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(S.Mantey/L'Equipe)
CDF - 32es

«L'après-midi je gagne contre Angers, le soir je bosse» : Mahamadou Sacko, buteur lors de l'exploit de Viry-Châtillon, raconte sa folle journée

En ce week-end de 32es de finale de la Coupe de France, Viry-Châtillon, club de R1 (sixième échelon) a créé la sensation en éliminant Angers, pensionnaire de Ligue 1. Mahamadou Sacko, le buteur, qui retrouve la réalité dès ce soir en allant travailler, raconte pour FF.fr. Instant football-vrai.

«Mahamadou, après cette victoire contre Angers (1-0) et votre but, quelles sont vos premières impressions ? 
C'était un match difficile. On savait que l'on jouait contre un club de Ligue 1, et qu'il fallait être au niveau physiquement et mentalement. Ce n'était pas évident, le terrain était difficile. Mais la magie de la Coupe a opéré, on a saisi l'occasion, c'est parfait !
 
Vaincre un club de Ligue 1, ça fait quoi ? 
Ça fait bizarre, c'est des pros (rires). Au tirage, on s'est dit : "Waouh, on a tiré un gros", mais on s'est aussi dit que si l'on devait sortir, ce serait contre un gros. C'était l'occasion de voir ce que ça faisait de jouer contre une Ligue 1, quelle émotion cela procurait.
 
Justement, vous avez dû ressentir une multitude d'émotions...
On a eu chaud au coeur. Le public était derrière nous. Les supporters poussaient et ont bien joué le rôle de douzième homme. Ils nous ont vraiment rendu service, on sentait qu'ils étaient là. On a vraiment pas l'habitude de cette atmosphère, ça fait vraiment du bien. On est allé faire un petit cri avec eux à la fin du match. C'était cool, il y avait nos amis, nos proches, ça fait plaisir.

«J'ai senti que j'ai donné le sourire à tout le monde»

Comment aviez-vous préparé cette opposition ?
Les matches comme ça, on ne peut pas dire qu'on les prépare comme des rencontres de Championnat, car il faut faire plus que d'habitude. Même à l'entraînement, on sent que tout le monde est concerné, motivé et que tout le monde veut jouer. Collectivement, on l'a vraiment préparé à fond. J'avais été arrêté quatre semaines, après des blessures à la cheville et au tendon. J'ai couru de mon côté tout seul, j'ai fait mon travail physique tout seul, pour arriver au niveau.

Lire : Angers tombe à Viry-Châtillon
 
Vous inscrivez un but un peu gag, pouvez-vous nous le décrire ?
J'ai pu le regarder en vidéo, car sur le coup je ne sais même pas comment la balle est venue jusqu'à moi. On a eu un coup de pied arrêté. Je suis parti au second poteau comme l'entraîneur me le demande souvent. Ensuite, la défense d'Angers relance très mal, il y a aussi un duel au niveau du gardien et j'arrive lancé pour la mettre au fond. Il fallait vraiment rester en mouvement pour la reprendre, et c'est ce que j'ai fait.
 
Comment vous êtes-vous senti après ce but ?
J'ai ressenti beaucoup de choses. Déjà, je me suis dit qu'on avait l'avance par rapport au score, c'était le plus important. Je ne sais pas si c'est quelque chose que je pourrais revivre dans ma vie. Mais j'ai senti que j'ai donné le sourire à tout le monde.

«Je sais que certains travaillent dans l'équipe ce soir, notamment moi, je suis chauffeur VTC»

Le vestiaire devait être en feu. Comment avez-vous célébré la victoire ?
En criant, en chantant, tout ce qu'il fallait pour bien la fêter. Les jets d'eau aussi, le vestiaire était sale à la fin (rires). Franchement, on a tous kiffé. Tout le monde a le sourire, on va tous bien dormir ce soir.
 
Dormir ? Vous n'allez pas prolonger la fête ?
Je sais pas trop. On ne s'est pas donné de point de rendez-vous mais je pense que chacun va le fêter de son côté. Je sais que certains travaillent dans l'équipe ce soir, notamment moi, je suis chauffeur VTC. L'après-midi je gagne contre Angers, et le soir je bosse, vous imaginez ? (rires). Donc voilà, c'est compliqué pour se regrouper.

Tous les résultats des 32es de finale de la Coupe de France
 
Cette victoire, c'est aussi un rayon de soleil pour le club, qui a été relégué en N3 en mai dernier puis rétrogradé en R1 pour des raisons financières quelques semaines après...
Complètement. En début d'année, cela nous a donné un coup derrière la tête. Mais il fallait passer à autre chose, ne pas penser à ça, mais plutôt à la montée. Ce n'est pas une revanche par rapport à cet épisode. La Coupe, c'est pour nous avant tout, c'est du bonus. Collectivement, si on peut aller le plus loin possible, on ira, on verra au prochain tour contre qui on tombe.
 
Souhaitez-vous hériter d'un gros, encore ?
Des petits clubs, il n'y en a plus trop. Personnellement, je prends ce qu'il y a à prendre. Mais si j'avais un souhait, j'aimerais un gros club. Le PSG, je serais content (rires).
 
Vous égalez aussi le record du club en Coupe de France, qui avait atteint les 16e en 1978...
C'est une bonne nouvelle d'être parmi les personnes qui vont essayer de battre ce record. C'est rare qu'un club de notre niveau en arrive là. On est très fier, si on peut aller gratter, on ira gratter, pas de souci.
 
Votre nom ressemble étrangement à celui d'un certain Mamadou Sakho (Crystal Palace), on vous compare souvent à lui ?
Non pas vraiment. Lui, il est défenseur, et moi milieu. Après, c'est vrai que certains disent : "Sacko ? Ah Mahamadou Sacko comme l'ancien joueur de Paris", ça me fait sourire.»
Erwan Issanchou
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