Selon la FFF, le nombre de pratiquants de Foot à 5 devrait doubler d'ici 2025.
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Fusion dans le Foot à 5, Soccer Park et Le Five se marient

Deux enseignes historiques de Foot à 5, Soccer Park et Le Five, fusionnent pour donner naissance au n°1 du secteur en nombre de centres. Le nouvel ensemble challenge Urban Soccer, plus grand réseau en nombre de terrains.

Dans quelques jours, à Rouen, au pied du pont Mathilde qui enjambe la Seine, un centre de Foot à 5 (5 terrains) et de padel (2) va voir le jour sous l'enseigne Soccer Park. Cette grande surface du sport indoor (4000 m2), aménagée dans un hangar du port fluvial, n'est pas une première dans l'agglomération normande puisque les amateurs de matches à 5 contre 5 sur des synthétiques de 25 mètres sur 15 peuvent déjà s'éclater à quelques kilomètres de là, au Petit-Quevilly, dans un complexe de la chaîne Le Five (3 terrains). Mais si elles affichent des identités différentes, ces deux marques historiques du Foot à 5 - une activité qui fédère quelque 2 millions de pratiquants en France - appartiennent désormais au même ensemble, né de leur fusion actée le 21 avril et officialisée le 2 mai.
Cette double implantation dans la préfecture de Seine-Maritime est l'exception qui confirme la règle, le mariage entre les deux réseaux ayant précisement pour objectif de densifier le maillage géographique de la nouvelle entité Soccer Park Le Five (SPLF).

Un fonds d'investissement majoritaire

«La complémentarité [entre les réseaux] est quasiment parfaite, explique Guillaume Debelmas, co-fondateur de Soccer Park. Ce nouveau paysage crée des perspectives uniques en termes d'événements pour nos clients et nos partenaires.» La fusion s'accompagne de l'entrée au capital du fonds Capzanine, désormais majoritaire grâce à un investissement qui reste confidentiel. Un levier pour les équipes dirigeantes (qui restent en place) afin de poursuivre le développement des marques dans l'Hexagone.
«Cette opération va nous permettre très vite de financer des projets d'implantation de nouveaux complexes, et de mobiliser les moyens pour se démarquer dans un environnement très concurrentiel avec en ligne de mire la position de numéro 1», décode Joseph Viéville, co-fondateur du Five, l'un des pionniers du Foot à 5 en France avec une première implantation à Montpellier dès 2004. Première manifestation concrète du regroupement, ses nouveaux moyens ont permis à SPLF de se porter acquéreur d'un centre déjà existant à Annemasse (Haute-Savoie), future enseigne Le Five.
Soccer Park Le Five devient le premier réseau national en nombre de centres (31 dont un à Barcelone) mais l'autre acteur majeur du marché, Urban Soccer, né lui-même de la fusion des réseaux Soccer 5 et Urban Football en janvier 2014, s'il compte moins de centres (35 dont 4 en Belgique), domine le secteur en nombre de terrains, quelque 350 contre 170 pour SPLF qui affiche aussi 14 terrains de padel (dérivé du tennis).

Les pros en franchise

S'ils sont tous les deux les produits d'une fusion, les deux réseaux n'ont pas choisi le même modèle de développement économique. Urban Soccer est propiétaire de ses centres, tandis que deux implantations sur trois du réseau SPLF sont opérées par des indépendants sous un régime de franchise. C'est le cas en particulier des (anciens) pros Grégory Wimbée et Franck Béria (Lille), Joël Cantona (Nantes), Kevin Gameiro (Strasbourg) ou Salah Bakour (Caen, Istres, Courtrai), le patron du nouveau centre de Rouen. Le Soccer Park annoncé pour novembre à La Rochelle sera aussi une franchise, animée par l'entreprise locale Léa Nature basée à Périgny (produits biologiques).
Une autre différence distingue les deux réseaux et saute aux yeux lorsqu'on va y jouer. Il s'agit de leurs partenaires commerciaux, omnisprésents à travers la signalétique le long des terrains et des "corners" de vente dans les salons attenants aux vestiaires et aux douches. Les nouveaux associés Soccer Park et Le Five se chaussent en adidas et se désaltèrent avec Gatorade (groupe Pepsi) quand Urban Soccer descend du Powerade (groupe Coca Cola) et court en Nike, cette dernière proximité expliquant aussi son partenariat avec les stages de football de la Pais Saint-Germain Academy.
Outre Urban Soccer (30M€ de chiffre d'affaires) et Soccer Park Le Five (13 M€, 21M€ avec les franchisés), un quart environ des 850 terrains de Foot à 5 de l'Hexagone sont pilotés par des opérateurs indépendants, comme les centres Z5 de la famille Zidane (Aix-en-Provence, Bois Sénart et Meaux en région parisienne), d'autres s'étant parfois regroupés en réseau ou "groupements événementiels" (Futbal Futbal et Convi Foot).

Et les petites villes ?

Pour des questions évidentes de rentabilité, réseaux comme indépendants sont surtout implantés dans les grands bassins de population. «Le marché est désormais presque mature et les opportunités commerciales se raréfient», observe Julien Falgout, directeur général d'Urban Soccer, qui ne projette qu'«une poignée de nouvelles implantations à horizon 2017-2018 dans des villes moyennes». A l'origine d'une éphémère "Coupe de France de Foot à 5" la saison dernière avec son partenaire Carrefour ("National Foot 5"), la FFF a annoncé une enveloppe de 1,5 M€ pour aider les clubs à financer 150 mini-terrains, surtout en zone rurale. Selon ses estimations, le nombre de pratiquants devrait doubler d'ici à 2025 en France pour atteindre 4 millions de "footballeurs à cinq".
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