batshuayi (michy) (L'Equipe)
Ligue Europa - Marseille

L'alerte Batshuayi pas encore déclenchée

Remplaçant face à l'Athletic Bilbao(0-1), Michy Batshuayi n'est pas dans une très bonne spirale en ce moment sous le maillot de l'Olympique de Marseille.

Soyons clair : il n'est pas question ici de dire que Michy Batshuayi est un joueur surcoté. C'est juste qu'on est étonné de voir le Belge muet depuis 419 minutes en Ligue 1 (et même 506 si on prend en compte le tour de Coupe de France face à Montpellier). Sa dernière réalisation remonte à la douzième minute du match entre Caen et Marseille, le 17 janvier dernier (3-1). Depuis, en Championnat, l'Olympien a armé quatorze frappes (sept cadrées), mais aucune n'a fait trembler les filets des Lopes, Enyeama, Trapp et Cardinale. C'est également la capacité de ses coéquipiers à le trouver, et donc son aptitude à se démarquer qui posent questions. Dix-neuf petits ballons touchés, par exemple, à Lyon (1-1) avec, c'est vrai, une passe décisive sur le but de Cabella, et vingt face au PSG début février (1-2).

«S'il lui faut sept occasions pour marquer, cela devient un problème»

De quoi agacer certains supporters, frustrés de ne pas le voir assez bouger. Des critiques qui n'ont pas cessé depuis dimanche dernier après sa prestation face à Nice (1-1), avec deux grosses occasions manquées. «Il est en colère contre lui-même, avait lâché Michel, son entraîneur, après le nul à l'Allianz Riviera. Mais s'il lui faut sept occasions pour marquer, cela devient un problème.» Le coach marseillais est même allé plus loin mercredi : «Je le fais jouer tout le temps, que puis-je faire de plus ? Il doit marquer davantage.»
Dans les couloirs du stade niçois, l'international belge (deux sélections, deux buts) expliquait que ces ratés ne le faisaient pas douter, «je marque moins, mais l'année est loin d'être terminée».
Ancien Marseillais et observateur régulier des performances de l'OM, Éric Di Méco voit bien également la mauvaise passe de Batshuayi. «À Nice, il en manque deux, ce n'est pas habituel. On peut penser qu'il a peut-être un problème de confiance. Sur sa deuxième occasion (tir en pivot sur Cardinale), il cherche à cadrer alors que lorsqu'il est en confiance, il cherche le coin.»

Le nouveau jeu de l'OM pas adapté à ses qualités ?

Le consultant pour RMC et BeIN Sports pointe le changement de jeu de l'OM d'une année sur l'autre pour expliquer les performances de Batshuayi. «On attend beaucoup de lui. L'an passé, il avait été bon à chaque fois qu'il suppléait Gignac. Il évoluait dans une équipe qui fonctionnait très bien, il était donc sans pression. L'OM était tourné vers l'avant, effectuait un gros pressing et Batshuayi avait beaucoup de ballons dans la surface.» Et en 2015/16, ce n'est pas vraiment la même chose. «C'est une équipe de contre, qui ne maîtrise pas son sujet au niveau de la construction, analyse Di Méco. Batshuayi n'a que des ballons loin du but et dos aux cages, ce qui n'est pas son point fort. Je trouve qu'il joue dans une équipe de solistes : Nkoudou, Alessandrini, Cabella cherchent en permanence à fixer.»

«On l'a vu un peu trop beau l'an dernier»

Comme tous jeunes joueurs, l'ancien défenseur explique qu'il ne faut pas être trop dur et le laisser prendre de l'expérience parce que «le survendre en début de saison et le défoncer aujourd'hui, je ne suis pas pour». Et on est bien d'accord. «On est trop dur avec lui. Je pense qu'on en a trop attendu et qu'on l'a vu un peu trop beau l'an dernier. C'est un bon attaquant, mais pas encore un très grand attaquant.» Un avant-centre auteur de 21 buts en 51 rencontres de Ligue 1 depuis dix-neuf mois et qui reste, tout de même, le deuxième meilleur buteur du Championnat (à égalité avec le Lorientais Benjamin Moukandjo). Pas de quoi s'inquiéter. Du moins pour l'instant.
Timothé Crépin 
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