(L'Equipe)
CM - Les 100 de FF

Johan Cruyff (Pays-Bas), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

25 mars - 14 juin : dans exactement 81 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Vingtième épisode avec Johan Cruyff.

Son histoire avec la Coupe du monde

Même s'il n'a disputé qu'une seule Coupe du monde, en 1974, l'empreinte laissée par la légende Johan Cruyff dans la plus prestigieuse des compétitions est éternelle. Durant cette édition allemande, "le Hollandais volant" a été le dépositaire du football total à la néerlandaise, un style de jeu où l'accent est mis sur l'attaque, la circulation de balle et la permutation des postes. Chef d'orchestre d'un collectif oranje extrêmement bien huilé (la plupart des joueurs évoluaient avec Cruyff à l'Ajax avant son départ pour le Barça), le célèbre numéro 14 et ses partenaires écœurent leurs adversaires lors des deux tours principaux et arrivent logiquement en finale. Mais le succès qui tendait les bras au natif d'Amsterdam n'arrivera finalement pas. Les Pays-Bas tombent face au pays organisateur, l'Allemagne de l'Ouest, et voient le sacre de l'autre légende du football mondial des années 70, le Kaiser, Franz Beckenbauer. Cet échec constitue le seul point noir dans le palmarès riche de Johan Cruyff, qui n'a donc rien gagné avec son pays. Il renonce au Mondial 1978, après avoir pourtant participé aux phases de qualification, et réussi à envoyer les Oranje en Argentine. Par opposition au régime militaire du général Videla ? Toute la planète y a cru un temps, avant que Cruyff n'apporte finalement la vraie raison de cette défection : une tentative d'enlèvement à son appartement de Barcelone, un an plus tôt. Qu'importe, le monde a pu observer la magie du joueur balle au pied, ses dribbles chaloupés et surtout sa célèbre feinte, le "Cruyff Turn", popularisée lors de cette édition allemande.

Le moment marquant

Différentes actions de Johan Cruyff ont marqué ce Mondial 1974 : son fameux dribble sur le défenseur suédois Jan Olsson, ou son but qui a éliminé le champion du monde en titre brésilien lors du second tour. Mais un choix judicieux se positionnerait sur son action folle dès la première minute de jeu en finale contre l'Allemagne, qui amène l'ouverture du score de son équipe. Dès le coup d'envoi, les Néerlandais monopolisent le ballon et Cruyff commence à slalomer au sein de la défense allemande. Il se défait de Berti Vogts mais est ensuite fauché par Uli Hoeness aux abords de la surface de réparation. L'arbitre anglais, M. Taylor, désigne tout de même le point de penalty. Johan Neeskens transforme (2e). Cette action symbolise à elle seule toute la classe du Néerlandais : démarrage dans le rond central, accélération, temporisation, dribble et élimination de l'adversaire. Un effort inutile, puisque les Pays-bas vont ensuite déjouer et perdre cette finale, suite à l'égalisation sur penalty de Paul Breitner (26e), suivie du tir en pivot de Gerd Müller (44e), fatal aux Oranje.

Le chiffre : 9

Soit le nombre de buts sur lesquels Johan Cruyff est impliqué, en sept matches de Coupe du monde (3 buts, 4 passes décisives, 2 penalties provoqués). La défaite en finale face aux Allemands d'Helmut Schön ne va pas l'empêcher de devenir le premier joueur de l'histoire à remporter un troisième Ballon d'Or consécutif en fin de saison.

L'archive de FF

Quelques jours avant la finale face à la RFA le 7 juillet 1974, FF pointait le leadership mais aussi la suffisance de Cruyff en dehors des terrains : «Si le véritable adjoint de Michels était en fait Cruyff lui-même en raison de sa forte personnalité et de son emprise sur le terrain, le capitaine des Pays-Bas était également un joueur qui aimait bien se détendre. Pas question, donc, d'instaurer en dehors du terrain une discipline qu'il ne s'appliquait pas toujours à lui-même... Ainsi, dans son édition du 2 juillet 1974, cinq jours avant la finale, le quotidien allemand Bild raconte comment les Néerlandais ont fêté leur victoire sur la RDA dans un article intitulé : "Cruyff, champagne, filles nues et plouf dans la piscine". A l'intérieur, tous les détails sur la folle soirée des vedettes hollandaises dans leur hôtel d'Hiltrup. [...] Cruyff, lui s'est isolé dans un coin sombre avec une jolie rousse. Il flirte du regard. Soudain, un flash. Joachim Krautkämer, le fils du propriétaire, s'amuse à prendre des photos. Cruyff en vient presque aux mains avec lui. Puis tout le monde se réconcilie autour d'une coupe de champagne. Cruyff finit la nuit avec trois femmes à croquer. La légende raconte que cette nuit a joué sur les performances du Hollandais volant le jour J, qui le paiera cher...».
Joffrey Pointlane

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