22 December 2019 London - Premier League Football - Tottenham Hotspur v Chelsea - an after match handshake between Christian Eriksen of Tottenham and Tottenham manager Jose Mourinho. (photo by Mark Leech) (Mark Leech/OFFSIDE/PRESSE SPOR/PRESSE SPORTS)
Ang - 20e journée

José Mourinho et Tottenham : des victoires sans saveur

Arrivé à la fin du mois de novembre, José Mourinho possède un bilan positif à la tête des Spurs : six victoires et trois défaites. Mais le jeu de Tottenham n'est toujours pas flamboyant et l'équipe rencontre des difficultés en défense.

L'arrivée de José Mourinho aura au moins permis aux Spurs de retrouver une certaine stabilité. Car jusque-là, les Londoniens restaient sur cinq matches sans victoire en Premier League. Et surtout, ils occupaient une pale 14e place au classement, derrière Arsenal et Manchester United, déjà à la traine. Aujourd'hui, sur le plan comptable, c'est un tout autre visage qu'affichent les coéquipiers d'Harry Kane. Depuis que le «Special One» est sur le banc, l'équipe a en effet un bilan plutôt positif. Tottenham pointe à la cinquième place après avoir remporté cinq victoires sur les neufs derniers matches sous Mourinho. Un bilan auquel il faut toutefois apporter une nuance, car l'entraîneur portugais a, sur la période, subit deux défaites contre deux de ses anciens clubs : à Manchester United (2-1) et contre Chelsea (0-2). Et si les «Lilywhites» se sont facilement qualifiés pour les huitièmes de finale en Ligue des champions, tout n'est pas parfait. Les victoires de Tottenham, que ce soit avec Mauricio Pochettino ou le Portugais, sont souvent à l'arrachée. Celles-ci révèlent d'ailleurs une mauvaise statistique : les Spurs ont concédé quinze buts sous Mourinho. Pire, c'est le plus grand nombre de buts encaissés par une équipe de Premier League depuis qu'il a pris les commandes.

Un jeu brouillon et poussif

Il a donc fallu faire un choix. Pour régler ces problèmes défensifs, l'entraîneur a indiqué, en conférence de presse après le revers face aux Blues, qu'il allait devoir retirer quelques forces de l'équipe. Un choix difficile tant l'attaque des Spurs se montre efficace et réaliste depuis que le Portugais a pris les commandes de l'équipe (16 buts marqués). «Il y a néanmoins quelques vrais problèmes, explique Jack Pitt-Brooke, journaliste pour The Athletic. L'équipe est assez fatiguée. Ce sont les mêmes joueurs depuis environ 2015. Certains d'entre eux voulaient partir. Harry Kane n'est pas à son meilleur niveau. Christian Eriksen devrait partir et Dele Alli est inconstant.» Quant à la nomination de Mourinho, le journaliste britannique émet quelques doutes : «Le club pensait qu'il résoudrait tous les problèmes en changeant l'entraîneur. Mais je ne sais pas si cela suffira. Les meilleurs moments de Mourinho ont eu lieu il y a 10 ans ou plus... Avec une génération de joueurs différente. Et au regard de l'évolution du jeu, je pense que son style est légèrement démodé.»
Les Spurs jouent désormais de manière ennuyeuse et lente : l'effet Mourinho.
Le coach portugais ne pourra pas toujours compter sur ses individualités. La rencontre face à Brighton l'a d'ailleurs bien illustré. Car sans un but somptueux de Dele Alli, les Spurs ne seraient probablement pas parvenus à arracher une précieuse victoire tant ils ont été laborieux dans le jeu. «Le football de Mauricio Pochettino était beaucoup plus ambitieux que celui de José Mourinho, qui n'est pas vraiment excitant à regarder. Il n'y a pas de qualité dans le milieu de terrain. Mourinho préfère Eric Dier et Moussa Sissoko à des joueurs comme Harry Winks, Tanguy Ndombele, Lo Celso ou Christian Eriksen...» explique Pitt-Brooke.

Un mercato décisif

Le mercato semble donc arriver au bon moment. Tottenham doit chercher à se renforcer au plus vite, surtout dans le secteur défensif, qui manque cruellement de confiance et de solidité. Tout en sachant que Tanguy Ndombele, acheté pour 60M€ (+10 de bonus) à Lyon cet été, n'a, pour le moment, pas le rendement escompté (2 buts et 2 passes décisives en 22 matches). Problème : les Spurs ne semblent pas posséder une enveloppe importante pour le mercato. «Si le club vend Christian Eriksen, ils auront de l'argent. Actuellement ils recherchent un milieu de terrain, un ailier et un arrière droit, car Serge Aurier est un autre problème, lance Pitt-Brook. Le nom de Bruno Fernandes du Sporting CP a circulé, mais la somme de 70 millions d'euros semble être trop élevée.» Pour espérer réintégrer le top 4, les Londoniens devront toutefois certainement se résoudre à passer à la caisse. Cet été, il sera peut-être trop tard. - Q. G.
Réagissez à cet article
500 caractères max
ADS :