caillard (marc aurele) (E.Garnier/L'Equipe)
C. Ligue - Finale

Guingamp : ses trois séances de qualification aux tirs au but passées au crible

S'ils s'étaient qualifiés pour les demi-finales dans le temps réglementaire face au PSG, le quintuple tenant du titre, les Guingampais ont dû arracher leur qualification par trois fois aux tirs au but pour atteindre la finale de la Coupe de la Ligue, compétition où les prolongations n'existent plus. Et même contre l'ogre parisien, les Bretons s'en étaient remis à deux penalties pour réaliser l'exploit sur la pelouse du Parc des Princes. Mais ce parcours, ils le doivent avant tout à leur gardien : Marc-Aurèle Caillard.

EA Guingamp - Angers SCO, 16e de finale (0-0, 3-2 aux tab)

Dans un match assez ennuyant, où les Angevins auraient pu tirer leur épingle du jeu, ce sont finalement les Bretons qui ont poursuivi l'aventure en s'offrant le scalp des hommes de Stéphane Moulin aux tirs au but. Durant la séance, un homme s'est particulièrement montré à son avantage. Ce bonhomme, c'est Marc-Aurèle Caillard. Le portier breton s'est d'abord illustré en détournant la frappe de Wilfried Kanga. Alors que son copain, Félix Eboa Eboa, voit sa tentative détournée par Boucher, Caillard, encore lui, stoppe le tir au but de Pierrick Capelle. Dans le sillage d'un Marc-Aurèle Caillard en folie, Marcus Coco lance les siens en inscrivant le premier tir au but de la séance. Mais, décidément, c'est vers ce diable de Caillard que tous les yeux se tournent, lui qui n'en finit plus d'écœurer ses adversaires, puisque ce dernier stoppe la troisième tentative angevine de Dorian Bertrand.

De son côté, alors que Yenni Ngbakoto peut donner un avantage certain à ses troupes, le milieu de terrain congolais se loupe complètement en envoyant la sphère sur la transversale de Boucher. Baptiste Santamaria a alors l'occasion de remettre les deux équipes à égalité, chose pour laquelle le milieu de terrain angevin ne se fait pas prier. Mais Guessouma Fofana n'entend pas les choses de cette oreille et redonne un peu d'air à ses potes bretons. Caillard, alors héros principal de la séance de tirs au but, ne peut rien face au coup de pied d'Angelo Fulgini. Ludovic Blas, dernier tireur de la soirée, a tout de même la balle de la qualif' au bout du pied. Et l'international espoir envoie une minasse en pleine lucarne, en prenant à contrepied Zacharie Boucher. Il permet ainsi à ses coéquipiers d'accéder aux huitièmes de finale et d'offrir un peu de joie à un club au bord du précipice en Championnat.

OGC Nice - EA Guingamp, 8e de finale, 0-0 (1-3 aux tab)

Caillard a la qualification des siens sur le bout des doigts. Et ce petit chenapan enfile une nouvelle fois sa cape de super-héros.
Sur sa pelouse ou hors de ses terres, Guingamp a bien du mal à trouver la faille lors du temps réglementaire. Dominée par les Niçois, la bande à Caillard, grand artisan de la qualification au tour précédent, a le mérite de faire le dos rond, en parvenant, une nouvelle fois, à s'offrir une séance de tirs au but. Et encore une fois, elle leur réussit. Pierre Lees-Melou, premier tireur des aiglons, voit son tir repoussé par Caillard, encore. De son côté, Alexandre Mendy n'a aucun mal à transformer son tir au but, envoyant le ballon dans le petit filet d'un Walter Benitez tout triste de voir le cuir lui passé à quelques centimètres de ses mains. Déjà dans le dur, les Sudistes voient leur capitaine Dante se rendre sur le point de penalty. Mais décidément, Marc-Aurèle Caillard prend beaucoup trop de place dans les bois. Ce dernier déploie ses ailes pour sortir la tentative du brésilien, laquelle s'envolait en pleine lucarne. Et si le portier breton n'a aucun mal à démontrer tout son talent lorsqu'il s'agit de sortir les tirs au but adverses, Walter Benitez est lui plus malheureux. Encore une fois, l'Argentin est à deux doigts de repousser la tentative guingampaise de Félix Eboa Eboa, mais il n'en n'est rien.
Néanmoins, Rémi Walter permet à ses copains d'y croire encore après avoir envoyé une praline dans la lucarne gauche du gardien breton. Mais les hommes de Rautureau, alors intérimaire, ne plient pas, puisque Yeni Ngbakoto envoie le ballon au fond des filets. Alors que Christophe Jallet, le quatrième tireur de la troupe de Patrick Vieira, s'apprête à s'élancer, Caillard a la qualification des siens sur le bout des doigts. Et ce petit chenapan enfile une nouvelle fois sa cape de super-héros, en stoppant la frappe de l'ancien parisien.

EA Guingamp - AS Monaco, demi-finale, 2-2 (5-4 aux tab)

Voilà un petit choc entre reléguables. D'un côté l'AS Monaco, qui voit Leonardo Jardim de retour sur son banc. De l'autre Guingamp, mené par Jocelyn Gourvennec au stade du Roudourou, lui aussi de retour, deux ans après son départ à Bordeaux. Après une qualification miraculeuse au Parc des Princes face à la horde de stars parisiennes, les Bretons vont de nouveau vivre un drôle de match. Après deux premiers tours bien ennuyants, il était temps. Alors qu'ils se retrouvent très rapidement en supériorité numérique, en raison d'un assaut violent de William Vainqueur sur la cheville de Marcus Thuram dès le quart d'heure de jeu, les Guingampais vont prendre l'eau en première période. Sur un enchainement de génie – et spectaculaire -, Rony Lopes donne l'avantage aux siens (0-1). Au bord de la rupture sur les assauts monégasques, les Bretons vont plier une seconde fois sur un coup de patte astucieux d'Aleksandr Golovin (0-2), pourtant dans un angle fermé.
Mais les troupes de Gourvennec ne manquent pas de ressources et vont enflammer leur public venu garnir les travées d'un Roudourou chauffé à blanc. Les Bretons vont, dès la seizième seconde de la deuxième période, réduire l'écart par l'intermédiaire d'Alexandre Mendy (1-2). Après s'être joué de la mauvaise lecture de la charnière centrale asémiste, l'attaquant avait placé, d'une belle frappe du pied gauche, le ballon au fond des filets de Danijel Subasic. Transcendés par ce pion, Mendy et consorts trouvent une nouvelle fois la faille, par l'intermédiaire de Marcus Thuram. Sur une frappe de 25 mètres, l'international U20 envoie une mine du pied gauche dans la lucarne, laissant le portier croate pantois (2-2). Et alors que la séance des tirs au but se profile, Gourvennec, qui avait décidé de titulariser Johnsson dans les cages bretonnes, lance dans le temps additionnel le héros des tours précédent : Marc-Aurèle Caillard.
Le début de la séance est marqué par la précision des quatre premiers tireurs. D'un côté Ronny Rodelin et Nolan Roux, de l'autre Cesc Fabregas et Fodé Ballo-Touré. Jemerson, troisième tireur de l'ASM, donne alors l'avantage au club de la principauté. Du côté de Guingamp, Félix Eboa Eboa, voit sa tentative stoppée sans grande difficulté par un Danijel Subasic qui n'a même pas eu à s'employer. Alors que le doute s'installe dans les têtes au Roudourou, Caillard s'en va démolir les espoirs monégasques sur le tir au but de Henrichs. Après cette belle parade du gardien breton, Pedro Rebocho remet les deux clubs à égalité. Sublimé par sa parade quelques instants auparavant, Caillard vient une nouvelle fois montrer tout son talent en écœurant Kamil Glik sur son tir. Alors qu'il a la balle de match entre les pieds, Marcus Thuram se loupe complètement sur son tir au but et laisse tout le soin au vice-champion du monde 2018 de stopper le ballon. Rebelotte : après avoir vu les cinq premiers tireurs de chaque équipe s'élancer, une nouvelle série voit Sidibé et Phiri transformer leur tentative. Et une fois n'est pas coutume, ce n'est pas Caillard qui va repousser la dernière tentative de Monaco, mais bien la barre transversale. En effet, le pauvre Sofiane Diop voit le cuir se fracasser la tronche sur la transversale. C'est Marcus Coco, septième et ultime tireur de l'En Avant, qui vient enlever à Monaco le rêve de disputer une troisième finale de Coupe de la Ligue d'affilée.
Mehdi Arhab
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