(L'Equipe)

Just Fontaine (France), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

31 mars - 14 juin : dans exactement 75 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Vingt-sixième épisode avec Just Fontaine.

Son histoire avec la Coupe du monde

C'est en Suède, pays hôte en 1958, que l'international français a écrit une des plus belles pages de l'histoire de la Coupe du monde. Lors de son seul Mondial disputé, qui plus est. Aux côtés de Raymond Kopa, lors d'une édition où la France a inscrit un total de vingt-trois buts en l'espace de six rencontres, Fontaine aura longtemps porté les Bleus dans la compétition. Après avoir disposé de l'Ecosse (2-1) et après avoir écrasé le Paraguay (7-3) durant la phase de groupes, l'équipe de France a dominé l'Irlande du Nord (4-0) grâce à deux nouveaux buts de son attaquant, s'offrant son ticket pour aller défier le Brésil de Pelé - dix-huit ans à peine à l'époque - et Zito en demi-finale. Malheureusement pour le numéro 17 et les Bleus, l'aventure s'est arrêtée net à ce stade de la compétition, Abbes et sa défense pliant à cinq reprises sous les coups de boutoir brésiliens (5-2). La France terminera tout de même troisième de la compétition, après une victoire fleuve sur la RFA (6-3) en guise de consolation. Le natif de Marrakech en avait alors fini de son incroyable série, treize buts inscrits au total. Un record d'autant plus légendaire (voir ci-dessous : le chiffre) que Fontaine n'était pas vraiment destiné à jouer le Mondial suédois en tant que titulaire, l'intéressé profitant de la blessure de René Bliard pour gagner sa place.

Le moment marquant

Quoi de mieux pour un buteur que de terminer un tournoi en étant au sommet de son art ? Pour l'attaquant tricolore, c'est exactement ce qu'il s'est passé, puisqu'il a terminé son Mondial avec un quadruplé face à la RFA (6-3). Il a d'abord idéalement lancé les siens (16e), avant de montrer ses qualités de pivot sur son deuxième but (36e), puis de contre-attaquant sur ses deux dernières réalisations (78e et 89e). Deux frappes croisées où le Français a démontré tout son sang-froid face aux cages. Le dernier, mais également le match le plus abouti du Rémois en Coupe du monde, donc.

Le chiffre : 13

Tout le monde connaît Just Fontaine au moins grâce à son incroyable nombre de buts inscrits lors de la seule Coupe du monde 1958. Ce qui constitue d'ailleurs toujours un record à l'heure actuelle. Au terme des six matches qu'il a disputés, le Français a ainsi scoré à treize reprises (2,2 buts par rencontre).

L'archive de FF

Quelques jours après que le Brésil a remporté son tout premier titre mondial, FF est revenu sur l'édition 1958 du Mondial avec ses «grandes figures de la Coupe Jules Rimet», où figurait forcément l'international. En voici quelques extraits : «Par un paradoxe étrange, les deux grands avants-centre du Championnat du Monde 1958 ont été des avants-centre de fait et non de droit puisque Fontaine et Pelé étaient respectivement intérieur droit et intérieur gauche. (...) Fontaine n'est pas loin d'avoir atteint le sommet de sa carrière. Aussi est-il venu le temps de fixer sa personnalité. Le Championnat du Monde 58 n'a pas révélé Fontaine. Il l'a confirmé ou, plus exactement, affirmé. Kopa, tenant le rôle du catalyseur, permit à Fontaine de se hisser du niveau national sur le plan international. (...) Sa rapidité de course vient de ce que Fontaine démarre à l'instant propice et bénéficie de l'effet de surprise sur l'adversaire. Il est plutôt un homme de fond que de vitesse et c'est pourquoi il a l'habitude de marquer des buts aussi bien à la fin du match que durant la première minute. (...) Il opéra en démarquages constants, avec une clairvoyance infatigable et il eut le sens de la durée, de la permanence, malgré le dépit qu'il exprima parfois, sous forme des gestes, de ne pas être utilisé au moment propice, ou d'avoir échoué personnellement dans sa tentative. Il maintint sur le qui-vive tous les défenseurs et aucun d'entre eux ne réussit jamais à prendre sa mesure. Son moral est celui d'un lutteur et d'un gagneur. Sa soif de buts demeure inextinguible, même quand la dernière minute du match se déroule.»

Hugo Girardot