(L'Equipe)
L'Afrique, c'est foot

Hubert Velud, un destin africain

Il y a six ans, il a failli perdre la vie dans une attaque survenue au Cabinda, juste avant la CAN 2010. Le voici désormais à quelques heures d'une possible victoire finale en Coupe de la Confédération africaine face aux Algériens du MO Béjaia (1-1 à l'aller).

«Ici, rien n'est simple, qu'il s'agisse des terrains, de l'arbitrage ou d'autres aléas !» Depuis le mois de janvier, Hubert Velud, 57 ans, dirige le TP Mazembe (RD Congo). Une véritable institution dans le football continental puisque le géant congolais pèse cinq victoires en Ligue des champions et une Coupe des Coupes, sans oublier une finale de Coupe du monde des clubs en 2010. Le Français, qui a succédé à Patrice Carteron, vainqueur de la C1 en 2015, n'a guère mis de temps à étoffer son palmarès, en dépit de difficultés parfois rencontrées au plan local. C'est que le TPM demeure plus que jamais jalousé depuis que son président, l'ancien gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, s'est politiquement engagé dans l'opposition, parmi les candidats à la prochaine présidentielle.
 
En dépit de l'absence de son patron sur le territoire congolais, Mazembe continue d'avancer. «On a remporté la Supercoupe d'Afrique en février, le Championnat 2016 en juin et la Supercoupe de RDC en août. Mais le titre le plus important, c'est celui qui est à venir ce dimanche : la Coupe de la Confédération africaine», explique Velud, à 72 heures du grand rendez-vous contre le MO Béjaia (ALG) pour une quatrième confrontation cette saison : 0-0 et 1-0 en phase de poule, puis 1-1 en finale aller. Eliminé par le Wydad (MAR) en huitièmes de finale de la Ligue des champions 2016, Mazembe a en effet été reversé dans l'autre compétition africaine.
Hormis un cours passage à Créteil pendant quelques mois en 2010-11, Velud n'a plus quitté le continent africain depuis son arrivée au Togo, en septembre 2009.
Hormis un cours passage à Créteil pendant quelques mois en 2010-11, Velud n'a plus quitté le continent africain depuis son arrivée au Togo, en septembre 2009. S'il n'est certainement pas le plus médiatique des techniciens français, il possède pourtant une jolie carte de visite, notamment en Algérie : deux titres de champion avec l'ES Sétif (2013) puis l'USM Alger (2014). Il a également étoffé sa connaissance du Maghreb au Maroc (Hassania Agadir) et en Tunisie (Stade Tunisien).
 
Depuis Cabinda et la funeste attaque du bus des Eperviers du Togo, un 8 janvier 2010, Velud n'évoque plus ces terribles journées qui l'ont marqué à jamais, lui ainsi que tous ses joueurs. Mais l'homme a sans doute retiré de ce douloureux traumatisme beaucoup de recul sur le métier et les hommes. Aujourd'hui à la tête d'une armada panafricaine toujours aussi redoutée, malgré le départ des Tanzaniens Mbwana Samatta en début d'année et plus récemment de Thomas Ulimwengu, Velud s'enthousiasme à l'évocation de la jeune classe mazembienne, Jonathan Bolingi (le fils de l'ancien gardien Merikani Mpangi) et Merveille Bope en tête, sans oublier Elia Meshack. «Ce n'est plus vraiment le TPM qui raflait tout il y a cinq ans encore. Mais l'équipe possède une belle marge de progression. Elle a bien travaillé pour atteindre ce niveau».
Velud avec la Supercoupe d'Afrique. (D.R)
Velud avec la Supercoupe d'Afrique. (D.R)

Prochaine étape : l'intégration des jeunes de l'Académie

A Blida, lors de la finale aller samedi dernier, le TPM a eu la surprise de voir débarquer son président, Moïse Katumbi. «Ca faisait des mois que je ne l'avais pas vu. Les retrouvailles ont été émouvantes, un moment très fort pour tout le monde». Dimanche après-midi à Kamalondo, l'antre synthétique du TP, Velud retrouvera une vieille connaissance, Nasser Sandjak, son alter ego sur le banc du MOB. «Avec Nasser, on se connaît par cœur. Ca remonte au temps des derbies de l'est parisien, lui avec Noisy-le-Sec et moi le Paris FC !»
 
Prochaine étape pour Velud : l'intégration des jeunes pousses de la KFA, l'Académie du TPM dirigée par Régis Laguesse, l'ancien bras droit de Jean-Marc Guillou à l'ASEC. «Il y a une passerelle entre les deux entités, confirme le coach des "Corbeaux" de Lubumbashi. Les premiers fruits vont éclore, deux ou trois jeunes devraient accéder bientôt au groupe pro».
Frank Simon 
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cedricstebla 4 nov. à 12:54

Il a aussi pas mal baroudé en amateur notamment à Cherbourg en championnat National. Il mérite bien cet article; c'est un très bon tacticien sous côté en Europe.

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