v.l. Trainer Juergen Klopp (Dortmund), Franck Ribery (Bayern)Fussball Bundesliga, FC Bayern Muenchen - Borussia Dortmund *** Local Caption *** (SebastianWidmann/WITTERS/PRESS/PRESSE SPORTS)
Ligue des Champions - Huitièmes

Klopp et le Bayern, une histoire à plusieurs vitesses avant un nouveau rendez-vous avec Liverpool

À la tête d'un Liverpool flamboyant, Jurgen Klopp va retrouver le Bayern Munich en huitième de finale de Ligue des champions. Un adversaire qu'il connaît bien, entre déceptions, réussites et petits contentieux.

«Je suis vraiment impatient d'y être.» Jürgen Klopp en salive déjà. Près de quatre ans après avoir quitté son Borussia Dortmund, avec lequel il a connu tant de succès, voilà l'entraîneur allemand de retour sur ses terres. Et quelle meilleure affiche, pour un huitième de finale de Ligue des champions, qu'une confrontation face au Bayern, rival de la première heure pour qui truste le titre en Allemagne. Sur le plan uniquement comptable, le bilan est pourtant mitigé : Klopp a gagné neuf fois, concédé le nul à quatre reprises puis s'est incliné lors de seize rencontres. Forcément, il est à mettre en perspective avec la carrière crescendo de l'Allemand. Car sur les seize défaites de l'actuel coach de Liverpool contre le Bayern, six l'ont été lorsqu'il était sur le banc de Mayence, sa première expérience. Ainsi, Jurgen Klopp n'a jamais réussi à battre le Bayern dans la peau du "petit", réussissant uniquement à décrocher le point du nul en 2006 face à un Bayern emmené par Felix Magath et des joueurs tels que Lahm, Ballack, Sagnol ou Schweinsteiger.

Scores fleuves et belle série à Dortmund

Anecdotique, au regard des performances plus récentes de l'Allemand. Coach de Dortmund, il avait notamment battu le Bayern cinq fois consécutivement, entre 2010 et 2012, dont une finale dantesque de Coupe d'Allemagne remportée 5 à 2. À l'époque, Robert Lewandowski faisait le bonheur de Klopp. Qui pouvait se targuer de cocher des noms d'exception tous les week-ends. Le Polonais, donc, mais aussi Reus, Hummels ou Gundogan, rien que cela. Mais au regard des confrontations entre Klopp et le Bayern, davantage encore que le nombre de victoires, c'est peut-être le chiffre des buts inscrits qui saute aux yeux. 101 buts en 29 matches ! Soit une moyenne de 3,48 buts par rencontre, et des pics à sept buts - en 2007 ou 2012 - pour des rencontres qui ont gravé l'imaginaire collectif. Celle de 2013, en finale de Ligue des champions, plus que n'importe laquelle.
25 mai 2013. FInale de la Ligue des champions. A la 89e minute, Robben douche les espoirs de Dortmund. (Martin/L'Equipe)
25 mai 2013. FInale de la Ligue des champions. A la 89e minute, Robben douche les espoirs de Dortmund. (Martin/L'Equipe)
Car ce match entre deux clubs allemands en finale, au-delà d'être une situation presque inédite, a laissé le souvenir d'une belle bataille entre Jurgen Klopp et Jupp Heynckes, qui gagnait une nouvelle C1. Les archives de France Football en témoignent : «Ce n'est pas un champion qu'on a couronné, mais bien un football tout entier, dont on ne pouvait pas espérer qu'il renvoie une meilleure image que celle offerte par Dortmund et le Bayern. [...] Parfaits ambassadeurs d'un Championnat qui demeure quasi invisible dans les autres grands pays de football, ils y ont ajouté d'autres vertus : la générosité, l'imagination, l'amour du risque. De quoi faire des jaloux ? Des amoureux, plutôt.»

Une histoire particulière

L'histoire ne s'arrête pourtant pas là. Car Jürgen Klopp, avant de coacher le BVB, aurait bien pu s'asseoir sur le banc de l'Allianz Arena. The Independent raconte : «L'histoire de Klopp avec le Bayern est bien connue, il y a onze ans de ça. C'est Hoeness qui avait le plus envie de Klopp, disant qu'il avait un bon pressentiment. C'est aussi Hoeness qui a appelé Klopp en premier, qui venait de passer sept saisons à Mayence.» Un Hoeness qui admettra, trois saisons plus tard, que le Bayern avait «signé le mauvais Jürgen», en référence à Jurgen Klinsmann, préféré à l'époque mais qui ne parviendra jamais à convaincre.Tant pis pour le Bayern. Qui pourra néanmoins se consoler, quelques années après, avec des recrutements bien sentis... chez le voisin. «En 2014, Lewandowski est devenu l'un des joueurs que Klopp a perdus au profit du Bayern, mais c'est le transfert de Gotze qui lui a fait le plus mal, narre encore The Independent, citant ensuite une source en Allemagne. “Ce n'était pas juste la manière, c'était le simple fait que cela puisse arriver. Klopp a pensé que les tentacules du Bayern s'étiraient loin, mais pas si loin.”» L'occasion semble donc idoine, à la tête d'un Liverpool souverain en Premier League et finaliste de la dernière Ligue des champions, de frapper. Pour la suprématie, les bons souvenirs et l'envie de marquer le coup.
Antoine Bourlon
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