domenech (raymond) (LAHALLE/L'Equipe)
Knysna, il y a dix ans

Il y a 10 ans : la fameuse lettre des joueurs de l'équipe de France lue par Raymond Domenech à Knysna lors de la Coupe du monde 2010

Fin d'après-midi, le 20 juin 2010. Alors que les joueurs de l'équipe de France arrivent pour s'entraîner à deux jours d'un match décisif pour la qualification en huitièmes de finale de la Coupe du monde, les Bleus se mettent en grève et livrent une lettre

Il est un peu moins de 17 heures, ce 20 juin 2010. Alors que les joueurs de l'équipe de France sont en pleine Coupe du monde, et qu'ils sont dos au mur à deux jours d'un match décisif pour leur survie dans ce Mondial (1 point en deux matches face à l'Uruguay, 0-0, et le Mexique, 0-2), ce qu'il se passe à Knysna, lieu où se situe leur camp de base, va faire basculer les hommes de Raymond Domenech dans le K-O. Si une séance d'entraînement est prévue, celle-ci n'aura jamais lieu. Après un bain de foule avec les supporters présents, une altercation éclate entre Robert Duverne, préparateur physique, et Patrice Evra. Derrière, les joueurs regagnent leur bus, tirent les rideaux : les voilà en grève, au lendemain du renvoi de Nicolas Anelka, sanctionné suite à son échange houleux avec son sélectionneur à la mi-temps de France-Mexique. Quelques minutes plus tard, Raymond Domenech apparaît, un papier à la main. Il se présente alors seul devant les journalistes pour lire la lettre des joueurs de l'équipe de France. Pour toujours plus tomber plus bas.
«Par ce communiqué, tous les joueurs de l'équipe de France, sans exception, souhaitent affirmer leur opposition à la décision prise par la Fédération Française de Football d'exclure Nicolas Anelka. Si nous regrettons l'incident qui s'est produit à la mi-temps du match France-Mexique, nous regrettons plus encore la divulgation d'un événement qui n'appartient qu'à notre groupe et qui reste inhérent à la vie d'une équipe de haut niveau. A la demande du groupe, le joueur mis en cause a engagé une tentative de dialogue. Nous déplorons que sa démarche ait été volontairement ignorée. De son côté, la Fédération Française de Football n'a à aucun moment tenté de protéger le groupe. Elle a pris une décision sans consulter l'ensemble des joueurs et uniquement sur la base des faits rapportés par la presse.
«Pour marquer leur opposition à l'attitude adoptée par les plus hautes instances du football français, l'ensemble des joueurs a décidé de ne pas participer à la séance d'entraînement programmée aujourd'hui.»
En conséquence, et pour marquer leur opposition à l'attitude adoptée par les plus hautes instances du football français, l'ensemble des joueurs a décidé de ne pas participer à la séance d'entraînement programmée aujourd'hui. Par respect pour le public qui devait assister à cette séance, nous avons décidé d'aller à la rencontre de ces supporters qui, par leur présence, nous apportent un soutien sans faille. Pour notre part, nous sommes conscients de nos responsabilités, celles de porter les couleurs de notre pays. Mais également celles que nous avons à l'égard de nos supporters et de leurs cadres, éducateurs, bénévoles et des inombrables enfants qui gardent les Bleus comme modèles. Pour ce qui nous concerne, nous n'oublions rien de nos devoirs. Nous ferons tout individuellement, bien sûr, mais aussi dans un esprit collectif, pour que la France, mardi soir, retrouve son honneur par une performance enfin positive.
 
Les joueurs de l'équipe de France.»

Performance enfin positive qui se transformera en une nouvelle débâcle, face à l'Afrique du Sud (1-2), et en une élimination dès le premier tour de la Coupe du monde 2010.
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ghys59 20 juin à 14:53

Ce type n'a aucun amour propre et son éducation est lamentable. Non seulement, il lit la lettre des joueurs - écrite d'une main de leur entourage -, mais en plus, il trouve normal qu'après coup, il ne lui soit pas demandé de s'expliquer au plus haut niveau de l'Etat. C'est Thierry Henry qui est allé à l'Elysée voir le chef de l'Etat de l'époque. Quant au fait de refuser de serrer la main du sélectionneur sud-Africain Pereira, c'est une faute grave et indigne.

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