Gordon Banks (D.R)
CM - Les 100 de FF

Gordon Banks (Angleterre), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

10 mars - 14 juin : dans exactement 96 jours débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Cinquième épisode avec Gordon Banks.

Son histoire avec la Coupe du monde

Il n'est pas donné à tout le monde de vivre trois Coupes du monde différentes. Même s'il est vrai que Gordon Banks n'a pas participé à une seule rencontre lors de l'édition 1962 au Chili, où l'Angleterre a été sortie par le Brésil de Garrincha (doublé) en quarts (3-1). En revanche, en 1966, les Britanniques peuvent véritablement compter sur le talent de leur portier. Pas un seul but encaissé en poule, puis en quarts (1-0 vs Argentine). Eusebio finit par le tromper, en réduisant la marque en demi-finales (2-1). L'Angleterre et Banks triompheront de l'Allemagne après une finale pleine de suspense (4-2 a.p.). Quatre ans plus tard, après son miracle face à Pelé (1-0), Banks doit déclarer forfait pour le quart face à l'Allemagne. En cause, une intoxication après avoir bu... une bière. Les Anglais mènent 2-0, mais Bonetti et ses coéquipiers craquent en seconde période et s'inclinent dans la prolongation (2-3 a.p.). «Si Banks avait été là, mon tir n'aurait jamais franchi la ligne», dira même Beckenbauer, auteur d'un but en ce mois de juin 1970.

Le moment marquant

«L'arrêt du siècle», «La plus belle parade de tous les temps» : pour le troisième Mondial de sa carrière, Gordon Banks, 32 ans, souhaite défendre sa couronne avec les Anglais. Dans la poule 3 de ce premier tour de la Coupe du monde mexicaine, la grande histoire de cette compétition allait s'écrire lors de la rencontre entre le Brésil de Pelé et l'Angleterre. Si Jairzinho avaient permis à la Seleçao de remporter cette rencontre, c'est surtout l'arrêt stratosphérique de Gordon Banks qui allait laisser une véritable empreinte dans l'histoire. Après un centre, Pelé, d'une tête parfaite, obligeait Banks, battu, pensait-on, à se détendre pour repousser le cuir d'une façon inédite. Un arrêt, un exploit, qui a logiquement fait le tour du monde. «Ce but, je considère que je l'ai marqué», avait d'ailleurs clamé le Roi Pelé. Banks prendra la huitième place du Ballon d'Or FF cette année-là.

Le chiffre : 0,44

Le nombre de but par match encaissé par Gordon Banks en Coupe du monde. En neuf rencontres disputées, l'Anglais s'est incliné à quatre reprises : un en demi-finale et deux en finale en 1966 ; un en poule, face au Brésil, en 1970.

L'archive de FF

Dans une interview à France Football en 1999, l'Anglais revenait sur son arrêt :  «"J'ai même entendu Pelé crier "Goooal ! ! !" De son oeil encore valide (il a perdu le droit dans un accident de voiture en 1972), il ramasse la pile de photos du match tel un joueur de poker avant la partie. Il revoit et revit son duel avec le roi Pelé : "Soudain, je vois Pelé, courant à toute vitesse vers la surface. Mais dans le même temps, je garde un oeil sur Jairzinho. Et je vois Pelé plus près encore ! Je dois suivre le ballon mais ne le vois plus... Ce que je savais, c'était qu'une fois la passe faite, le ballon atteindrait Pelé. Je ne pouvais plus aller au-devant de lui, car il m'était impossible de changer de position si vite. Il fallait que je m'attende à n'importe quoi de la part de Pelé : un tir, n'importe quoi. Ce fut une tête (...) La partie la plus difficile de l'arrêt venait du rebond. Face à Pelé, je n'ai pas anticipé, j'ai attendu qu'il donne son coup de tête. Une fois partie, je savais sa tête cadrée, et elle allait vite ! Le ballon était extrêmement difficile à capter car il n'a pas atterri à mes côtés mais il a rebondi cinq mètres devant moi..." Les mains de Banks s'agitent à nouveau : "À ce moment-là, je ne peux pas plonger vers l'avant, je dois au contraire reculer à cause de la vitesse du ballon. Et il faut aussi que j'estime la hauteur du rebond. Quand j'atteins la balle, je la touche avec le haut de ma main, le ballon tourne et part vers l'arrière... Ç'aurait pu être un but !" Banks, la carcasse dépliée et tordue, les yeux au sol, ne sait pas encore. Il entend simplement le "Goooal !" lancé par Pelé. Le ballon fuse le long de l'équerre et quitte le cadre. Banks a vaincu.»

Timothé Crépin

À lire aussi

Réagissez à cet article
500 caractères max
Kenzou 10 mars à 21:42

G.Banks for ever !Le meilleur de tous les temps .

boupka 10 mars à 16:48

Un arrêt de grande classe,de classe mondial