(L'Equipe)
CM - LES 100 DE FF

Giacinto Facchetti (Italie), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

29 mars - 14 juin : dans exactement 77 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Vingt-quatrième épisode avec Giacinto Facchetti.

Son histoire avec la Coupe du monde

Si Giacinto Facchetti fait partie des meilleurs latéraux gauches de l'histoire, c'est déjà pour ses performances remarquées à l'Inter Milan, mais surtout pour ses éclatantes prestations que le monde du football a eu le plaisir d'observer lors du Mondial 1970, au Mexique. Lors de cette édition, le capitaine de la Nazionale va étaler toute sa panoplie défensive, qui va grandement contribuer au très beau parcours italien. Sur le terrain, il s'impose comme le chef de l'anticipation et de la relance propre, en n'hésitant pas à apporter le surnombre en attaque pour ses coéquipiers, à une époque où les défenseurs européens ne sont pas très portés vers l'avant. S'il est le grand artisan de la très bonne organisation défensive de la formation italienne, qui n'a encaissé qu'un seul but avant les demi-finales, il va ensuite perdre pied, comme son équipe, qui encaissera sept buts lors des deux derniers matches. Finaliste, Facchetti ne connaitra pas la joie de remporter un titre de champion du monde, deux ans après avoir décroché le titre européen à domicile. Son histoire contrastée avec la Coupe du monde va se terminer comme elle avait commencé : par une élimination au premier tour de l'édition 1974, après un rendez-vous manqué pour ses débuts en 1966, et une sortie de route surprise après une défaite face à la Corée du Nord. Malgré ces déceptions, l'Italie peut se targuer d'avoir eu dans ses rangs un capitaine à l'élégance rare et à l'extrême finesse dans l'utilisation du ballon.

Le moment marquant

Après la demi-finale au scénario rocambolesque face à l'Allemagne en 1970 (4-3 a.p.), Facchetti et ses coéquipiers arrivent fatigués pour la finale, face à la Seleçao de Pelé. Et les Italiens ne vont pas peser bien lourd face au jeu rapide et technique des hommes de Mario Zagallo. Malgré un sursaut d'orgueil ponctué par l'égalisation de Roberto Boninsegna (37e), qui répondait à l'ouverture du score de Pelé (18e), la défense italienne, solide durant toute la compétition, va couler en seconde période, à commencer par son chef de file. Coupable de ne pas avoir assez attaqué Gerson, dont la frappe va terminer dans le petit filet d'Enrico Albertosi (66e), Facchetti laisse Pelé remiser tranquillement pour Jairzinho qui reprend au niveau des six mètres (71e). Le défenseur est aussi fautif sur le quatrième but brésilien : il est pris de vitesse par l'ailier brésilien, qui va servir Pelé dans l'axe avant de décaler Carlos Alberto (86e). Un match raté pour le capitaine de la Nazionale, qui n'aura plus l'occasion de disputer une finale de Mondial.

Le chiffre : 2

Giacinto Facchetti a été capitaine de l'équipe d'Italie lors de deux Coupes du monde : en 1970 et 1974. Il a été le premier défenseur italien à porter le brassard de capitaine lors de deux Coupes du monde consécutives. Paolo Maldini (1998, 2002), puis Fabio Cannavaro (2006, 2010) suivront les traces de la légende intériste.

L'archive de FF

Quelques jours avant le début du Mondial 1970, FF raconte l'optimisme affiché de l'arrière gauche italien : «Giacinto Facchetti est un parfait gentleman. Capitaine de la Squadra Azzurra, souriant, doux et intelligent, il parle français fort honorablement. Il a vécu les désastres contre la Corée du Nord en 1966 et il n'a pas oublié. Capitaine des champions d'Europe 1968, il pense que l'équipe 70 est aussi bonne et a trouvé son équilibre moral : "le problème du milieu de terrain n'est pas encore résolu et c'est le point le plus délicat pour notre équipe. En outre, on ne peut pas savoir ce que donnera l'altitude sur les organismes des joueurs. Mais je pense que la composition du groupe 2 nous est favorable. Je redoute un peu le métier et la virtuosité technique des Uruguayens. Les Suédois sont plus lents et plus statiques, mais je me méfie un peu d'eux. Notre force, en définitive, sera notre valeur collective". Facchetti a surtout une chance de montrer son élégance extrême sur un terrain en Coupe du monde, après avoir peu joué en 66. Elle ne sera pas de trop pour l'Italie, qui souhaite bien figurer en sa qualité de championne d'Europe».
Joffrey Pointlane

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Tunis_delight 29 mars à 17:14

Giacinto Facchetti : Un formidable arrière gauche et un grand monsieur, un homme exemplaire, un gentleman du football. Paix à son âme.