Ligue des Champions

L'équipe-type des «remontées» des clubs français en Coupe d'Europe

Battue à Manchester City en 8e aller de Ligue des champions (5-3), l'AS Monaco doit réaliser un exploit mercredi. Pour espérer une qualification, les joueurs de Jardim peuvent s'inspirer d'autres renversements de situations réalisés par des clubs français.

football formations

Gardien

Michel Ettore (Barça-Metz 1984)
L'exploit le plus improbable du foot français n'est pas qu'une affaire d'attaquants. Si les Messins sont parvenus à renverser le Barça au Camp Nou (4-1) après avoir été dominés en Moselle (2-4) en huitième de finale de la C2 1984, ils le doivent notamment à leur gardien. Michel Ettore avait pourtant été désastreux au match aller. À tel point que Bern Schuster avait ironiquement promis d'offrir à son généreux adversaire un jambon pour le remercier. Mais au retour, Ettore a enchaîné les parades devant Carrasco (6e), Victor (11e), Julio Alberto (47e), Archibald (60e).

Il a aussi remporté un face à face contre Schuster. À la pause, son équipe est devant. «À 2-1 à la mi-temps, on a fait des calculs, a raconté en 2012 Philippe Hinschberger. On s'est dit que si on mettait le troisième, ils seraient mal. L'objectif, c'était donc de ne plus en prendre. Entre-temps, ils ont eu dix occasions, Ettore avait fait des arrêts incroyables. Les mouches avaient changé d'âne

Défenseurs

Hugo Ibarra (Monaco-Real 2004)
L'exploit de Monaco, renversant face au Real en 2004 (4-2, 3-1), c'est aussi le sien. Au sein de cette équipe monégasque, Hugo Ibarra, prêté par le FC Porto, n'était pourtant pas un élément indiscutable. Face aux Madrilènes, il s'est déchaîné, a éteint Zidane, et s'est montré décisif offensivement. Après avoir débordé Roberto Carlos, il a donné la passe décisive sur la Madjer victorieuse de Giuly. Il a également réalisé un coup du foulard qui restera dans le souvenir des supporters monégasques.
Antoine Kombouaré (PSG-Real 1993)
Personne n'a oublié son coup de tête au bout du temps additionnel, le 18 mars 1993, en quart de finale retour de la Coupe de l'UEFA contre le Real (1-3, 4-1). C'est à l'issue d'une soirée pleine de rebondissements, où le PSG a mené 3-0 avant de voir Zamorano marquer un but décisif à la 90e+1 en devançant Antoine Kombouaré, que le défenseur a décidé du sort du match. À la 90e+6, l'actuel entraîneur de Guingamp est monté sur un ultime coup franc tiré par Valdo et a trompé Paco Buyo d'une tête décroisée. Il a au passage gagné le surnom de Casque d'or.
PSG-Real 1993, un match de légende
Gernot Rohr (Bordeaux-Hajduk Split 1982)
La remontée de Bordeaux contre l'Hajduk Split (1-4, 4-0) n'est pas la plus célèbre ; elle est pourtant un exploit majeur d'un club français dans une coupe d'Europe. Elle doit beaucoup à Alain Giresse, auteur d'un doublé, mais aussi à Gernot Rohr. Le défenseur allemand a ainsi ouvert le score à la 23e, permettant à son équipe d'espérer. Son jeu rugueux, parfois à la limite, a également refroidi les ardeurs des joueurs de Split. Quatorze années plus tard, Rohr a par ailleurs été l'entraîneur de Bordeaux lors de l'exploit contre l'AC Milan.

Milieux

Jean-Michel Larqué (Saint-Etienne-Kiev 1976)
Les grandes épopées des Verts, ce sont aussi et surtout de grands exploits. À commencer par l'élimination du Dynamo Kiev en quart de finale de la C1 en 1976-1977. À l'aller, Saint-Etienne s'est incliné 0-2 face à l'équipe du Ballon d'Or, Oleg Blokhine. Dans le Chaudron, Hervé Revelli ouvre le score (63e). Puis Jean-Michel Larqué égalise d'un coup franc puissant (71e). Durant la prolongation, Rocheteau (112e) enverra l'ASSE en demi-finales.
Dominique Bathenay (Saint-Etienne- Hajduk Split 1974)
Autre exploit réalisé par les Verts dans les années 1970, celui face à l'Hajduk Split en 1974. Surclassés (1-4) en Yougoslavie, en 8es de finale aller de la C1, ils peinent à renverser la situation au retour, malgré l'ouverture du score de Larqué. L'Hajduk égalise à l'heure de jeu, le suspense semble tué. Mais dans la minute suivante, Dominique Bathenay redonne de l'espoir à son équipe en marquant de la tête. Bereta (71e s.p.) et Triantafilos (82e) permettront au club forézien d'atteindre la polongation, où ils finiront par s'imposer sur un nouveau but de Triantafilos (104e).
Rai (PSG-Steaua, PSG-Galatasaray, PSG-Parme)
Le Brésilien est dans cette équipe-type pour l'ensemble de son œuvre. Il a en effet été un acteur majeur de trois remontées parisiennes dans les années 1990. Contre le Steaua, en tour préliminaire de la C1 1997, le PSG s'est incliné 0-3 sur tapis vert à l'aller. Au retour, les Parisiens ont surclassé l'équipe roumaine (5-0) grâce à un triplé de Rai. Une année plus tôt, en Coupe des Coupes, le Brésilien avait également marqué lors de la large victoire contre Galatasaray (4-0) qui avait suivi une défaite 2-4 en Turquie. Enfin, l'ancien attaquant de la Seleçao avait inscrit un doublé face à Parme (3-1) en quart de finale de la Coupe des Coupes 1996 alors que le PSG s'était incliné 0-1 en Italie.

Attaquants

Didier Six (Lens-Lazio 1977)
En novembre 1977, les Lensois ont vécu contre la Lazio l'une de leur plus belle soirée européenne. Et ils le doivent en bonne partie à Didier Six, alors âgé de vingt-trois ans. Pourtant, le Racing s'était sérieusement compliqué la tâche en s'inclinant 0-2 à Rome. À la demi-heure de jeu, une panne d'éclairage a plongé Bollaert dans le noir. Au retour sur la pelouse, les Italiens n'ont plus vu le jour. Six a marqué à deux reprises, dont un but exceptionnel. Durant la prolongation, l'international français scorera à nouveau (6-0, a.p.), comme ses coéquipiers Bousdira et Djelabi (doublé).
Tony Kurbos (Barça-Metz 1984)
Si Michel Ettore a été décisif lors de l'exploit de Metz au Barça en 1984, Tony Kurbos a été le héros du match. À l'aller, lors de la défaite 2-4, l'attaquant à la nuque longue et à la moustache avait déjà marqué et provoqué un penalty. Au retour, il a inscrit un étonnant triplé et provoqué un but contre son camp de Sanchez au Camp Nou. «On y allait juste pour essayer de se faire plaisir et montrer qu'on n'était pas des chèvres, expliqua-t-il en 2015. Les Barcelonais avaient un mal fou avec moi, j'étais trop vif, trop rapide
Christophe Dugarry (Bordeaux-AC Milan 1996)
Deux années avant de remporter la Coupe du monde, Zinédine Zidane, Bixente Lizarazu et Christophe Dugarry avaient réalisé un autre exploit sous les couleurs des Girondins en quart de finale de la C3. Dominés 0-2 en Italie, les Bordelais avaient remporté 3-0 le retour à la surprise générale.

Auteur d'un doublé, dont une frappe croisée en lucarne, Dugarry avait été l'homme du match et s'était engagé quelques mois plus tard en faveur du club lombard. «Je ne sais pas si c'est le match de ma vie, mais c'est vraiment un moment fabuleux pour moi, avait-il raconté après la rencontre. Ce soir, je ne peux qu'être au paradis
Ludovic Giuly (Monaco-Real Madrid 2004)
Lui aussi a inscrit un doublé lors d'une soirée magique. Au printemps 2004, Monaco, battu 2-4 à Madrid, reçoit le Real des Galactiques pour une mission quasi impossible. D'autant que Raul ouvre le score à la 36e. Mais Ludovic Giuly va égaliser puis marquer le but vainqueur d'une Madjer. «C'est une grande fierté, je suis si fier de nous, s'est enthousiasmé le joueur après le match. Et puis, je suis heureux d'avoir vécu des moments magiques, des émotions très fortes. C'est pour cela qu'on fait ce métier. Pour vivre des moments pareils. C'est le rêve de tout footballeur. Ça restera gravé.»
Dominique Rocheteau (ASSE-Kiev), David Ginola (PSG-Real), Hervé Revelli et Salif Keita (Bayern), Sonny Anderson (OL-Bruges) Bafétimbi Gomis (Dinamo Zagreb-OL) etc.
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