warmuz (guillaume) (DE MARTIGNAC/L'Equipe)
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Héros du titre lensois et blessures à répétition, la story de Guillaume Warmuz

Onze ans à Lens, deux à Dortmund et Monaco, quelques mois à Arsenal et plusieurs titres. La carrière du gardien aura été plus que garnie. Retour sur ses dates marquantes à l'occasion de son cinquantième anniversaire.

Le premier titre

Fidèle à l'ES Blanzy qu'il avait intégré à ses six ans, Guillaume Warmuz y reste dix ans. Il quitte sa maison de la meilleure des manières puisqu'il y remporte en 1986 la Coupe de Bourgogne contre Auxerre. Un titre amateur auquel s'ajoute deux ans plus tard son premier vrai titre, une coupe Gambardella. Gardien à l'Institut National du Football de Vichy, il assure un clean sheet en finale contre Beauvais pour soulever le graal des juniors. Performance qui lui permet, entre autres, de taper dans l'œil d'un certain Michel Hidalgo. Ce dernier lui fait parapher son premier contrat stagiaire en 1988 à l'Olympique de Marseille. De nouvelles perspectives s'ouvrent à lui.

A deux doigts du dernier carré européen

Quatrième gardien dans la rotation phocéenne derrière Gaëtan Huard, Jean Castaneda et Pascal Rousseau, recruté en catastrophe après la blessure du premier, Warmuz ne joue jamais. Pourtant, il est tout proche de disputer une demi-finale de Coupe d'Europe en 1990. Pas qualifié pour jouer sur la scène continentale, Pascal Rousseau nourrit les espoirs européens de Warmuz. C'est soit Warmuz, soit Castaneda, alors en totale méforme. Comble de malchance, une luxation de l'épaule contractée à l'entraînement fera une croix sur la titularisation de Warmuz. Et sur la qualification de l'OM par la même occasion, éliminé suite au but de la main de Vata par Benfica.

Les débuts à Lens

Sans jamais avoir pu jouer à Marseille, il signe pro à Louhans-Cuiseaux en 1990. Jusqu'à l'appel du pied de Lens en 1992. Un passage logique dans l'élite pour celui qui fréquentait assidûment les cages de l'équipe de France Espoirs. En signant dans le Nord, il passe même un palier en jouant pour feu la sélection A', une sorte de réserve à disposition de l'équipe A. Sans jamais aller plus loin. Mais qu'importe. Ce jour de signature au RC Lens, à l'été 1992, signe le début d'une superbe histoire longue de onze années.

La consécration

Malgré des débuts en dents de scie, il arrive, petit à petit, à remplacer Bernard Lama dans le but. Indéboulonnable ensuite, "Gus" permet aux Lensois de rêver très grand. 9 mai 1998. A la faveur d'un match nul obtenu contre Auxerre (1-1), le RCL s'adjuge le titre de champion de France. Et aux yeux de nombreux supporters, l'homme de la saison c'est bien lui, Guillaume Warmuz. Une libération d'autant plus jouissive que la semaine précédente, les Sang et Or s'étaient inclinés en finale de Coupe de France. Un exploit retentissant qui reste gravé à jamais dans la mémoire du gardien.

Le plus beau souvenir

Pour autant, ce titre n'est pas, selon lui, son meilleur souvenir. Pour cela, il faut remonter un an plus loin, à Wembley. Qualifiés pour la Ligue des champions, les Lensois mènent habilement leur barque en phase de groupe. Avec Arsenal comme tête d'affiche. A domicile, ils réussissent dans un premier temps à obtenir le nul 1-1. Avant l'exploit outre-Manche. Un match incroyable, rempli de temps forts où le Lens du druide Daniel Leclercq joue un mauvais tour aux Anglais. Un petit but signé Mickaël Debève et une excellente défense pour arracher la victoire 1-0. Le petit poucet vient de renverser l'ogre. Et là encore, le portier n'y est pas pour rien...

La carrière entre parenthèses

28 novembre 2002. Comme lors de son premier match sous la tunique sang et or, Guillaume Warmuz va chercher le ballon dans ses filets à trois reprises. Une déroute contre le FC Porto en Coupe de l'UEFA symbole d'une histoire sur la fin avec Lens. Alors, après 427 matches dans le Ch'nord, le portier décide de mettre sa carrière entre parenthèses. Des blessures, une perte de confiance et des conditions de travail moins bonnes sont passées par là, sans pour autant érafler l'image de onze belles années passées au club.

A la conquête de l'Europe

C'est peu orthodoxe de décider d'exporter ses talents dans des grands clubs du Vieux continent à 33 ans. Mais c'est pourtant le choix du portier, plusieurs semaines après sa pause à Lens. Il signe dans un premier temps à Arsenal, où il ne joue pas une seule minute. Puis à l'été 2003, direction Dortmund. Là-bas, il joue. Il devient même en deuxième partie de saison un titulaire en puissance. Jusqu'à des changements en interne et la promotion du jeune Weidenfeller dans le onze.

Retour en France

Vient alors une dernière expérience dans l'Hexagone. Loin du Nord lensois, il atterrit le 17 mai 2005 à Monaco. Doublure de Flavio Roma, il joue tout de même 37 matches, l'Italien étant blessé. Ironie du sort, c'est également une blessure au genou qui met en février 2006 un terme à sa saison. Et à sa carrière. Après deux opérations du genou droit, en mars et novembre de la même année, il tourne la dernière page d'un livre qui aura marqué la Ligue 1.
Emile Gillet
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