(L'Equipe)
L'Afrique, c'est foot

Il s'appelait Léon Gbizié

Le football ivoirien est encore en deuil. Après Laurent Pokou, il a perdu mardi Léon Gbizié, un autre grand attaquant international, qui était le père de Serge Aurier.

On ne le reverra plus au stade Robert Champroux d'Abidjan, casquette vissée sur la tête, à suivre ce football qu'il chérissait tant. Depuis mardi soir, le football ivoirien est frappé par le décès de Léon Gbizié, 69 ans, qui a rejoint son ami Laurent Pokou au paradis des grands attaquants du continent. Léon Gbizié, partout en Côte d'Ivoire, jouit du respect du public sportif qui reconnaît en lui un authentique buteur. Mais aussi, parce qu'il est le papa d'un certain Serge Aurier, parti très tôt du pays pour suivre sa maman en France.

Il n'y a désormais que le capitaine des Eléphants pour témoigner de la complexité de sa relation avec ce géniteur qui l'aimait tant, le protégeait même lorsque la critique populaire s'est abattue sur lui après ses turpitudes, notamment sur les réseaux sociaux. Parce que nous avons eu le privilège de lecroiser parfois et de converser avec Léon, il a toujours été très pudique sur sa relation avec ce fils vedette, international comme lui, qui lui ressemble tant physiquement. Même visage, même sourire !
Meilleur buteur et meilleur joueur du pays...
Serge Aurier sait-il seulement tout ce que ce papa a accompli comme joueur, depuis ses débuts en 1967, à 17 ans, à l'ASEC d'Abidjan ? Il est alors très vite adopté par Pokou, son grand frère de l'attaque mimosa. Cinq ans plus tard, il remporte la Coupe nationale contre le Stade d'Abidjan avec son club. Un an après et à la suite du recrutement du Libérien Santos Brown (futur joueur de Sedan), Léon rejoint le Sporting club de Gagnoa. C'est là-bas que nait sa légende, celle de l'artilleur de l'ouest, craint par les clubs de la capitale. Vainqueur du Championnat (1976) et de deux Coupes nationales, il gagne aussi le titre de meilleur buteur et de meilleur joueur du pays.

En 1979. C'est l'heure de rejoindre le Stella Club d'Adjamé, avec lequel il remporte le Championnat 1980 puis la Coupe d'Afrique de l'Ouest (UFOA) la même année. C'est la grande époque des "Magnans", le surnom du club d'Adjamé. Léon Gbizié est réputé pour son jeu de tête exceptionnel.

Un fils qu'il a peu croisé sur place

A l'issue de sa carrière de joueur, il travaille dans le civil et terminera au secrétariat des services judiciaires du Tribunal d'Aboisso, tout en entraînant des clubs, comme le Ban FC (D2). C'est cet homme que l'on a donc croisé à Abidjan, affaibli mais affable. Peu de temps après, il tombera malade. Frappé de paralysie et non voyant sur la fin, il a certainement continué d'évoquer en bien ce fils qu'il aimait et qu'il a finalement peu croisé sur place, même si Serge Aurier l'aurait, selon certains témoignages, assisté pour des soins. L'Eléphant de Tottenham ne s'est jusqu'à présent pas (encore) exprimé sur le décès de ce papa qui fut un grand.
Frank Simon
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