n'doram (kevin) (R.Martin/L'Equipe)
Ligue 1 - Metz

Kévin N'Doram (FC Metz) : «Je dois plus oser»

Prêté par Monaco au FC Metz, Kévin N'Doram (23 ans), capable d'évoluer en défense centrale et au milieu de terrain, veut à tout prix relancer sa jeune carrière ternie par les blessures et le manque de temps de jeu sur le Rocher. Avec détermination et envie, il s'est livré à FF.fr.

«Kévin, dans quel état d'esprit attaquez-vous ce nouveau challenge avec Metz ? 
Je suis venu ici à la recherche de temps de jeu. Et le projet que le FC Metz m'a proposé m'a plu. Frédéric Antonetti m'a appelé en fin de saison dernière. Il m'a dit qu'il me suivait depuis un bout de temps avec le staff de Metz, et qu'il était à la recherche d'un milieu de terrain de mon profil. Il m'a dit qu'il voulait absolument m'avoir pour cette saison. Ici, je suis entouré de jeunes joueurs prometteurs qui ont beaucoup d'ambitions, c'est top !

Vous aviez aussi d'autres opportunités, à l'étranger comme en France. A Saint-Etienne notamment... 
A Saint-Etienne, je n'étais pas le premier choix. Je ne voulais pas reproduire les erreurs des saisons passées. Ici à Metz, il y avait beaucoup plus d'intérêts pour moi. Le style de jeu ici m'a beaucoup plu. Et l'intérêt qu'ils me portent depuis des années a forcément joué ! Ils m'ont ressorti des matches de CFA dont je ne me souvenais même pas. Et puis ils m'ont donné des garanties de temps de jeu. C'était le plus important !
 
Frédéric Antonetti vous a contacté, mais ce ne sera pas lui l'entraineur. C'est particulier... 
Forcément, j'aurais préféré qu'il soit là, mais après ils travaillent ensemble depuis longtemps avec Vincent Hognon, c'est à peu près les mêmes méthodes de travail. Le coach Hognon entraîne au quotidien mais il s'appuie sur Fred Antonetti notamment pour les séances vidéo, il s'appuie sur ses résumés à lui. Mais ça ne pose pas de problèmes, ils ont la même vision du foot, ils pensent les mêmes choses.
«Quand j'ai repris, Thierry Henry s'est fait limoger une semaine plus tard. Ce qui était certain, c'est qu'il comptait sur moi, mais je n'ai pas pu saisir cette chance».
Revenons sur vos débuts. Vous avez débuté en Ligue des champions à 20 ans. Avec du recul, peut-on dire que c'était trop tôt ?
Non, au contraire, j'ai été dans le bain tout de suite. Si je peux la rejouer un jour, je saurai à quoi m'attendre. Et puis ça m'a ouvert les yeux sur le haut niveau. J'étais jeune, ce n'était forcément pas facile. Surtout le premier match où je n'étais pas à la hauteur. Le coach faisait ça pour la rotation mais aussi pour me montrer ce qu'était le haut niveau.
 
Mais vous avez joué en C1 au même moment que vos premiers matches de Championnat...
C'est sûr que ça fait bizarre, tout le monde rêve de jouer la Ligue des champions. Et quand on la joue, normalement on est plus expérimenté, on est à l'apogée de notre carrière. Mais moi je l'ai pris comme ça venait, avec beaucoup de plaisir.
 
Et après ce sont les blessures qui vous ont empêché de réussir à Monaco ? 
J'ai eu une blessure au bras pendant quelques mois à cause d'un accident de voiture, puis une autre très longue au genou... Ça m'a un peu cassé parce qu'au début de la saison j'avais enchaîné quelques matches. Et puis après il y a eu un changement de coach, je n'ai pas pu en profiter. Et quand j'ai repris, Thierry Henry s'est fait limoger une semaine plus tard. Ce qui était certain, c'est qu'il comptait sur moi, mais je n'ai pas pu saisir cette chance. Ensuite, je n'étais pas trop dans les plans de Leonardo Jardim qui ne faisait pas trop tourner.
Mais l'objectif à long terme reste de s'imposer à Monaco, non ? 
Il y a un an, je vous aurais dit oui. Maintenant, je veux juste jouer pour montrer ce que je vaux. Et si ça doit se faire là-bas tant mieux, sinon ce sera ailleurs. On a discuté avec le coach Jardim, je lui ai dit que je voulais du temps de jeu. Il a dit que s'il y avait une bonne opportunité de prêt pour moi, il me laisserait y aller. Mais je pense qu'il a confiance en moi pour la suite.
 
A Monaco, vous avez beaucoup évolué en défense centrale. Antonetti vous a pris pour jouer plus haut. Vous avez une préférence ?  
Je n'ai pas forcément de préférence, mais au milieu de terrain on touche plus de ballons, alors ça donne encore plus envie. Mais après je suis au service de l'équipe. Pour l'instant, je pense que je fais de meilleures performances en défense centrale. Mais Antonetti me préfère au milieu ! Tant que je joue cette saison, je ne vais pas me plaindre. Plus tard je devrai choisir un poste définitif mais pour l'instant il n'y a pas de problème.
 
Quels sont vos axes de progression dans l'entrejeu ?
Je peux progresser dans la récupération du ballon et puis aussi me projeter beaucoup plus offensivement, même si ce n'est pas facile pour moi parce que j'ai les réflexes d'un défenseur. Mais j'ai les capacités pour me projeter plus. Je me sens bien physiquement, comme je ne l'ai jamais été. Je dois simplement plus oser !
 
Jouer plus haut, faire des statistiques, c'est votre volonté ? 
Dans ma nature, on va dire que non. Mais au poste où je suis, il va falloir que je le fasse. Je me mets dans la tête qu'il faut que je travaille dessus, et que je fasse l'essentiel pour être décisif. Un milieu moderne doit avoir des statistiques maintenant, c'est important. Les postes ne suffisent plus, il faut marquer, faire des passes décisives. Habib Maïga joue au poste de sentinelle, alors moi je serai un peu plus haut sur le terrain, à côté de Renaud Cohade.

«J'aime bien Busquets»

Vous avez un modèle au milieu de terrain ?  
Il y a des joueurs que j'apprécie beaucoup. J'aime bien Busquets. Et puis même s'il a arrêté aujourd'hui, il y avait Yaya Touré ! J'aimerais bien être dans son profil, c'est un joueur athlétique. De temps en temps, je regarde des vidéos de lui.
 
Renaud Cohade, il vous aide au quotidien ? 
Il a un rôle auprès de tout le monde ! C'est le joueur le plus expérimenté ici, qui connaît le mieux le football. Il nous conseille à chaque entraînement et à chaque match. On discute avant et après les entraînements et aussi pendant les matches. C'est important dans un groupe aussi jeune, d'avoir des anciens comme lui.
 
A Monaco aussi, vous aviez eu beaucoup d'exemples de grands joueurs... 
Oui, les cadres parlaient tous. Moi j'étais observateur, je n'avais pas besoin de parler. Observer me suffisait. Le joueur que j'ai le plus regardé pendant ma période à Monaco, c'était Fabinho. Même si je n'ai pas beaucoup joué, j'apprenais beaucoup des entraînements.
 
Et votre père, il vous conseille (NDLR : Japhet N'Doram, ancien attaquant de Nantes) ?
Oui, forcément ! Il a été joueur, alors il me conseille avant et après les matches. J'ai de la chance d'avoir un père qui connaît le football. Il n'est pas très bavard, alors il me met un message d'une phrase après les matches pour résumer ma performance. Ça fait plaisir de savoir que mon père me suit. Et ma mère aussi est très présente avec moi, elle assiste à beaucoup de matches et c'est elle qui discute avec mon agent.
 
Lui était international tchadien. Vous avez joué avec les Espoirs français...Où en êtes-vous de votre choix ? 
J'ai déjà eu une porte ouverte avec le Tchad. Mais pour l'instant je n'ai pas encore pris de décision. Je préfère me concentrer sur ma carrière en club et on verra plus tard.» 
Nicolas Jambou
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