Gernot Rohr, le sélectionneur du Nigeria. (  Reuters) (Reuters))
Ligue 1 - Bordeaux

Gernot Rohr : «À Bordeaux, le rêve et la passion s'effilochent»

Face au flou qui entoure les Girondins de Bordeaux, plusieurs anciennes gloires du club ont décidé de sortir du silence. Parmi elles, l'ancien joueur et entraîneur Gernot Rohr. Celui qui était à la tête de l'équipe lors de la remontée en L1 en 1992 explique les raisons de son engagement.

A Bordeaux, la grogne des fans envers la direction des Girondins franchit encore un nouveau palier. Après les banderoles hostiles et la diffusion d'enregistrements de discussions entre Frédéric Longuépée, le PDG, Anthony Tiodet, le directeur stratégie commerciale stade et réseaux, et certains supporters en avril dernier, les Ultramarines ont lancé depuis plus d'une semaine le hashtag "NousLesGirondins". Ils ont également appelé à un rassemblement ce samedi 27 juin de 16 à 18 heures sur la place Pey-Berland, dans le centre-ville de Bordeaux, afin de manifester leur soutien au club et leur attachement à son histoire. Mais, fait nouveau, nombre d'anciennes gloires du club se sont associées à ce mouvement. Parmi elles, Gernot Rohr (66 ans), joueur au club de 1977 à 1989, champion de France en 1984, 1985 et 1987, vainqueur des Coupes de France 1986 et 1987, puis entraîneur de la remontée en L1 en 1992 et de l'équipe finaliste de la Coupe de l'UEFA. L'ancien défenseur explique les raisons de son engagement. Et c'est le cœur qui parle.
«Gernot, vous avez posé cette semaine sur les réseaux sociaux avec le hashtag "NousLesGirondins". Pourquoi un tel engagement ?
Parce que je suis girondin, parce que je me sens girondin, je me sens concerné par tout ce qui touche ce club. Et, je ne suis pas le seul, j'ai vu que pas mal de mes anciens coéquipiers ou de joueurs que j'ai dirigés l'ont fait également. Les anciens font partie du club, de la maison. Nous avons tous le droit de nous exprimer. Et, même si en ce moment je suis plus souvent au Nigeria (il est sélectionneur des Super Eagles depuis 2016), mon cœur est ici, à Bordeaux. J'ai passé vingt et un ans au sein des Marine et Blanc, d'abord en tant que joueur, puis comme entraîneur. Cela crée des liens forts.

Vous semblez inquiet de la situation actuelle, des tensions entre les Ultramarines et la direction ?
Oui, il existe actuellement une "guéguerre" entre les UB87 et le club. Mais moi, je ne souhaite pas attaquer les personnes. Je ne veux pas que ce témoignage soit pris pour une attaque contre quiconque. Je ne veux tirer ni sur l'équipe ni sur les joueurs. Je veux uniquement voir à nouveau une formation qui fasse rêver, qui procure du plaisir à ses supporters, comme par le passé. C'est un souhait naturel de la part de tous les supporters, dont je suis proche. Sans ses fans, un club n'est plus un club. Sans leur soutien, cela ne marchera pas longtemps.

Que faire alors ?
Que tout le monde se retrouve derrière l'institution que sont les Girondins. Je suis passé dans ce club, d'autres y ont joué avant, après moi, mais ce qui compte c'est l'institution. Voilà le sens de ma démarche. Je demeure persuadé que Bordeaux peut repartir de l'avant. Mais pas en se faisant la guerre. Tous, il nous faut être unis derrière l'équipe.

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Vous disiez "faire à nouveau rêver" ou encore "repartir de l'avant", cela signifie pour vous que les Girondins ne suscitent plus le même enthousiasme que par le passé ?
Dans un club, il doit toujours y avoir du rêve, de la passion. Aujourd'hui, je vois tout cela s'effilocher. Je ne retrouve pas ce que j'ai vécu en tant que joueur et coach. Le club va très mal. Il suffit de regarder le dernier classement (12e) qui ne correspond pas aux objectifs affichés en début de saison. Ensuite, il y a cette fracture entre la direction et les fans qui n'arrange rien. Il y a eu des erreurs commises. Mais, à un moment donné, je le répète, il faut se retrouver derrière l'équipe. Pour y parvenir, je ne connais pas de meilleurs moyens que les résultats sportifs et le dialogue. Frédéric Longuépée a été nommé au poste de président directeur général et il a dû apprendre le contexte, la gestion d'un club de football. Actuellement, il est la cible de toutes les critiques (NDLR : Les Ultramarines réclament sa démission ainsi que celle d'Anthony Thiodet). Je pense qu'il n'est pas bon de tirer sur un seul homme. Car, derrière cet homme, il y a un actionnaire, un propriétaire (King Street), c'est à lui d'assumer la situation actuelle.

On parle de l'intérêt de certains pour reprendre le club, qu'en pensez-vous ?
Si quelqu'un veut racheter le club qu'il se manifeste.»

Laurent Crocis

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Heraclite 27 juin à 12:02

Et le pire c'est qu'en dehors de quelques bordelais, tout le monde s'en fout.

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