Didier Gomes Da Rosa / Horoya Conakry (D.R)
L'Afrique c'est foot

Horoya, un vent qui emporte tout

Qualifié pour les quarts de finale de la Ligue des champions, le Horoya de Conakry s'est subitement séparé de son entraîneur trois jours plus tard. Décryptage.

Sans même l'évoquer, il se savait en sursis. Depuis le début de la phase de poule de Ligue des champions pour le moins compliqué – un point sur six – avec une gifle reçue à Soweto face aux Orlando Pirates, Patrice Neveu n'ignorait certainement pas que son temps sur le banc du club champion de Guinée, le Horoya AC de Conakry, était compté. Arrivé cet automne pour succéder à son compatriote Victor Zvunka, il ne sera pas resté au-delà de cinq mois chez les Matamkas. Nommé le 14 octobre, écarté le 19 mars... Alors, incompatibilité d'humeur avec ses dirigeants ? Incompréhension(s) avec son groupe ? Le président de la Fédération, Antonio Souaré, qui se trouve aussi être le boss du Horoya, a décidé de mettre fin prématurément à son contrat de deux ans. Trois jours à peine après que Neveu ait finalement décroché le ticket pour le top huit continental, un préalable dans les objectifs fixés.

Quelques photos, ces dernières semaines, laissaient deviner qu'un vent fort allait finir par emporter le Français. Un cliché à Tunis en particulier, avec Alain Giresse, le sélectionneur des Aigles de Carthage, aux côtés de Neveu et de... Jean Tigana. Ce dernier, même si cela n'a pas forcément un caractère officiel, conseille désormais le président Souaré. Voilà qui explique aussi l'arrivée toute récente de Richard Bettoni, un proche de Tigana, en qualité de coordinateur technique du Horoya et directeur du centre de formation du club, situé à Yorokoguia, à environ une heure de route de la capitale. C'est d'ailleurs Tigana en personne qui a contacté Didier Gomes Da Rosa (DGDR) pour lui proposer la succession de Patrice Neveu sur le banc des rouge et blanc. Les deux hommes se sont croisés en France, puisque DGDR avait mis fin quelques semaines plus tôt à sa collaboration avec le Bunna FC d'Addis-Abeba, qu'il a conduit à la 3e place du dernier championnat éthiopien. On l'a compris, le Horoya a donc procédé à une petite révolution interne sur le plan technique. Exit Neveu, qui laisse pourtant le club en quarts de finale de la LDC et bien positionné pour se succéder en championnat national.
Gomes Da Rosa ne manque pas d'expérience et va sans doute faire bouger les lignes
Gomes Da Rosa, qui incarne la nouvelle génération des techniciens français, a effectué ses «classes» africaines au Rwanda, au Cameroun, en Algérie et donc en Ethiopie. C'est lui qui aura la responsabilité de diriger sous quinzaine le Horoya en quarts face au Wydad de Casablanca. Un niveau de compétition qu'il connaît pour avoir conduit le Cotonsport de Garoua (CAM) en demi-finales lors de la Coupe de la CAF 2014, battu par le Ahly cairote. Que faut-il comprendre ou bien conclure de cette décision, à l'évidence préparée et mûrie depuis quelque temps par l'équipe dirigeante du Horoya ? Dans sa quête pour le dernier carré continental, le club prend un risque en utilisant un troisième coach en six mois. Avec un probable changement de système sur le plan tactique et dans le choix des hommes.

Le nouveau venu, âgé de 49 ans, ne manque pas d'expérience et va sans doute faire bouger les lignes. Il arrive avec une méthode qui diffère forcément de celle de son prédécesseur, pourtant réputé proche du président Souaré qu'il connaissait de longue date, Neveu ayant -rappelons-le- déjà travaillé en Guinée en tant que sélectionneur national entre 2004 et 2006. C'est dans ce contexte pour le moins rafraîchi que le Horoya prépare donc son opération «quarts de finale» avec un match aller le 5 ou le 6 avril, au stade du 28-septembre de Conakry. D'ici là, on en saura peut-être aussi un peu plus sur les circonstances exactes de cette rupture qui n'aura pas surpris grand monde en vérité...

Frank Simon
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