Jordan Ikoko va découvrir la Bulgarie. (F.Porcu/L'Équipe)
BUL

Jordan Ikoko, transféré à Ludogorets : « Je n'ai pas le sentiment d'aller m'enterrer »

Jordan Ikoko, l'ex-latéral guingampais transféré la semaine dernière à Ludogorets, revient sur son choix d'opter pour le club bulgare. Et dresse un bilan de son passage breton, en n'épargnant pas Jocelyn Gourvennec.

Comprenez-vous qu'on puisse être surpris de votre choix d'opter pour Ludogorets ?
(Sourires)
Qui est surpris ?
Le grand public.
Je peux comprendre, oui et non. Dans le foot, il faut faire des choix. Le projet présenté m'a plu. Ils étaient déjà venus cet hiver, et j'avais repoussé la proposition parce que je voulais me concentrer totalement sur le maintien de Guingamp. J'ai eu une discussion avec les dirigeants de Ludogorets et j'ai vraiment senti un club qui avait envie de me recruter. Le projet sportif est intéressant. C'est un club qui dispute la Ligue des champions (Ludogorets était dans le groupe du PSG en 2016, et avait fait match nul 2-2 au Parc) ou la Ligue Europa tous les ans depuis cinq ans.
Jordan Ikoko signe à Ludogorets, en Bulgarie
Dans votre esprit, il n'y a donc pas un risque d'isolement ?
Pas du tout. En termes de niveau global, c'est sans doute moins bon que la L1. Mais c'est un club qui est huit fois champion d'affilée. Ils ont des objectifs très élevés. C'est le PSG de Bulgarie, en quelque sorte. Je veux progresser là-bas. À Guingamp, ce n'était pas forcément évident, compte tenu de nos objectifs, de se développer offensivement. Là, on va être attendu tous les week-ends, ça peut me permettre de me développer.
La Bulgarie, ça peut être perçu comme un tremplin pour un joueur de 24 ans ?
Je me suis posé cette question. Parce que forcément, ce n'est pas connu. Mais en prenant du recul et en me renseignant, il y a des joueurs qui sortent de là-bas. Je n'ai pas le sentiment d'aller m'enterrer là-bas. Je ne regrette pas mon choix.
Quelles sont vos premières impressions de ce club ?
Elles sont très bonnes. On est partis rapidement en stage (en Autriche). La manière dont on est géré, en termes d'infrastructures, de staffs, c'est comme un bon club de L1. Les gens ne connaissent pas mais c'est bien structuré ici.
« Avec tout le respect que j'ai pour (Gourvennec), je n'aurais pas pu continuer à travailler avec lui »
Vous sortez d'une saison difficile. Quel bilan en faites-vous ?
On a tous mal vécu cette saison. Les dirigeants, les joueurs, le coach Kombouaré. Que je tiens à remercier pour ce qu'il a fait pour moi. La deuxième partie de saison, je n'ai pas joué. Le coach (Gourvennec) a fait ses choix. Je les ai respectés. J'ai pas eu d'explications de sa part. Juste à la fin, et j'ai pas trop compris le timing. On m'a dit qu'on n'avait rien à me reprocher aux entraînements.
J'ai joué les cinq derniers matches mais j'étais déçu, car je voulais aider le club et mes amis. Je suis un peu déçu de la manière dont on m'a traité. Je n'en veux à personne, mais je l'ai mal vécu. Heureusement qu'il y avait Guessouma (Fofana), un grand ami, pour me soutenir.
Vous ne vous imaginiez donc pas rester à Guingamp dans ce contexte ?
La deuxième partie de saison, j'ai été mis de côté. C'est difficile de rester. Avec tout le respect que j'ai pour lui, je n'aurais pas pu continuer à travailler avec lui (Jocelyn Gourvennec, il est parti depuis et a été remplacé par Patrice Lair). Je préfère que les gens soient francs.
Quand le coach Kombouaré faisait ses choix, il me faisait venir dans le bureau, et il disait « T'es pas bon en ce moment, tu joueras pas ». Là, on ne savait pas pourquoi on ne jouait plus. Je vous donne un exemple : la finale de la Coupe de la Ligue. Trois ou quatre joueurs étaient hors groupe. Ne pas jouer, je le comprends mais qu'on ne soit pas convoqués, je l'ai très mal vécu. Ça m'a blessé. Avec mes coéquipiers, on était très déçus de ne pas être intégrés.
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