thibaud (julie) (R.Perrocheau/L'Equipe)
Bleues

Julie Thibaud (équipe de France féminine) : «Être appelée, c'est une récompense»

Convoquée pour la première fois chez les Bleues à l'occasion des deux matches éliminatoires pour l'Euro 2022 en Serbie vendredi puis en Macédoine du Nord mardi, la défenseuse axiale de Bordeaux s'est livrée pour FF.fr dès son arrivée à Clairefontaine. Rencontre avec une joueuse qui progresse dans la hiérarchie.

«Julie, quelles sont vos premières impressions en bleue ?
Intégrer le château était une première étape assez impressionnante ! On est venue parfois là-bas avec les sélections de jeunes, mais sans entrer au château. On profite du moment pour cette première convocation.
 
Premiers échanges aussi avec l'encadrement technique et Corinne Diacre...
Comme toutes les joueuses, la coach te salue et t'adresse quelques mots. On a parlé du voyage, du match disputé le week-end dernier (0-0 contre le PSG). Le premier contact a été très cordial.
 
Vous attendiez-vous à cette éventualité ?
Concernant ma convocation, je m'y attendais, oui et non, vues les blessures. Disons que j'espérais. Je ne l'ai appris qu'avec l'annonce de la liste, le jour même.

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Cette arrivée parmi les Bleues se déroule dans un contexte sanitaire pas simple. Comment cela se passe-t-il justement ?
Aux Girondins déjà, on a eu beaucoup de tests. La Covid-19 est très actif sur Bordeaux, donc le respect des gestes barrière est primordial. Ici, on porte le masque tout au long du rassemblement. Il est important en tant qu'athlète de faire attention à notre environnement.
 
Sur le plan sportif, votre arrivée et celle de votre coéquipière Estelle Cascarino coïncident avec des absences sur blessures dans l'axe de la défense (Tounkara, Renard, Mbock), et deux matches éliminatoires d'Euro 2022...
Les blessures font partie du sport, malheureusement cela touche nos axiales qui sont présentes d'ordinaire. Mais c'est aussi une bonne opportunité pour moi, cela récompense le travail fourni en club. Et on est tout de suite dans le bain avec ces deux matches de compétition. Ce n'est pas plus mal parce que cela nous indique le niveau international à atteindre.

On vous sent sereine et détendue, d'autant que vous êtes cinq Bordelaises dans ce groupe (Estelle Cascarino, Ouleymata Sarr, Charlotte Bilbault et Eve Périsset)...
C'est important d'avoir des soutiens quand il s'agit de la première convocation. Notamment Charlotte (Bilbault) qui connaît bien la sélection et m'a donné quelques conseils et m'a fait visiter le château. Ça permet de se sentir bien dans un groupe. Je connais aussi certaines joueuses qui sont habituellement des adversaires, d'autres parce que j'ai joué la Coupe du Monde U20 avec elles.
 
Revenons sur la présence des cinq Bordelaises dans le groupe. Est-ce le signe que votre club est très compétitif depuis la saison passée ?
Le projet des Girondins depuis cinq ans et la montée en D1 est très intéressant. La saison passée, on finit troisièmes et demi-finalistes de la Coupe. Aujourd'hui, l'objectif est de répéter la même saison et pourquoi pas, de titiller l'OL et le PSG sur un match. Rivaliser sur une saison paraît plus compliqué.
Julie Thibaud lors du Mondial U20 organisé en France à l'été 2018. (V.Michel/L'Equipe)
Julie Thibaud lors du Mondial U20 organisé en France à l'été 2018. (V.Michel/L'Equipe)
Vous avez connu les équipes de France de jeunes, et même les U23. C'est donc une progression logique dans votre carrière ?
Quand on commence avec les jeunes, l'objectif est d'aller le plus haut possible. En jeunes, ça s'est terminé par une belle Coupe du monde U20 en France. Ensuite, il fallait prouver en club. J'ai été appelée en B puis en U23. C'étaient des paliers à franchir avant de rejoindre les A. Aujourd'hui, cette opportunité s'offre à moi et il faut la saisir.
 
La finalité de ces éliminatoires, c'est l'Euro en Angleterre, repoussé en 2022. Pour vous, dès le moment où vous êtes en A, y participer doit être un autre objectif, non ?
Bien sûr. La première étape, c'était d'intégrer le groupe. La deuxième, c'est de prouver qu'on peut y rester, et c'est souvent la plus dure. Pour ça, il faut continuer à travailler en club, où l'on est bien entourées pour progresser. Après, ce sera de faire partir de cette équipe pour y vivre une grande compétition.

Vous n'êtes pas la seule petite nouvelle puisque la sélectionneuse a fait appel à Romane Munich (gardienne) et Melvine Malard (attaquante)...
Je connais bien Melvine puisqu'on a disputé la dernière CDM U20 ensemble. Mais je connais bien aussi Romane puisqu'on a évolué toutes les deux à Soyaux. Pour elles également, c'est une belle opportunité d'être là, afin de progresser.

Vous êtes sur une belle série de matches, entre le match du PSG, les deux matches en bleue et l'OL lors de la prochaine journée de D1...
C'est sûr qu'on a une rentrée assez chargée ! C'est ça aussi le sport de haut niveau, ce pourquoi on aime ce métier.

L'absence de certaines cadres vous met-elle une forme de pression ?
Déjà, je pense que Griedge et Wendie sont deux des meilleures défenseuses du monde, et on a envie de les côtoyer très vite. Leurs blessures peuvent être un frein pour l'équipe et la progression à l'entraînement. Mais cela ne me met pas de pression.

Pourquoi ?
Au contraire, c'est quelque chose de positif car cela me donne la chance de montrer ce que je vaux, et d'aider l'équipe à gagner. En leurs absences, il faut faire avec.
 
Le fait que ces deux matches, contre la Serbie puis la Macédoine du Nord, se disputent à l'extérieur vous frustre-t-il ?
Quand on est là pour une première sélection, peu importe l'endroit ! C'est sûr que de l'honorer devant sa famille et ses proches aurait eu une autre saveur. Mais les Bleues sont bien médiatisées, et nos matches diffusés ».

Frank Simon 
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