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Championnat de Pologne

Kapo a «retrouvé l'envie» en Pologne

A 34 ans, Olivier Kapo a quitté les strass et les paillettes de sa carrière passée pour «s'éclater» en Ekstraklasa, la première division polonaise. Un Championnat méconnu en France mais que l'ancien Auxerrois «conseille à tout le monde».

On l'avait quitté sur une expérience «galère» en Grèce, qu'il avait fini par fuir en août dernier après avoir résilié son contrat. On l'a retrouvé «heureux» en Pologne il y a quelques jours de cela. A 34 ans et des poussières, Olivier Kapo revit depuis qu'il a rejoint le Korona Kielce, «un petit club familial et sain» à mi-chemin entre Cracovie et Varsovie, les deux plus grandes villes du pays. «Je prends beaucoup plus de plaisir ici qu'en Grèce. L'expérience là-bas m'a tué, m'a épuisé. Ici, on est respectés.» S'il ne souhaite pas s'attarder sur son année à Levadiakos, qui ne le payait plus, l'ancien Auxerrois ne compte pas ses mots quand il s'agit de narrer sa nouvelle expérience. «Ici, j'ai retrouvé l'envie et le plaisir de jouer au football, d'aller à l'entraînement avec le sourire, ce que j'avais perdu. Et à mon âge je ne demande que ça».

«J'ai joué par des -10° et ça pique»

D'après lui, la Pologne n'a pas à rougir de la comparaison avec notre Ligue 1. «Ce Championnat est méconnu en France, pourtant il est d'un très bon niveau. C'est très physique mais aussi très technique. Ça joue au football. Les 5-6 premiers du classement sont de très bonnes équipes, à l'image du Legia Varsovie, le leader, qui a aussi fait bonne impression en Ligue Europa (1er du groupe L avec 5 victoires en 6 matches avant d'être éliminé par l'Ajax en 16es). Ces équipes-là termineraient à coup sûr dans la première partie de tableau en France». Et les autres ? «Le niveau est bon aussi. Il y a de très bons joueurs, de très bons jeunes qui veulent aller de l'avant. Ici, tout le monde est à fond.» Même au niveau des infrastructures, il n'y a pas cent classes d'écart. «Les installations sont superbes, les pelouses aussi, lance-t-il. Les stades ont été refaits pour l'Euro 2012. Et ils sont souvent pleins. Il y a une ferveur populaire incroyable. J'ai fait pas mal de stades dans ma carrière mais au niveau de l'ambiance, je mets le Legia Varsovie en troisième position, derrière Liverpool et Dortmund.» Rien que ça.
Olivier Kapo a inscrit cinq buts cette saison. (D.R)
Olivier Kapo a inscrit cinq buts cette saison. (D.R)
A Kielce, Kapo est donc comme un poisson dans l'eau. Son coach, Ryszard Tarasiewicz (passé par Nancy, Lens ou Besançon), parle français. «Forcément, ça aide, glisse-t-il dans un grand éclat de rire. Mais c'est avant tout un très bon coach, un très bon manager. Ici, les gens sont sains de toute façon. On te met dans les meilleures dispositions. En contrepartie, on ne te demande qu'une chose : être bon sur le terrain». Auteur de 5 buts en 16 matches dans un rôle de neuf et demi qu'il «affectionne», il a su se faire une place de choix au sein de sa nouvelle équipe. «J'ai été très bien accueilli, j'ai eu le droit à une belle présentation, sourit-il. Dans le groupe, il y a un respect mutuel avec les joueurs. Ils voient que je suis très motivé, que j'ai encore faim. Et ils m'écoutent.» Lui, l'ancien de la Juve et de l'équipe de France (9 sélections), a même eu les honneurs de Canal+ Pologne, qui l'a invité à son arrivée pour l'équivalent du Canal Football Club local, le dimanche soir.
Malgré le froid («J'ai joué par des -10 et ça pique», plaisante-t-il) et un futur encore incertain (son club est 9e, les 8 premiers jouent un playoff pour l'Europe, les 8 suivants un playoff pour le maintien), Olivier Kapo se verrait bien poursuivre l'aventure à Kielce. «Je suis sous contrat jusqu'en juin et j'espère bien rester un an de plus, oui. Je vous jure, je suis vraiment heureux, je joue au football, je m'éclate, et je pense que je n'ai rien perdu (rires)... Quand je vois ce que fait Cédric Barbosa à Evian, je me dis que je peux jouer encore un peu. Honnêtement, je conseille la Pologne à tout le monde. Si un joueur cherche un bon challenge à l'étranger et à se faire plaisir, qu'il vienne ici. En plus, contrairement à la Grèce, il sera payé (rires)». A bon entendeur...
 
Bruno Rodrigues, @brodriguesFF
 
 
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