(L'Equipe)
CM - Les 100 de FF

Garrincha (Brésil), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

3 avril - 14 juin : dans exactement 72 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Vingt-neuvième épisode avec Garrincha.

Son histoire avec la Coupe du monde

Si Pelé a (logiquement) été projeté sur le devant de la scène lors des Coupes du monde 1958 et 1962, toutes les deux remportées par le Brésil, au sein de cette génération dorée, Garrincha est loin d'avoir été le plus discret. Dribbleur hors pair, buteur dans les grands moments, celui qui a effectué la majorité de sa carrière à Botafogo fait ses premiers pas avec la Seleçao au cours de l'année 1955. Naturellement sélectionné pour le Mondial suédois de 1958, il soulève la première Coupe du monde de l'histoire du Brésil aux côtés des Gilmar, Silton Santos, Zagallo, Vava et bien sûr Pelé avec une victoire éclatante sur la Suède en finale (5-2, avec deux passes décisives de Garrincha). Peu utilisé en début de compétition, Garrincha devient petit à petit indispensable aux siens. En 1962, le numéro 7 brésilien sera la star (voir ci-dessous) avec par exemple un doublé en quarts et en demies avant une nouvelle partition en finale. Il dispute un troisième Mondial en 1966, en Angleterre. À 33 ans, loin de ses exploits du Chili et sur le déclin, Garrincha marque pour le premier match face à la Bulgarie (2-0), avant de s'éteindre, à l'image de ses coéquipiers. Le Brésil, double tenant du titre, est éliminé dès le premier tour (défaites face à la Hongrie et contre le Portugal).

Le moment marquant

Plus qu'un moment marquant, c'est un match qui est resté dans les mémoires. Un Brésil-Chili de 1962. En demi-finales, Brésiliens et Chiliens, qui ont respectivement éliminé l'Angleterre (3-1, doublé de Garrincha) et l'URSS (2-1) se retrouvent pour une rencontre au sommet entre le champion du monde en titre et le pays organisateur. Un doublé, une passe décisive pour Vava, mais aussi des coups de génie qui font tourner la tête des coéquipiers d'Escuti. Garrincha semble atteindre le sommet de sa carrière, surtout en l'absence d'un Pelé blessé. Il a alors parfaitement réussi à prendre le leadership de sa sélection. En fin de rencontre, alors que les débats sont de plus en plus houleux, Garrincha est carrément expulsé à sept minutes du terme. Mais il sera finalement sauvé par la commission de la FIFA, qui l'autorise à affronter, et battre, la Tchécoslovaquie (3-1). De là à dire que Garrincha a fait gagner quasiment à lui tout seul ce Mondial ? Sûrement.

Le chiffre : 5

Son nombre de buts durant ses trois Coupes du monde. On n'ose même pas imaginer à combien se chiffre le nombre de réalisations dans lesquelles il a été impliqué en phases finales...

L'archive de FF

En 1983, alors que Garrincha s'est éteint quelques jours plus tôt à l'âge de 49 ans , FF écrit : «Garrincha s'est éteint la semaine passée, au petit matin dans un hôpital de Rio de Janeiro, mais la légende court toujours. La légende de son dribble. La légende du dribbleur. Garrincha ne dribblera plus, lui qui a dribblé cent fois, mille fois tous les plus grands arrières du monde (...) Les dieux ne sont plus immortels. Il a retrouvé une dernière fois le Maracana où sa dépouille mortelle fut exposée et reçut la visite de nombreux supporters. Des milliers de cariocas venaient enterrer leur innocence. «Garrincha constituait à lui seul un match dans le match, explique Nilton Santos, son compère, le seul compagnon qui lui fut véritablement fidèle jusqu'au bout. Il restait sur son aile et attendait, un peu à la manière de l'acteur dont le rôle exige des entrées et des sorties fréquentes. Il ne ratait ni l'une ni l'autre.» Lorsque la balle lui parvenait, une autre partie débutait (...) Quand il était petit, il chassait des passereaux, des "garrinchas", qu'il accrochait à sa ceinture. "Garrinchas ! garrinchas !", criait sa soeur en apercevant les volatiles. Le surnom demeura. Garrincha  porta quarante et une fois le maillot national du Brésil, ne concédant qu'une seule défaite, à l'occasion de son dernier match. Palmarès inégalé, mythe, légende.»
Timothé Crépin
Réagissez à cet article
500 caractères max
ADS :