J-99 : Andrade (Uruguay) (L'Equipe)
CM - Les 100 de FF

José Andrade (Uruguay), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

7 mars - 14 juin : dans exactement 99 jours débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Deuxième épisode avec José Andrade.

Son histoire avec la Coupe du monde

Il a véritablement été la première star noire que la planète foot ait connue dans une époque toute autre que la nôtre. Nous sommes dans les années 20. Et cette décennie va être celle de José Leandro Andrade. Surnommé "La merveille noire", l'Uruguayen, né dans la même ville que Suarez et Cavani, fils d'esclave, fait chavirer l'Europe avec son équipe si talentueuse en 1924 et 1928. Avec deux médailles d'or lors du tournoi de football des Jeux Olympiques de Paris et d'Amsterdam. Andrade et l'Uruguay accueillent ensuite la première Coupe du monde de l'histoire en 1930. La Celeste monte en puissance dans la compétition et se débarrasse successivement du Pérou (1-0), de la Roumanie (4-0), avant de passer la seconde en demi-finale face à la Yougoslavie (6-1) puis en finale devant l'Argentine (4-2). Les Scarone, Petrone, Cea ou Romano illuminent ce premier Mondial. Avec bien sûr Andrade, et son élégance si remarquable à l'époque, en tête. La fin de sa vie sera bien plus obscure. On raconte en effet qu'Andrade était malade (atteint d'une syphilis) et était tombé dans l'alcool. Quelques années plus tard, un journaliste allemand répondant au nom de Fritz Hack était allé à la rencontre d'Andrade en Uruguay. Il expliquait : «Ce que j'ai trouvé était affreux. Il était borgne et profondément alcoolique. Il pouvait à peine comprendre mes questions.» Andrade s'éteint en 1957, loin de la gloire de la Coupe du monde 1930.

Le moment marquant

Nous sommes à la mi-temps de la première finale de l'histoire du Mondial. Une finale au sommet entre Uruguay et Argentine, deux pays dominants du ballon rond. Les coéquipiers d'Andrade sont menés (2-1). Ce dernier, en plein trac, passe à côté de sa première période. A la pause, son trac se transforme en crise de nerfs. Il se roule par terre de rage et crie : «Nous n'avons pas le droit de perdre. Ce ne ne sont que des Argentins et nous sommes des Uruguayens !» De 1-2, l'Uruguay passait à 4-2 et remportait le trophée.

Le chiffre : 0

Comme son nombre de buts lors de cette exceptionnelle Coupe du monde 1930. Oui, José Andrade était loin de jouer les premiers rôles dans la surface de vérité. Davantage au coeur du milieu de terrain, l'Uruguayen régalait plutôt ses coéquipiers, comme Cea, cinq buts pendant la compétition, ou Anselmo, trois réalisations.

L'archive de FF

En 1994, France Football écrivait : «Andrade avait été la révélation, puis la star d'un onze uruguayen deux fois médaillé d'or. Seul Noir de la sélection nationale d'un pays d'immigration exclusivement blanche, il fallait qu'il fût sacrement fort pour s'imposer à tous. Il l'était, son flamboyant talent l'ayant déjà conduit de l'un à l'autre des cinq principaux clubs — Bella Vista, Nacional, Penarol, Atlanta, Wanderers — de Montevideo, au gré des surenchères. Sa grande taille, sa souplesse, son adresse, sa vitesse de dribble et, rarissime atout en cette période des balbutiements tactiques, une vision et un sens du jeu prophétiques le plaçaient hors normes. Dangereux attaquant ou impeccable défenseur selon les circonstances, Andrade fut, plus encore que les buteurs Stabile et Cea, la figure de ce Mundial 1930.»
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