(Alnasrclub.com/D.R)
TUR

Jirès Kembo Ekoko évoque son frère, Kylian Mbappé et Bursaspor : «La Turquie, c'est de la folie»

Parti de la France il y a déjà cinq ans et demi, Jirès Kembo Ekoko (30 ans) a signé à Bursaspor, en Turquie, l'été dernier. Pour FF, il revient sur ce choix, sur sa saison, et sur l'incroyable parcours de son demi-frère : un certain Kylian Mbappé.

«Jirès, vous avez quitté Al Nasr et les Émirats l'été dernier pour la Turquie et Bursaspor. Comment vivez-vous vos premiers mois avec vos nouvelles couleurs ?
C'est assez surprenant. C'est un Championnat que je ne connaissais pas du tout. Même chose pour le pays. On ne se rend pas compte à quel point c'est la folie ici pour le foot. C'est fou ! Je suis arrivé ici en ayant la chance d'avoir un staff français (NDLR : dirigé par Paul Le Guen), que je connaissais déjà. Cela a facilité mon intégration, même si, au début, j'ai eu un peu de mal puisque je suis arrivé après les autres (NDLR : il a signé le 22 août). Physiquement, j'étais en retard. J'ai donc pas mal travaillé pour réussir à me sentir bien et effectuer de très bons matches. Je voulais surtout reprendre du plaisir sur le terrain, c'était important.
 
Ça veut dire que vous aviez perdu ce plaisir...
Un petit peu au fur et à mesure du temps. Ça faisait cinq ans que je jouais dans des stades assez vides. C'était un choix, je m'y suis retrouvé sur autre chose : j'ai appris une autre culture, c'était un choix de vie. Donc j'ai pris du plaisir. Ça m'a également permis de grandir. Footballistiquement, j'ai pu aussi remporter un Championnat (en 2014) ; et peu importe où on est, gagner un titre est toujours spécial. Mais c'est vrai qu'au fil du temps, cela a commencé à devenir un peu long.
Partir était donc une priorité l'été dernier...
C'était dans ma tête depuis un bon moment déjà. De toute façon, en partant là-bas (aux Émirats), je savais que j'allais revenir un jour.

Lire : la fiche de Jirès Kembo Ekoko

Rennes et Nantes voulaient l'accueillir l'été dernier

Quelles sont les équipes qui vous ont approché durant le mercato d'été ?
Il y en a eu pas mal. Mais le discours de Paul Le Guen m'a énormément attiré. Il me voulait, et ça c'est important pour un joueur de savoir que c'est le coach qui le désire. Et comme j'avais un peu entendu parler de la Turquie, je n'ai pas hésité, cela s'est fait naturellement.
 
La France vous a-t-elle appelé ?
Il y a eu des rapprochements avec pas mal de clubs.
 
Peut-on savoir lesquels ?
Il y a eu le Stade Rennais et Nantes. Mais cela n'a pas abouti.
 
Lire : Kembo Ekoko, «je reviendrai en France»

Vous évoquiez l'importance de Paul Le Guen sur votre choix. L'aviez-vous déjà croisé par le passé à Rennes ?
On n'avait jamais travaillé ensemble, mais je l'avais déjà rencontré. En France, c'est un nom, un Monsieur. Il est beaucoup aimé ici, il est assez proche des joueurs, son discours passe vraiment très bien. Il a une façon de travailler qui me rappelle un peu mon passage à Rennes.
 
Sportivement, votre équipe est neuvième. Est-ce décevant ?
Ça pourrait être mieux. On avait bien commencé, avec un groupe qui a beaucoup de potentiel. Les blessures ne nous ont pas aidé par la suite, notamment sur la fin d'année. Sinon, on a pu effectuer de très bons matches. On a surtout perdu face aux plus grosses équipes du Championnat (NDLR : six défaites, dont cinq face aux cinq premiers). On est capable de jouer la cinquième place, c'est à notre portée.
«Rennes aura toujours une place dans mon coeur. Je m'y vois même peut-être y vivre plus tard»
En début d'interview, vous parliez de passion un peu folle en Turquie. Dites-nous en plus...
Complètement, c'est vraiment de la folie. Par exemple, les supporters ont créé une chanson pour moi, chose qui ne m'était jamais arrivée. C'est un sentiment assez spécial.
Et que dit cette chanson ?
Honnêtement, je connais les paroles, mais il ne vaut mieux pas dire ce qu'elles signifient (il sourit.), c'est assez vulgaire, mais ça reste sympa. À Istanbul, l'ambiance, c'est quelque chose d'énorme, mais Bursa (situé au nord-ouest du pays) est la quatrième ville de Turquie et il n'y a qu'une seule équipe. Et je le vois par exemple quand je vais faire mes courses, les gens sont à fond dans le foot et derrière Bursaspor.
 
De là à être souvent abordé dans la rue par les supporters ?
Un petit peu, mais ça reste toujours très sympa.
 
Même si vous avez quitté la France il y a un bon moment, êtes-vous encore un spectateur attentif de la Ligue 1 ?
Oui, je regarde toujours dès que j'ai le temps. Rennes a et aura toujours une place dans mon cœur. C'est une ville que j'apprécie énormément. Je m'y vois même peut-être y vivre plus tard.
 
Que pensez-vous du Stade Rennais ? Un club qui a beaucoup changé ces derniers temps et à qui beaucoup collent une étiquette de loser...
J'ai vu qu'il y a eu du changement, avec un nouveau directeur-général (Olivier Létang). En fait, c'est difficile de jouer à Rennes. On est tellement bien pour travailler dans cette ville et ce club qu'on ne ressent pas vraiment la pression. Et ce qui fait qu'on peut s'endormir assez rapidement...

«Je prends du plaisir à voir jouer mon petit frère et observer qu'il prend du plaisir»

Donc si on vous suit, les supporters rennais devraient mettre davantage la pression pour avoir des résultats...
Je n'irai pas jusque-là, mais c'est vrai qu'un peu plus de pression pourrait changer pas mal de choses. Mais comme je l'ai dit, avec Monsieur Létang, que je connais un peu et qui a fait du très bon travail auparavant, je suis sûr qu'il va réussir à faire changer cette mentalité.
 
Etiez-vous devant votre télévision dimanche soir pour Rennes-PSG (1-6) ?
Oui.
 
Vous avez dû être partagé entre votre ancienne équipe et la formation de Kylian Mbappé, votre demi-frère...
J'étais partagé. Je prends du plaisir à voir jouer mon petit frère et à observer qu'il prend du plaisir. Sur ce match notamment, on a pu constater qu'il était très bon. Mais d'un autre côté, ça m'embête aussi quand Rennes perd puisque je reste un supporter.

«Kylian ? Des supporters m'envoient des messages en me disant : "J'espère qu'il va venir jouer à Bursaspor"»

Du coup : plus Rennais ou Parisien ?
J'ai le droit à un joker sur cette question (il sourit.) ?
 
Parle-t-on de Kylian Mbappé en Turquie ?
Énormément. En arrivant en Turquie, j'ai vu déjà la folie que c'était. Tout le monde me pose des questions. J'ai même des supporters qui m'envoient des messages en me disant : "J'espère qu'il va venir jouer à Bursaspor." C'est assez marrant (il sourit.).
 
Quel est votre sentiment au sujet de son incroyable progression ?
Ce qu'il est en train de faire ne me surprend pas. Kylian, petit, je l'ai toujours vu avec quelque chose en plus. Maintenant, c'est vrai que je ne m'attendais pas à ce que ça aille aussi vite. Personne ne sait jusqu'où il peut aller. On s'appelle souvent, et on ne parle pas que du foot. Tant qu'il joue, il est heureux. Il ne change pas, et c'est aussi ça qui fait ça force.
«C'est vrai que je ne m'attendais pas à ce que ça aille aussi vite pour Kylian»
Et que peut apporter Jirès, le grand frère, dans la carrière de Kylian ?
Qu'il reste le même justement, qu'il garde cet état d'esprit : continuer à prendre son pied. Kylian, la seule chose qui peut le rendre malheureux, c'est de ne pas être sur le terrain. Tant que c'est le cas, il est heureux et épanoui. Et il nous donne du plaisir.»
Timothé Crépin 
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