Jérémy Mathieu après la victoire du Barça en finale de la Ligue des champions 2015. (S.Boué/L'Équipe)
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Jérémy Mathieu, retour en images sur une longue carrière

À 36 ans, le défenseur international Jérémy Mathieu a annoncé sa retraite, mercredi, suite à une blessure. Retour sur son parcours en pro, riche en titres et en péripéties.

Mercredi, Jérémy Mathieu, grièvement touché au genou gauche, a dû se résoudre à la retraite de manière anticipée. À trente-six ans, sous les couleurs du Sporting, il pensait portant ajouter une ultime saison à une carrière souvent endolorie par les blessures. « Quoi qu'il en soit, a notamment écrit sur un journal personnel le défenseur formé à Sochaux, j'aurais passé dix-neuf ans à vivre de ma passion intensément, avec des hauts et des bas, de la joie et des pleurs, des victoires et des défaites et des trophées incroyables. » En voilà un résumé non exhaustif.

L'apogée : le triplé barcelonais du printemps 2015

Jérémy Mathieu et les joueurs du Barça après leur victoire sur la Juve (3-1) à Berlin. (S.Boué/L'Équipe)
Jérémy Mathieu et les joueurs du Barça après leur victoire sur la Juve (3-1) à Berlin. (S.Boué/L'Équipe)
En 2014, Jérémy Mathieu quitte Valence pour rejoindre la galaxie barcelonaise, sorte d'antistar propulsée au milieu des étoiles. Et sa première saison en Catalogne se conclut sur un monumental triplé : Ligue des champions, Liga et Coupe du roi. Malgré une présence plus réduite dans le onze de gala en fin d'exercice, il s'agit pour le natif de Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône) de l'apothéose d'une carrière marquée par une progression très régulière, en passant par Sochaux, Toulouse et Valence. Il restera au final trois ans au Barça (2014-2017), pour un total de neuf titres, donc cinq acquis durant la seule année 2015, car la Supercoupe d'Europe et le Mondial des clubs ont permis de transformer le triplé en quintuplé lors des mois suivants. Son passage au sein des plus prestigieux clubs au monde ne lui a pas offert que des satisfactions néanmoins, car il en est parti lesté de quelques rancunes envers les dirigeants.

Le point noir : l'équipe de France

Jérémy Mathieu devant Laurent Blanc lors de sa première sélection contre les États-Unis (1-0) en novembre 2011. (D.Fèvre/L'Équipe)
Jérémy Mathieu devant Laurent Blanc lors de sa première sélection contre les États-Unis (1-0) en novembre 2011. (D.Fèvre/L'Équipe)
Son total de cinq sélections en équipe de France, dispersées entre novembre 2011 et mars 2016, nourrit forcément une immense frustration. Autant au regard de son parcours en club que de ses aspirations. Ambitieux, Jérémy Mathieu a parfois su surpasser son caractère discret pour glisser des messages directs dans ses interviews. « Peut-être que (Laurent) Blanc n'aime pas mon profil », s'interroge-t-il, en octobre 2010, dans les colonnes de l'Équipe, à propos du sélectionneur de l'époque. Dans la même interview, il assène : « Ce qui me manque, c'est le maillot bleu. » Pourtant, il ne disputera jamais de compétition internationale, alors que Didier Deschamps avait fini par le retenir pour l'Euro 2016. Des douleurs au mollet droit ont entraîné, au dernier moment, son éjection de la liste des vingt-trois, au profit de Samuel Umtiti. En septembre de la même année, il décide de stopper sa carrière internationale, malgré son rappel pour deux matches qualificatifs au Mondial 2018.

La reconversion : l'inspiration d'Ernesto Valverde

Jérémy Mathieu et Jermaine Jenas lors d'un Valence-Tottenham amical en août 2012. (S.Vidal/Cordon/Presse Sports)
Jérémy Mathieu et Jermaine Jenas lors d'un Valence-Tottenham amical en août 2012. (S.Vidal/Cordon/Presse Sports)
Quand il arrive à Valence, en 2009, Jérémy Mathieu est un ancien milieu de terrain devenu avec succès latéral gauche. Quand il en repart, en 2014, il est un ancien latéral gauche devenu avec autant de réussite défenseur central. À la fin de l'hiver 2013, en effet, Ernesto Valverde, confronté à un casse-tête dans la ligne arrière, décide de le titulariser dans l'axe au sortir d'une longue période d'indisponibilité. C'est essentiellement à ce poste qu'il jouera ensuite jusqu'à la fin de sa carrière, même s'il effectuera quelques allers-retours entre l'axe et le côté gauche durant ses deux dernières années barcelonaises.

Le but : le Clasico qui change tout.

Jérémy Mathieu ouvre le score face au Real (2-1) le 22 mars 2015. (N.Luttiau/L'Equipe)
Jérémy Mathieu ouvre le score face au Real (2-1) le 22 mars 2015. (N.Luttiau/L'Equipe)
Le 22 mars 2015, lors d'un Clasico décisif pour la Liga, Jérémy Mathieu ouvre de la tête le score pour le Barça, ensuite victorieux (2-1, 28e j.). Lors de la rencontre de Championnat suivante, à Vigo (1-0), il inscrit l'unique but de la rencontre. Deux actions décisives qui marquant un basculement au cours de son séjour catalan. Arrivé de Valence l'été précédent, l'ex-Toulousain a longtemps dû se heurter au scepticisme des aficionados blaugranas : trop vieux (31 ans), trop cher (20 M€), pas assez glamour. Fin juillet 2014, les conclusions d'un sondage indiquaient que, pour 82 % d'entre eux, il ne s'agissait pas d'une bonne recrue pour le Barça.

Le traumatisme : l'attaque des supporters du Sporting

Jérémy Mathieu de retour sur la pelouse du Camp Nou avec le Sporting (0-2) en décembre 2017. (A.Garcia/Cordon/Presse Sports)
Jérémy Mathieu de retour sur la pelouse du Camp Nou avec le Sporting (0-2) en décembre 2017. (A.Garcia/Cordon/Presse Sports)
En mai 2018, Jérémy Mathieu vit l'épisode le plus traumatisant de sa longue carrière. Alors que le contexte sportif est difficile, quelque cinquante supporters du Sporting, tous cagoulés, s'introduisent au sein du centre d'entraînement du club portugais. Certains joueurs, ainsi que des membres du staff technique, sont alors agressés. Lors du procès, le Français fait partie des membres de l'équipe appelés à témoigner par visioconférence, en décembre 2019. « Je n'oublierai jamais la peur que j'ai ressentie, raconte-t-il alors. J'ai immédiatement appelé ma femme parce que je ne savais pas si j'allais rentrer chez moi. À la fin des matchs, je me souviens encore de cet épisode si fort. Je n'ai pas changé mes routines mais j'ai peur que cela se reproduise. » Il a malgré tout choisi de terminer sa carrière au sein du club portugais, avec quelques mois d'avance sur l'agenda prévu.

Vidéo : ses adieux émouvants au Sporting

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