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miguelgorry (jerome) (S.Boue/L'Equipe)
Coronavirus

Jérôme Miguelgorry : «Avec les autres arbitres, on s'est créé un groupe WhatsApp»

Il fait partie des 23 arbitres professionnels français. Jérôme Miguelgorry est confiné à Hasparren, à une vingtaine de kilomètres de Bayonne. Depuis là-bas, il nous raconte son quotidien, entre préparation physique, entraînement vidéo, et statut financier.

« Pendant cette période de confinement, la problématique est la même pour joueurs et arbitres : comment se maintenir en forme ?
Déjà, chaque arbitre professionnel a un préparateur physique attitré à la Direction Technique de l'Arbitrage. Il nous envoie tout un panel d'exercices de régénération, de prévention de blessures, de renforcement et de capacité aérobie à faire. Mais ça ce sont déjà des choses qu'on fait au quotidien. Quand on connaîtra la date de reprise, il faudra qu'on repasse sur des choses athlétiques plus poussées, parce qu'on sait que quand ça va recommencer il n'y aura pas de répit et il faudra être directement prêt.
 
Les programmes physiques sont-ils individualisés ? 
On a des programmes communs. Après en fonction de nos demandes, il peut s'adapter à nous. Maintenant, on est tous professionnels, entre cinq ans et plus pour certains. On se connait, on a tous un panel d'exercices qu'il faut que l'on fasse. On a une trame le reste de la saison avec une composition de nos semaines idéales. Après on l'adapte en fonction de nos matches, puisqu'il y a des séances comme celles de veille de match qu'on ne peut pas faire.
 
La seule chose qui change, c'est l'entraînement en extérieur... 
Le problème du jogging, c'est qu'on est obligé de s'habituer en permanence aux consignes gouvernementales. Donc il y a beaucoup de choses qu'on ne peut plus faire et c'est normal, donc on s'adapte. Moi j'ai un vélo home trainer, et c'est ce que je fais principalement. Beaucoup de cardio pour éviter de faire des sorties qui ne sont pas autorisées et qui représentent une prise de risques.
«La semaine dernière, on a eu des préconisations de pesée quotidienne, des consignes d'hydratation,, mais pas de programme diététique particulier.»
En soi, le confinement ne change pas grand-chose pour vous ? 
Non, c'est le confinement en lui-même qui est particulier. Hormis les 14 semaines par an où on est en stage à Clairefontaine, le reste du temps on s'entraîne à domicile avec une trame de travail préparée par la DTA. Pour le reste, on a des outils de suivi avec une montre connectée qui transmet nos donnés quotidiennement au préparateur physique. Donc en somme, on a déjà une habitude de télétravail.
 
Avez-vous d'autres accessoires à disposition ? 
On a deux autres outils en plus de la montre connectée. Il y a un système de partage de vidéos avec la DTA. Il faut savoir que durant toute la saison on a des retours de nos prestations sous forme de découpage vidéo. Actuellement, par exemple, on revoit des séquences vidéo de la dernière journée avant l'interruption du Championnat. Avec des analyses de situation, histoire qu'on continue à garder une pertinence dans les analyses et à bosser, tout simplement. On a une deuxième plateforme accessible à tous les clubs pros qui s'appelle Wyscout. On peut voir tous les matches du monde entier. Si on est interpellé par une séquence vidéo, ou quand on regarde un match, on peut découper un passage et se le partager entre nous pour l'analyser. Ça reste un outil communautaire et de partage.
 
Êtes-vous également suivi au niveau de l'alimentation ? 
Pour l'alimentation c'est plus libre. Notre préparateur physique est en lien direct avec le Centre national du football de Clairefontaine et donc le centre médical. La semaine dernière, on a eu des préconisations de pesée quotidienne, des consignes d'hydratation,, mais pas de programme diététique particulier. Charge à nous de faire attention bien sûr.

«On a une indemnité de préparation»

Comment sont rémunérés les arbitres pendant cette période ? 
En tant qu'arbitre, on a un statut indépendant. On a un contrat de prestation signé avec la Fédération. On n'est pas salarié, donc on n'a pas droit au chômage partiel. Mais quand on se compare à d'autres professions, on n'a pas à se plaindre. On vit correctement, il n'y a pas de soucis. Ce serait indécent de se plaindre dans notre situation. Quand un indépendant ne travaille pas, il n'y a rien qui rentre dans les caisses, que ce soit nous ou des commerces. Mais il n'y a pas d'inquiétude. Quelque chose était prévu au cas où ce genre d'événement arrive. On a une indemnité de préparation qui nous permet de vivre plus que décemment. Et c'est pour ça que tous les jours on s'entraîne.
 
Est-ce qu'il existe un lien avec les autres arbitres ?
Avant cette interview, j'avais au téléphone Stéphane Lannoy, qui fait partie de la DTA. Il prend des nouvelles de nous et de notre famille une à deux fois par semaine. C'est vrai que c'est toujours agréable de recevoir un coup de fil. Ensuite avec les autres arbitres, on s'est créé un groupe WhatsApp, on n'a rien inventé, on fait comme tout le monde (rires). Chacun y fait part de ces difficultés, ou autre. C'est un moment d'échange pour qu'on se sente moins seuls. Même si on est tous en famille chez nous, c'est bien de garder un lien social avec nos collègues.»
Emile Gillet
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LucSky 3 avr. à 10:06

pendant ce temps, ils ne sifflent pas de pénalty pour Lyon...

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