(L'Equipe)
L'Afrique, c'est foot

Il y a 10 ans, la Coupe du monde en Afrique du Sud...

Waka Waka, Paul le poulpe, les Vuvuzelas, Knysna, le Jabulani, ça vous parle ? Si tel est le cas, c'est que vous avez conservé quelques souvenirs de la 19e phase finale de Coupe du monde en Afrique du Sud, il y a dix ans. Nous y étions aussi...

“Kameha Meha eh eh, waka waka eh eh...” Ah, comment oublier ce refrain entendu mille et une fois, celui de l'hymne de la Coupe du monde, 19e du nom ? Chanté par Shakira, accompagnée par les Sud-africains de FreshlyGround, il revient à notre mémoire comme si c'était hier. Depuis l'attribution de la compétition à la Rainbow Nation à Zurich, un jour de printemps 2004, on s'était rendu chaque année ou presque sur place à partir de 2007 et du tirage de la phase préliminaire.

Et puis, arriva le 11 juin 2010. Nous sommes justement dans les tribunes de Soccer City, en bordure de Soweto, au beau milieu de 84 000 et quelques privilégiés pour vivre le coup d'envoi de la première phase finale d'une Coupe du monde seniors sur le sol africain. L'émotion nous étreint la gorge parce que c'est justement dans ce pays que l'on s'est installé, au début de la carrière, à l'automne 1992, pour y vivre son retour dans le grand concert mondial des nations. Nous y sommes retournés pour la CAN 1996 remportée par les Bafana Bafana.
Siphiwe Tshabalala premier buteur du tournoi, face au Mexique...
11 juin 2010, l'affiche est belle entre le pays hôte et le Mexique. En début de seconde période, et à la suite d'un déboulé dans le couloir gauche, le milieu des Kaizer Chiefs, Siphiwe Tshabalala, inscrit le but inaugural du tournoi d'une frappe dans la lucarne du Mexicain Oscar Perez. Malheureusement l'Afsud se fera rejoindre à la marque. A Bloemfontein, elle battra quand même les Bleus de France post Knysna (2-1) mais sera devancée par le Mexique à la différence de buts pour la qualification en huitièmes...

Afrique du Sud 2010, c'est d'abord et avant tout le froid, qu'on avait découvert lors de la Coupe des confédérations 2009, sorte de répétition générale pour le pays. Ici donc règne l'hiver austral avec des températures négatives la nuit. A Johannesburg, au soir de la finale, nous gratterons le pare-brise du véhicule, couvert de givre... Un froid terrible donc et inattendu pour de nombreux observateurs. Ce sont aussi les débuts d'une star, Paul le poulpe, qui annoncera le nom du futur vainqueur espagnol. Dès le début, les visiteurs et observateurs découvrent aussi avec effarement le vrombissement irritant des vuvuzelas, ces trompettes sud-africaines en plastique qui polluent les retransmissions télévisées. On fait connaissance avec un ballon (officiel) de plage aux drôles de trajectoire, le bien nommé Jabulani ! Pas mal de gardiens s'en plaindront lors de la compétition.
Le public, n'en déplaise à la presse britannique qui a dépeint à ses lecteurs un tableau de guérilla urbaine décourageant, sera au rendez-vous : un total de 3 178 856 spectateurs assistera aux 64 matches. Evidemment, et comme lors de chaque évènement mondial, certains seront victimes de vols ou d'agressions, pas plus qu'ailleurs. Mais globalement, l'Afrique du Sud aura été une bonne hôtesse pour ses visiteurs.

Le zéro pointé du Cameroun

Parmi les nations africaines qualifiées, une seule va briller : le Ghana, vice-champion d'Afrique 2010, éliminé en quarts et aux tirs au but par l'Uruguay du "mordeur" Luis Suarez. La qualification pour le dernier carré, dans le temps règlementaire, n'aura tenu qu'à un penalty, raté par Asamoah Gyan. Pour les autres participants du continent, le bilan est mitigé. L'Afsud malgré quatre points devient le premier pays hôte éliminé au 1er tour. Les Super Eagles du Nigeria, emmenés par un super Vincent Enyeama, terminent quatrièmes de leur groupe, avec un match nul et deux défaites.

L'Algérie, de retour après 24 ans d'absence, partage un bilan identique et n'inscrira même pas un but en Afsud... La palme du mauvais élève africain reviendra tout de même au Cameroun, zéro point pour la bande à Eto'o. La déception provient aussi du parcours des Ivoiriens et Didier Drogba. Quatre points c'est vrai et une défaite 1-3 face au Brésil de l'intenable Luis Fabiano. Bravo donc au Ghana qui aura réussi à se faire une place dans le Top 8 mais qui quitte Soccer City éliminé (4 tab à 2). Dix ans plus tard, que nous reste-t-il donc à l'arrivée, si ce n'est quelques souvenirs, des journaux jaunis, une accréditation, de vieux tickets de match ? Ah oui, une vuvuzela. A France Football, le meilleur "sonneur" parmi les envoyés spéciaux s'appelait Patrick Urbini, qui en maîtrisa l'art rapidement, au prix d'efforts quotidiens. Nos oreilles s'en souviennent !
Frank Simon
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RensenbrinkRIP 11 juin à 22:31

Malheureusement, le souvenir que la France et le monde entier ont, c'est le bus de Knysna. Quelle honte.

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