Franck Passi a officié à Lille et à l'OM, jamais plus de six mois. Il est désormais adjoint d'Henry. (/) F.Porcu L'Equipe
Ligue 1

L'entraîneur de Ligue 1, ce grand précaire

Avec le limogeage d'Olivier Dall'Oglio à Dijon, la Ligue 1 a perdu un entraîneur en place depuis plus de six ans, une rareté dans l'élite où l'on occupe rarement un banc très longtemps.

La Ligue 1 a perdu ce lundi, avec le limogeage d'Olivier Dall'Oglio à Dijon, un de ses visages les plus familiers. L'entraîneur du DFCO était en effet sur le banc bourguignon depuis juin 2012, soit six ans et demi. Seul Stéphane Moulin, parmi les désormais dix-neuf techniciens en place, occupe son poste depuis plus longtemps : 2741 jours, soit sept années et demie. Une anomalie.
Olivier Dall'Glio démis de ses fonctions
Car entraîneur est un boulot précaire. Résultats, changements de direction et/ou de propriétaires, discours qui ne passe plus ou tout simplement envie de nouveauté ont fait des bancs de Ligue 1 des assises d'une grande instabilité. Cette saison, six clubs ont déjà changé de tête sportive. En y ajoutant les changements intervenus l'hiver dernier et cet été, plus de la moitié des entraîneurs actuels ont été nommés depuis un an ou moins.
Onze des entraîneurs actuels en Ligue 1 sont en poste depuis un an ou moins (en incluant Jean-Louis Gasset et Christophe Galtier, nommés les 20 et 22 décembre 2017 à Saint-Étienne et Lille). Il faudra rapidement y ajouter Dijon pour arriver à 12, sur 20 clubs.
À l'inverse, quatre des entraîneurs installés depuis le plus longtemps dans leur club l'ont mené en Ligue 1 et doivent donc une partie de leur longévité à leur réussite à l'échelon inférieur : Moulin donc, mais aussi Christophe Pélissier (Amiens), Bernard Blaquart (Nîmes) et Thierry Laurey (Strasbourg). Seul s'intercale Bruno Genesio (Lyon).
Si le renouvellement a été très important depuis un an, la tendance n'est pas nouvelle - quoique jamais depuis dix ans on n'avait vu six entraîneurs limogés avant la nouvelle année. Certains clubs sont même de gros consommateurs d'entraîneurs, comme Nantes, où Vahid Halilhodzic, arrivé il y a trois mois, est le dixième titulaire du poste en dix saisons (hors intérims). L'OM a vu passer huit coaches différents, Lille et Bordeaux sept - toujours sans compter les intérimaires.
Au total, il y a eu 99 entraîneurs dans les clubs actuels de l'élite (hors intérims désignés comme tels). Pour deux tiers d'entre eux, le bail dure depuis moins de deux ans ou a duré moins de deux ans. La stat' évoluera si quelques-uns s'installent mais d'autres feront les frais de la rotation très rapide sur les bancs.
La durée moyenne d'un bail depuis dix ans est conforme à cette photographie : 704 jours, soit 23 mois. C'est mieux que pour les 19 entraîneurs en place, qui sont là depuis 591 jours en moyenne (681 avant le limogeage d'Olivier Dall'Oglio).
L'amour dure donc moins de deux ans. Si ce cap est franchi, alors l'entraîneur peut poser ses valises et voir venir : sur les trente missions qui ont duré plus de deux ans depuis 2008, 16 ont atteint ou dépassé les quatre ans. Frédéric Antonetti l'a même fait deux fois, à Nice et Rennes.
Côté clubs, la palme de la fidélité revient à Caen où Franck Dumas a passé plus de sept ans avant de céder la place à Patrice Garande, resté six saisons. De quoi rassurer Fabien Mercadal, qui vit sa première saison dans l'élite ?
(Les stats excluent les intérims lorsqu'ils ont été présentés comme tels ; elles incluent les entraîneurs qui étaient en poste avant 2008 et dont le contrat s'est achevé après le début de la saison 2008-09)
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