Simeone et l'Atlético peinent à l'extérieur. ()  Reuters (Reuters)
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Griezmann : Pourquoi la fin de cycle à l'Atlético Madrid est logique

Antoine Griezmann a décidé de rompre son idylle avec les Colchoneros. Une décision mûrement réfléchie, laquelle s'inscrit dans un contexte plus global : la fin de l'incroyable histoire d'un groupe qui aura (presque) tout connu, comme en témoignent notamment les départs de Lucas Hernandez, Diego Godín et donc Griezmann.

La decisión, épisode 2. Et cette fois, c'est la bonne. Une année après avoir nourri le suspens sur son avenir à l'Atlético, Antoine Griezmann avait remis le couvert cette année. Néanmoins, le Français, qui avait donc décidé de continuer de revêtir le maillot madrilène cette saison, était resté bien plus mesuré et plus discret dans sa communication. Et finalement, à l'inverse de l'an passé, le natif de Mâcon a décidé de mettre les voiles. «Cela a été cinq années incroyables. Merci beaucoup pour tout, je vous porte dans mon coeur. J'ai pris la décision de m'en aller (...) Il est difficile de prendre un autre chemin, mais je pense que c'est ce dont j'ai besoin», a-t-il admis. Partir vers de nouveaux horizons, tel est son souhait. Derrière cela, un objectif : celui, sans doute, de garnir une armoire à trophées qui ne demande qu'à l'être encore plus, parce qu'après avoir glané ses premiers succès en carrière – une Ligue Europa, une Supercoupe d'Europe, une Supercoupe d'Espagne, sans oublier un titre de champion du monde -, l'ancien de la Real Sociedad a vu son appétit croître à vitesse grand V. Et la marche suivie par les Colchoneros ces temps derniers ne correspondait plus forcément avec les aspirations de l'attaquant des Bleus.

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Déception européenne et apathie footballistique

Trois ans après avoir atteint la finale de la plus belle des compétitions de clubs et avoir caressé l'espoir de conquérir la si convoité Ligue des champions à Milan face au voisin madrilène, Griezmann et l'Atlético espéraient bien goûter à nouveau à ce plaisir si intense. Et alors que, cette saison, la finale se joue au Wanda Metropolitano, nouvel écrin des Colchoneros, les ouailles de Simeone, qui nourrissaient de (très) grandes ambitions sur le plan européen, se sont sabordés dans les grandes largeurs. Après avoir été torpillé par Dortmund en phase de poules en Allemagne (0-4), l'Atlético n'a pu qu'accrocher la deuxième place de son groupe. Et en huitièmes de finale, la bande de Cholo Simeone faisait face à un ogre : la Juventus. Une finale avant l'heure pour l'Atlético, qui se coltinait une Vieille Dame menée par un certain Cristiano Ronaldo, bourreau reconnu d'Oblak et consorts.
 
Si Giménez et Godín mettaient leurs coéquipiers sur de bons rails à l'aller (2-0), trois semaines plus tard, les Madrilènes se sont écroulés. Face à Ronaldo, auteur d'un triplé sensationnel, l'Atlético coulait dans le Piémont (0-3) et disait adieu à ses rêves de sacre européen dans son antre. Les mines déconfites, les poulains de Simeone voyaient la foudre s'abattre sur leur tête. Preuve peut-être que, même si l'Atlético est resté compétitif pendant bien des années, la troupe d'Antoine Griezmann a sûrement atteint la fin de quelque chose. Avec un football de plus en plus conservateur, un fond de jeu quelconque, d'innombrables difficultés pour faire avancer le ballon dans de bonnes conditions et une animation offensive sans grandes idées, l'Atlético s'est cherché toute la saison. Le collectif madrilène a fait peine à voir et s'est ainsi délité progressivement, perdant de sa superbe. Et pour jouer les premiers rôles en Europe, mais aussi sur la scène nationale, les Colchoneros devaient faire bien plus.

Départs à la pelle et saison quasi-blanche

En plus de leur piteuse élimination en C1, les Colchoneros ont globalement déçu en Liga. Bien accroché à sa deuxième place, l'Atlético a tenté de chasser le Barca. En vain. Le club madrilène n'aura pas fait illusion bien longtemps, tant les Blaugrana, portés par l'immense Messi, ont dominé leur sujet. En outre, après s'être loupé de manière inexplicable en huitièmes de finale de Coupe du Roi face à Gérone, l'Atlético n'aura donc rien à se mettre sous la dent pour embellir une triste fin de saison qui a vu Godin, libre en juin prochain, annoncer la fin de son aventure de neuf ans avec les Colchoneros. Ce départ s'inscrit dans la lignée de celui de Lucas Hernandez, qui posera ses valises à Munich pour défendre les couleurs du Bayern. Et Griezmann suivra donc la même destinée en fermant un chapitre de cinq ans. En somme, la fin d'une ère pour le club madrilène.  
 
Pour l'Atlético, c'est donc une véritable hécatombe. En voyant son meilleur joueur, son capitaine et l'une de ses plus grosses promesses s'en aller, il ne fait aucun doute que les Colchoneros auront bien des peines à remplacer des joueurs de cette qualité. Pour digérer ces départs, le chantier s'annonce complexe et la besogne bien hasardeuse pour retrouver des joueurs d'un niveau plus ou moins équivalent. Et cela pourrait ne pas s'arrêter là, puisque Filipe Luis et Juanfran, dont les contrats prendront fin en juin 2019, n'ont toujours pas prolongé leur bail et pourraient eux aussi bien plier bagage à en croire la presse espagnole. Rodri, lui, arrivé à Madrid il y a un an seulement, pourrait bien voir, selon la Cadena Ser, le Bayern, Manchester City ou le FC Barcelone payer les 70 millions d'euros fixés par sa clause libératoire. Simeone, lui, devra vraisemblablement tout reconstruire, repartir sur de nouvelles bases et intégrer des recrues – Arias, Lemar, Martins et les futures - dans un projet de jeu plus attrayant. Au risque sinon, de voir son règne s'assombrir un peu plus.
Mehdi Arhab
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Hachem 16 mai à 13:12

Fin de cycle ? 2ème de la Liga et gagnant d'1 finale UEFA. Beaucoup aimeraient être à la place de D. Simeone.

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