ganago (ignatius) (J.Prevost/L'Equipe)
Ligue 1 - 1re journée

Ignatius Ganago (Lens) : «Pas là pour faire de cadeaux»

Transfert le plus cher de l'histoire du RC Lens (6 millions d'euros) avant la signature de Seko Fofana, Ignatius Ganago a un challenge à relever dans le Nord. Celui de prouver qu'il a le niveau d'un titulaire, dans un club avec l'ambition de s'inscrire dans la durée en Ligue 1, enfin.

«Il me manque ce calme devant le but»
Comment êtes-vous passé de Nice à Lens ?
On était en stage à Divonne-les-Bains avec Nice, Lens a contacté mon agent qui m'a appelé et c'est de là que ça s'est fait. Je n'ai pas hésité trop longtemps, j'ai appelé mon entourage pour savoir quel était leur avis, ils ne m'ont dit que des choses bien sur le club donc j'ai dit oui tout de suite. La garantie de temps de jeu c'était important, mais il y a aussi le système qui m'intéressait. Le 3-4-1-2, c'est l'idéal pour ma vitesse. C'est pour ça que j'ai signé.
 
Un système qui vous permet de jouer enfin attaquant...
C'est vrai que les deux dernières années en Ligue 1, je n'ai pas vraiment joué en pointe, qui est mon poste de prédilection. Mais ce n'est pas un problème, j'avais l'habitude de jouer sur un côté. Je vais vite me réadapter et ça va bien se passer.
 
Comment décririez-vous votre profil ?
Je suis un attaquant qui va vite, puissant, techniquement bon. Mon seul problème, c'est la jeunesse, le manque d'expérience. J'ai joué beaucoup de matches en Ligue 1 mais je n'en ai pas enchainé beaucoup comme titulaire. Il me manque ce calme devant le but. Après je suis un bon finisseur, mais quand tu ne joues pas tous les matches ça devient compliqué. C'est ce que je vais essayer d'améliorer ici, le travail devant le but, la respiration. J'en parle avec le staff parce qu'il est là pour m'aider.
 
Justement, que pensez-vous de ce nouveau club depuis l'intérieur ?
Je sens et je sais que le club a un poids historique, on m'en a parlé. C'est un club qui vient de monter, et peut facilement redescendre, mais on a un très bon groupe, on vit bien ensemble. Par rapport aux infrastructures, ce n'est pas un club de Ligue 2, c'est un club qui avait sa place en Ligue 1 et qui doit la jouer chaque année. Aujourd'hui on y est, et on va travailler tous les jours pour s'y maintenir le plus vite possible.
 
Cette histoire, c'est un poids ?
Oui, forcément. C'est un poids parce que c'est un grand club qui a joué la Ligue des champions, qui a été champion de France, avec beaucoup de supporters, qui aime quand les gens mouillent le maillot. C'est dommage, on aimerait bien jouer devant eux. Mais lors du match amical de samedi dernier, ils étaient 5000 et vu comme ils étaient derrière nous, je n'imagine pas ce que c'est quand le stade est rempli (rires).

«Un bon début de saison ce serait au moins six ou sept buts»

Pour votre premier match vous jouez Nice. Un joli clin d'œil du destin, non ?
C'est le test idéal pour commencer, ça va nous mettre en confiance donc il faut un résultat positif, même si je sais très bien que ce ne sera pas facile (rires). C'est mon premier club en France où j'ai signé mon premier contrat professionnel. Mais j'ai envie de gagner, je ne suis pas là pour faire de cadeaux. Avant j'étais là-bas, aujourd'hui je suis ici, c'est le football... En tout cas, à Lens, on a une vraie ambition de rester. Le club a envie, il recrute des joueurs, on nous donne des conseils, on travaille dur à l'entraînement et dès le premier match on va montrer qu'on veut rester là en faisant un match costaud. On a hâte.
 
Vous vous êtes fixé un objectif pour la saison à venir ?
Chacun s'est fixé des objectifs personnels. Moi j'ai vraiment envie de faire une belle saison. Peut-être sur le moyen terme, mais déjà je veux bien commencer. Dans ma tête, je pars sur six mois où je dois marquer un maximum et tout donner pour le club. Un bon début de saison ce serait au moins six ou sept buts. Ensuite, je prendrai les six autres mois, comme ça j'oublie que la saison d'un an est longue.
 
Vous êtes une des recrues les plus chères de l'histoire de Lens. C'est une pression supplémentaire ?
La pression elle sera toujours là sur tout le monde. Bien sûr, il y aura toujours celle-là en plus parce qu'ils m'ont acheté six millions d'euros et que les supporters attendent beaucoup de moi. Mais je travaille, j'ai envie de progresser donc je me donne à fond.
 
On a l'impression qu'il y a des similitudes entre les projets de Lens et Nice. Vous êtes d'accord ?
Franchement ce sont des clubs un peu similaires, ils sont à part, ont des liens avec les supporters, et font jouer des jeunes joueurs. Pour les jeunes, Nice ou Lens c'est le club idéal. À Lens, il y a beaucoup de jeunes dans le groupe, on rigole bien, on s'entend bien, donc je suis sûr qu'on va faire quelque chose.
 
Quels souvenirs gardez-vous de la saison passée ?
Pour moi mon meilleur moment c'était en début de saison. J'avais très bien commencé, j'étais titulaire ça se passait bien, je faisais des bons matches. Ensuite Nice a recruté et tout de suite, on m'a mis sur le banc, ça m'a beaucoup freiné parce que l'année dernière j'avais vraiment envie de prouver. Je me sentais bien, j'avais fait une bonne préparation, sans blessure parce que j'avais toujours des pépins physiques d'habitude. Malheureusement, le fait de rester un mois ou deux sur le banc m'a freiné et ça a influé sur ma saison.
Il y a aussi cette superbe volée contre Paris, non ?
Oui bien sûr ! J'ai joué deux fois contre eux, j'ai mis deux buts. Ça prouve aussi que je suis là lors des grands rendez-vous, parce que j'ai déjà marqué contre Monaco, où il y a des grands joueurs. Je veux montrer des choses et ça s'est bien passé du côté de Nice, donc j'espère qu'ici aussi. Ce sont des matches importants où les supporters voient si on est capable de relever le défi. Dès la deuxième journée, on joue contre Paris chez nous, ça sera un bon test. Trois matches trois buts contre Paris ? Ah, c'est excellent ça, c'est très bien (rires).
 
Émile Gillet
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