(L'Equipe)

Josef Masopust (Tchécoslovaquie), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

25 avril - 14 juin : dans exactement 50 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Cinquante et unième épisode avec Josef Masopust.

Son histoire avec la Coupe du monde

Pour Josef Masopust, la première participation à une Coupe du monde n’était pas la bonne. Le milieu de terrain ne comptait qu’une poignée de sélections au moment de débuter l’aventure mondialiste avec la Tchécoslovaquie en Suède, en 1958. Il n’avait pas forcément marqué les esprits puisque son équipe n’était pas sortie de la phase de groupes, terminant derrière l’Allemagne de l’Ouest et l’Irlande du Nord. Il avait pu se consoler avec une victoire remarquable contre l’Argentine (6-1), insuffisante pour aller plus loin dans la compétition. Masopust doit vraiment sa popularité au Mondial 1962. Au Chili, la Tchécoslovaquie réalise un parcours remarquable malgré un jeu jugé parfois trop défensif. Il était pourtant difficile d’imaginer la voir arriver en finale après n’avoir gagné qu’une rencontre (1-0 contre l’Espagne) en phase de groupes. Mais elle pouvait s’appuyer sur le "Chevalier du football" - le surnom donné à Masopust pour son fair-play sur le terrain -, un meneur de jeu élégant, important dans la construction mais également un travailleur de l’ombre. Masopust était ce joueur capable de faire le lien entre la défense et l’attaque par des passes millimétrées et un sens du placement très développé. Après avoir éliminé la Hongrie (1-0) et la Yougoslavie (3-1), la Tchécoslovaquie retrouve le Brésil - qu’elle avait tenu en échec en poules (0-0) - en finale. Privée de Pelé, la Seleçao parvient quand même à renverser la situation pour s’imposer (3-1) après le but de Masopust (voir ci-dessous). Les Tchécoslovaques sortent avec les honneurs et Masopust est le premier joueur de l’Est à recevoir le Ballon d’Or France Football la même année. En décembre 2000, il est élu meilleur joueur tchèque du 20e siècle et à l’occasion du 50e anniversaire du Mondial 1962, une statue à son effigie est dévoilée devant le stade du Dukla Prague en 2012. Rien que ça.

Le moment marquant

Ce 17 juin 1962, la Tchécoslovaquie est opposée au Brésil, tenant du titre, à Santiago du Chili, pour la finale de la Coupe du monde. Les Brésiliens doivent composer sans Pelé, blessé, et Garrincha est lui diminué à cause d’une grippe. Masopust est celui qui va permettre à son équipe de croire en l’exploit en ouvrant le score. Tomas Pospichal voit l’appel de balle de son coéquipier dans le dos de la défense brésilienne et le sert idéalement dans la surface, Masopust se charge alors d’ajuster Gilmar (1-0, 15e). Mais très rapidement, le Brésil égalise par Amarildo (1-1, 17e). La partie est alors très équilibrée et d’un très bon niveau technique, la Tchécoslovaquie parvient même à faire douter la Seleçao. Cette dernière prend finalement le dessus en l’espace de dix minutes grâce à des buts de Zito (69e) et Vava (78e) pour s’imposer (3-1) et remporter le trophée pour la deuxième fois consécutive, sous les yeux de Masopust et les siens, passés tout près d’un moment historique.

Le chiffre : 0

Masopust n’a pas manqué une seule minute des matches disputés par la Tchécoslovaquie lors des Mondiaux 1958 et 1962. Le milieu de terrain a participé à l’intégralité des dix rencontres, sans jamais céder sa place en cours de partie ou être laissé au repos en vue d’être préservé pour la suite de la compétition.

L'archive de FF

Dans un guide spécial à l’occasion des 50 ans du Ballon d’Or France Football, publié le 4 novembre 2005, FF revenait sur ces joueurs mythiques dont faisait partie Josef Masopust. Evidemment, il était impossible de ne pas évoquer la Coupe du monde 1962 et la finale perdue par la Tchécoslovaquie. «Cette finale perdue devant le Brésil, à Santiago du Chili, c’est évidemment le grand regret de sa vie : "Nous pouvions gagner ce match, raconte Masopust. Nous étions les seuls à ne pas avoir encaissé de but contre le Brésil au premier tour (0-0). Nous avons même mené 1-0 en finale, mais Amarildo a égalisé deux minutes après que nous avions pris l’avantage. Puis Zito a inscrit un but entaché d’une faute de main de Djalma Santos, mais l’arbitre, un Soviétique, l’a tout de même accordé. Un peu plus tard, M. Latichev nous a refusé un penalty flagrant et nous avons perdu 3-1. Avec un autre arbitre, le résultat n’aurait pas été le même ! D’ailleurs, au moment de retourner en Europe, M. Latichev a préféré ne pas prendre le même avion que nous, dans lequel il était pourtant enregistré…"»

Clément Gavard