Mario Hermoso a connu sa première sélection en novembre contre la Bosnie. (L.Gene/AFP)
Euro (Q) - Espagne

Jaime Mata, Sergi Gomez, Pau Lopez, Mario Hermoso : c'est la révolution permanente en Espagne

En pleine phase de restructuration après les échecs de 2014, 2016 et 2018, l'Espagne n'est toujours pas stabilisée. Luis Enrique a déjà convoqué 41 joueurs différents, dont les méconnus Pau Lopez, Sergi Gomez, Mario Hermoso ou encore Jaime Mata.

Jaime Mata (attaquant de Getafe, 30 ans)

Un inconnu qui débarque en équipe nationale, alors qu'il était amateur il y a encore quelques années et n'a jamais joué avec les sélections de jeunes ? On pourrait se croire en Angleterre, où ce genre d'histoires pullule, Jamie Vardy, Rickie Lambert ou Jay Rodriguez étant les derniers exemples en date. Si l'on explore le tumultueux passé de Jaime Mata, on tombe sur lui le short baissé ou carrément nu, en compagnie de ses équipiers, pour protester contre le club de Pegaso qui ne les payait plus. Des images qui avaient fait grand bruit en Espagne il y a dix ans.
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La sélection de Jaime Mata, qui n'a jamais connu un centre de formation, fait du bien à tout le pays. Elle est la preuve que quelqu'un peut toucher les étoiles deux ans après avoir touché le fond. Dans son cas, il n'était même pas titulaire à Valladolid (D2). « Je n'ai jamais pensé à la Roja. Je ne pensais d'ailleurs jamais jouer en Liga », reconnaissait-il dans AS. C'est qu'il a éclos sur le tard, même s'il a toujours beaucoup marqué avec Pegaso, Socuellamos, Mostoles, le Rayo Vallecano, Lleida, Gérone mais aussi Valladolid. Il y a scoré 35 buts en 43 rencontres la saison dernière !
Mata (79 kg pour 1,85 m) n'a donc plus de temps à perdre et cela se voit. Débutant en Liga à 30 ans, il a déjà marqué treize fois avec Getafe (plus six passes décisives) pour porter son équipe à la quatrième place du classement. Le joueur espagnol le plus décisif de la saison apporte une fraîcheur folle à la Seleccion. « Je suis content d'évoluer aux côtés de Sergio Ramos. Parce que quand on est face à lui, qu'est-ce qu'il te met des coups ! », rigolait-il naïvement en conférence de presse. Un autre monde pour celui qui a trop souvent entendu qu'il ne serait « jamais footballeur professionnel ».
Jaime Mata et Saul Niguez lors de la saison en cours. (G. Martinez/Cordon/Presse Sports)
Jaime Mata et Saul Niguez lors de la saison en cours. (G. Martinez/Cordon/Presse Sports)

Mario Hermoso (défenseur central de l'Espanyol, 23 ans)

Mario Hermoso n'a jamais convaincu Zinédine Zidane au Real Madrid. Lorsque le défenseur a été promu au Castilla alors dirigé par ZZ, le Français l'a envoyé en prêt à Valladolid (D2). Réintégré à la réserve dirigée par Solari en 2016-2017 (photo ci-dessous), cet ancien latéral gauche n'a jamais été appelé pour un seul entraînement par le technicien. Pourtant, Mario Hermoso est l'une des révélations de la saison en Liga. Recruté gratuitement par l'Espanyol Barcelone, son énorme début de saison lui a valu la convocation de Luis Enrique en novembre dernier. Titulaire face à la Bosnie, il a été rappelé par la Roja pour affronter la Norvège et Malte.
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Déjà auteur de trois buts en Liga cette saison, il est le leader de la défense de l'Espanyol depuis l'opération de David Lopez. Le Real Madrid possède une option de rachat sur lui (7,5 M€). Un tarif très abordable pour un tel joueur, même si le club merengue vient de recruter Eder Militao (Porto) pour la saison prochaine. Le Bayern suivrait également ce joueur très fort dans l'anticipation et propre ballon au pied.
Mario Hermoso a été formé par le Real Madrid. (F. Fife/AFP)
Mario Hermoso a été formé par le Real Madrid. (F. Fife/AFP)

Sergi Gomez (défenseur central de Séville, 26 ans)

Sergi Gomez fait partie de la longue liste de joueurs formés par le Barça mais qui n'y ont jamais eu leur chance. Le défenseur a toutefois porté une fois le maillot blaugrana en match officiel, à l'été 2010 en Supercoupe d'Espagne contre Séville, et cela ne s'était pas bien passé du tout (1-3). Lancé par Pep Guardiola, le champion d'Europe U19 (2011) connaît très bien Luis Enrique qui l'a dirigé au Barça B.
« C'est lui qui m'a fait monter dans son équipe, alors qu'elle jouait les play-offs de promotion. J'avais 18 ans, j'ai tout joué et nous avons été promus. C'est l'un des meilleurs souvenirs de ma carrière », expliquait-il jeudi à Sport, après avoir été appelé pour la première fois dans une Seleccion où il retrouve son meilleur ami Sergi Roberto et son mentor Gerard Piqué. « C'est génial de retrouver Sergi, on se connaît depuis si longtemps. Nous avons commencé ensemble en U15 au Barça. [...] Quant à Gerard, c'est ma référence. Je me suis entraîné avec lui par le passé. Son ambition m'a contaminé. »
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Laissé libre par le Barça à l'été 2014, il a donc rejoint le Celta Vigo à l'âge de 22 ans sous l'impulsion de Luis Enrique, qui allait quitter le club. Sixième de la Liga 2016, demi-finaliste de la Ligue Europa il y a deux ans, il s'est vite imposé en Galice. « Contre Barcelone, il a sorti plusieurs matches impressionnants, en éteignant totalement Luis Suarez, se souvient Sergi Solé, responsable de la rubrique Barça au Mundo Deportivo. Il y a trouvé une super régularité. » Très bon techniquement, le puissant défenseur central pouvant évoluer à droite était dans le viseur de Toulouse l'été dernier mais il a rejoint le Séville FC. Le 20 octobre dernier face à son club formateur, il avait encore été excellent malgré la défaite (2-4).

Pau Lopez (gardien du Betis, 24 ans)

Derrière De Gea et Kepa, le poste de troisième gardien n'est pas figé : Pepe Reina (36 ans) joue peu au Milan et n'a plus été appelé depuis le Mondial, Kiko Casilla (32 ans) évolue en D2 anglaise (Leeds), Juan Soriano (21 ans) est titulaire depuis peu à Séville. C'est donc Pau Lopez qui s'y colle depuis le début de l'ère Luis Enrique. « Il a une personnalité très forte », expliquait le sélectionneur de la Roja en août dernier. Un exemple ? C'est lui qui a provoqué l'expulsion de Roque Mesa lors du derby sévillan. De quoi devenir immédiatement l'idole des supporters.
Luis Enrique, encore : « Il a été un membre important des Espoirs (finalistes de l'Euro de la catégorie en 2017). Il a le potentiel pour aller plus loin. » Entré en jeu le 18 novembre dernier face à la Bosnie, il n'a pas abandonné le stage avant les matches contre la Norvège et Malte en dépit d'une blessure au cou. Formé par l'Espanyol Barcelone, il y a réalisé deux grandes saisons (2015-2016 puis 2017-2018) entrecoupées d'un prêt manqué à Tottenham, où il n'a jamais joué, barré par Lloris et Vorm. Après avoir refusé de prolonger, il a signé librement au Betis Séville l'été dernier. Il y est le titulaire inamovible devant Joel Robles. À l'aise dans son jeu au pied, capable d'assumer les risques voulus par Setién, il est aussi fort dans le jeu aérien, notamment grâce à sa taille (1,89 m).

Fabian Ruiz (milieu de Naples, 22 ans)

Il était l'une des surprises de la liste établie par Luis Enrique, mais a été contraint de déclarer forfait après avoir contracté la grippe A (trois jours d'hospitalisation). Fabian Ruiz n'a pas encore deux saisons de haut niveau derrière lui, mais sa cote est déjà très haute. Révélé lors de son prêt à Elche (D2) début 2017, il a enchaîné avec un exercice 2017-2018 de très haut niveau au Betis (6e). Naples n'a pas hésité à verser sa clause libératoire de 30 M€ pour le recruter. Sous l'égide de Carlo Ancelotti, le milieu polyvalent de 22 ans joue beaucoup. Il a notamment été titulaire lors des six matches de Ligue des champions disputés par le club italien. Parfois comparé à l'ex-Madrilène Fernando Redondo, cet élégant gaucher (1,89 m) s'est déjà rendu indispensable en Italie.
Fabian Ruiz a affronté le PSG en C1. (F. Faugère/L'Équipe)
Fabian Ruiz a affronté le PSG en C1. (F. Faugère/L'Équipe)
« Un Napoli sans Fabian Ruiz est beaucoup moins sensuel », écrivait récemment un éditorialiste local « triste » d'apprendre que le joueur était malade au moment d'affronter l'Udinese. Gros travailleur mais aussi bon dribbleur, il peut évoluer dans l'axe dans un double pivot ou bien à gauche (on l'a vu à ce poste deux fois face au PSG en phase de groupes de la C1). « Et puis, il a une frappe de loin terrible, a rappelé Luis Enrique. On le suivait depuis longtemps car il faisait partie des Espoirs (10 sélections). Je pense qu'il sera très important pour nous à l'avenir. » Toutefois, il pourrait disputer l'Euro U21 avec la Rojita cet été, avant de s'installer chez les A.
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