les futurs talents de demain et de trouver le futur Giresse ou Tigana. Tous les grands clubs ont fait le choix de cette organisation.
«Nous avons besoin d'un stade où l'on se sent chez nous.»
Est-ce que Daniel Ehrmann est mandaté par King Street pour revendre les Girondins ?
Daniel Ehrmann est un des membres du Board du FC Girondins de Bordeaux.
 
Avez-vous été approché pour un rachat du club ?
J'entends et je lis beaucoup de choses à ce sujet. Je vois aussi que des personnes se manifestent dans les médias. Je peux vous confirmer une chose : nous n'avons pas été approchés pour un rachat du club. King Street s'est inscrit dans un projet avec ce club sur la durée.
 
Tout comme M6 a pu le faire lorsqu'il était propriétaire du club, King Street comblera-t-il les éventuels déficits d'exploitation ?
Quand vous êtes à la tête d'un club de football, il est important d'équilibrer les finances et de ne pas dépenser plus d'argent que ce dont on dispose.
 
Est-ce un engagement que vous avez déjà pris ou que vous allez prendre devant la DNCG ?
Nous avons la chance d'avoir en France un organe, la DNCG, qui fait un travail remarquable et qui surtout contrôle parfaitement les clubs. Et dernièrement nous avons eu son feu vert.
 
Joseph DaGrosa annonçait sur RMC en septembre 2019 que la masse salariale avait augmenté de 11 M€. Bordeaux va-t-il devoir faire une cure d'amaigrissement dans ce domaine ?
Nous avons des équipes performantes au sein du club et dont je suis fier. Il était important de pouvoir, dès notre arrivée, poser les fondations de notre projet.
 
Concernant l'exploitation du Matmut Atlantique, quand les discussions entamées vont-elles aboutir ?
J'espère que les discussions entamées pourront aboutir le plus rapidement possible. Nous avons besoin d'un stade où l'on se sent chez nous, dans la maison des Girondins et auquel tout le monde puisse s'identifier.

«Notre priorité restera toujours l'intérêt du club»

Pensez-vous réellement que ce soit un levier de croissance alors que Société Bordeaux Atlantique (SBA), le gérant de l'enceinte, affiche chaque année des pertes ?
SBA a un savoir-faire sur la gestion des stades en France. Nous pensons effectivement que cela nous permettra d'avoir plus d'agilité. Aujourd'hui, pour bien comprendre comment les choses se déroulent, nous récupérons les clés du stade la veille du match et nous les rendons le lendemain matin. Cela ne laisse que très peu de temps pour se sentir chez soi.
 
Que comptez-vous faire pour apaiser le climat avec les Ultras, qui réclament votre départ et celui de King Street ?
Le dialogue est essentiel et doit nous permettre d'avoir le même objectif : soutenir nos équipes. Je l'ai rappelé depuis mon arrivée, je suis ouvert au dialogue. Il n'y a pas de sujet tabou, tant qu'il se déroule dans le respect des personnes. Le soutien de nos supporters en général et celui des Ultras en particulier est essentiel. Ils font partie de l'âme du club et sont importants à nos yeux. Ils soutiennent et portent l'équipe dans les bons comme dans les mauvais moments. Nous nous trouvons au sein d'un club avec un actionnaire engagé, une organisation clarifiée, unis derrière un projet, avec un seul canal de prise de décision. Notre priorité restera toujours l'intérêt du club.
 
Vous envisagez de changer le logo du club depuis plusieurs mois. Allez-vous le faire ? 
Le football change vite, le monde lui-même évolue très rapidement, nous développons aujourd'hui un nouveau projet, une nouvelle ambition, au cœur d'une nouvelle décennie. Il est tout à fait logique que la question du logo puisse être posée et que nous y réfléchissions. C'est d'ailleurs un levier essentiel que choisissent les grands clubs pour s'affirmer dans le monde entier, grâce à une identité singulière.»
Laurent Crocis  et Thomas Simon 
Retrouvez le dossier de six pages intitulé «Bordeaux, la grande illusion» dans le nouveau numéro de France Football disponible en kiosques mardi ou en ligne ce lundi dès 18 heures en cliquant ici.

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ghys59 3 févr. à 22:45

Tout va bien dans le petit monde des Girondins. La preuve, leur seul problème est de choisir un nouveau logo...

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