(L'Equipe)

James Rodriguez (Colombie), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

19 mai - 14 juin : dans exactement 26 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Soixante-quinzième épisode avec James Rodriguez.

Son histoire avec la Coupe du monde

Lorsqu’il débarque au Brésil en 2014, James Rodriguez est encore méconnu du grand public. La France et la Ligue 1 le connaissent déjà, après une excellente saison 2013-14 avec l’AS Monaco, mais celui qui a été acheté 45 millions d’euros au FC Porto n’est encore qu’une promesse à l’échelle européenne. C’est au Brésil qu’il va se révéler. Dès le premier match de la compétition, le joueur polyvalent de 22 ans se fait remarquer face à la Grèce en inscrivant le troisième et dernier but de la rencontre à la 93e minute. Même topo face à la Côte d’Ivoire, face à qui «James» ouvre le score d’un but de la tête sur corner. Enfin, face au Japon, le numéro 10 colombien y va encore d’une réalisation dans les derniers instants de la rencontre, après un déboulé sur le côté gauche, un duel remporté face au dernier défenseur puis un lob astucieux sur le gardien nippon. En signant un but lors des trois matches de poule, il fait déjà partie des meilleurs joueurs de la compétition. Pourtant, James Rodriguez n’en reste pas là. Il plante deux buts face à l’Uruguay (voir plus bas) puis un autre face au Brésil en quarts de finale. Malheureusement, l’aventure s’arrête là pour le jeune Colombien, dans un match que tout le Brésil maudit après la blessure de Neymar aux cervicales. Une élimination qui n’empêchera cependant pas James de terminer meilleur buteur de la compétition. Une aubaine pour le tout jeune joueur, qui partira au Real Madrid à l’issue du Mondial contre un chèque de 70 millions d’euros.

Le moment marquant

28 juin 2014, Maracana de Rio de Janeiro. Après avoir terminé première de son groupe, la Colombie retrouve l’Uruguay d’Edinson Cavani et de Luis Suarez en huitièmes de finale pour tenter de rejoindre le Brésil, qualifié aux tirs au but face au Chili, au tour suivant. Ce sera le chef-d’œuvre de James Rodriguez. À la 28e minute, après une remise de la tête, il signe un enchaînement de haute voltige à l’entrée de la surface : contrôle en pivot de l’épaule, reprise de volée et transversale rentrante. Muslera ne peut rien faire et voit le génie colombien ouvrir le score. Une réussite qui le poursuit jusqu’à la 50e minute de la rencontre où, après une tête en retrait de Cuadrado, l’ancien de l’AS Monaco double la mise du pied droit dans le but vide. Victoire 2-0 de la Colombie pour un match qui restera parmi les plus réussis de la carrière de James Rodriguez.

Le chiffre : 6

Soit le nombre de buts inscrits par James Rodriguez pour sa première et seule Coupe du monde en 2014. Décisif face à la Grèce, la Côte d’Ivoire, le Japon, l’Uruguay (x2) et le Brésil, il termine meilleur buteur de la compétition, alors que personne n’a fait mieux depuis le Mondial 2002 et les huit réalisations du Brésilien Ronaldo.

L'archive de FF

Alors que la Colombie va affronter le Brésil en quarts de finale, France Football et Roberto Notarianni reviennent, en pleine Coupe du monde, le 1er juillet 2014, sur le phénomène James Rodriguez : «Ce n’est pas uniquement une réussite statistique formidable. Le joueur au visage poupin est capable d’enfanter des éclairs de génie. […] Du grand art. On comprend mieux aujourd’hui pourquoi Carlos Valderrama l’avait désigné, dès l’automne 2011, comme son successeur, et que, quelques mois plus tard, Faustino Asprilla clamait «que James Rodriguez pourrait devenir le meilleur joueur colombien de tous les temps». On sait mieux, aussi, pourquoi Pekerman n’a pas paniqué au moment du forfait de Falcao. Il savait pertinemment qu’avec son jeune coéquipier de l’AS Monaco, il possédait la clé susceptible d’ouvrir les serrures les plus récalcitrantes. Qu’il soit utilisé en neuf et demi, dans le couloir droit ou gauche, James Rodriguez possède la science du jeu, la technique et le flair du but capable d’éteindre presque à lui tout seul les rêves de 200 millions de Brésiliens.»

Antoine Bourlon