(L'Equipe)

Jorge Valdano (Argentine), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

6 juin -14 juin : dans exactement 8 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Quatre-vingt-treizième épisode avec Jorge Valdano.

Son histoire avec la Coupe du monde

S’il ne compte que 23 sélections - pour 7 buts - avec l’équipe d’Argentine, Jorge Valdano a bien sa place au panthéon du football albiceleste. Des deux Coupes du monde qu’il a disputées, en 1982 et 1986, seule l’édition mexicaine fut une véritable satisfaction pour l’attaquant du Real Madrid. Et bien plus, puisqu’il a soulevé le 29 juin 1986, à l’Estadio Azteca de Mexico, la deuxième Coupe du monde des Ciel et Blanc, huit ans après le premier sacre intervenu à domicile. Avec son compatriote Diego Maradona comme point d’appui, Jorge Valdano a inscrit quatre buts lors de cette douzième édition du Mondial. Un doublé d’entrée face à la Corée du Sud et une réalisation contre la Bulgarie ont d’abord guidé la formation de Carlos Bilardo en phase de poule, avant un dernier but ô combien important en finale contre la RFA dirigée par le Kaiser, Franz Beckenbauer. S’il n’a pas vraiment pesé lors de la phase à élimination directe, l’Argentine s’en remettant grandement au talent du "Pibe de Oro", le Merengue s’est réveillé au bon moment pour placer son pays sur le toit du monde. Une revanche sur la plus prestigieuse des compétitions et pour lui-même puisques sélectionné pour le Mundial 82 en Espagne, il s'était blessé au cours du deuxième match contre les Hongrois, et avait dû déclarer forfait pour le reste de la compétition. Une courte carrière internationale, mais des plus efficaces pour le futur directeur sportif du Real Madrid (2000-2006 puis 2009-2011).

Le moment marquant

La tension est à son maximum en ce 29 juin 1986, juste avant le début de la finale entre l’Argentine de Diego Maradona et l’Allemagne de Lothar Matthäus. Sous la terrible chaleur de Mexico, c’est bien l’Albiceleste qui va réussir à prendre le dessus sur la Nationalmannschaft. Menant 1-0 après un but de José Luis Brown inscrit en première période (23e), les Argentins vont doubler la mise grâce à leur avant-centre, suite à un magnifique décalage de son coéquipier Hector Henrique. Seul face au but d’Harald Schumacher, légèrement excentré côté gauche, le Madrilène ajuste parfaitement le portier allemand d’un plat du pied droit imparable (56e). Revenus pourtant au score en l’espace de sept minutes dans le dernier quart d’heure - par Rummenigge (74e) puis Völler (81e) - les Allemands vont finalement céder trois minutes plus tard sur un but décisif du Nantais Jorge Burruchaga (84e).

Le chiffre : 4

L’avant-centre du Real Madrid a inscrit quatre de ses sept buts en sélection au cours de cette Coupe du monde aztèque. Il termine second meilleur buteur argentin du Mondial 86, derrière les cinq unités de la légende Diego Maradona.

L'archive de FF

Quelques années après le sacre argentin à la Coupe du monde au Mexique, l’Argentin avait confié à FF ses souvenirs et son fameux but inscrit en finale contre la RFA : «Je me souviens que j’étais redescendu dans notre surface pour surveiller Briegel, le défenseur allemand avec lequel nous nous livrions une lutte acharnée ce jour-là. Pumpido a récupéré le ballon et me l’a passé. J’ai effacé un joueur allemand, mais je me suis fait faucher par un autre joueur. Malheureusement pour eux, le ballon a atterri dans les pieds de Maradona. Je suis alors parti en diagonale pendant que Maradona glissait le ballon au «Negro» Hector Enrique, qui m’a idéalement servi. Je n’ai pas eu besoin de changer ma course. Lorsque je suis arrivé à l’entrée de la surface, j’ai ouvert mon pied et j’ai placé doucement le ballon au second poteau. Je n’ai jamais ressenti pareille sensation ! Les meilleurs souvenirs et les grands moments ne vous quittent jamais. Mais à 2-0, je me souviens d’avoir jeté un œil vers les tribunes et de m’être dit : "On est champions du monde". Bien entendu j’oubliais un détail : on jouait contre l’Allemagne. Et l’Allemagne n’abandonne jamais. Les Allemands ont inscrit deux buts assez similaires, sur corner. Ils étaient désormais à égalité. C’est ça, l’Allemagne. Néanmoins, nous avons continué à jouer sans paniquer et à cinq minutes de la fin, Burruchaga a inscrit le but de la victoire. Les derniers instants d’angoisse avant le coup de sifflet final ont finalement été assez courts».

Joffrey Pointlane