AHMAD
Télévision

L'interview foot - Koh-Lanta avec Ahmad, candidat de l'actuelle saison : «Clairement, Sam, c'est Kylian Mbappé»

Candidat phare de l'actuelle saison de Koh-Lanta sur TF1, Ahmad, 31 ans, est aussi un suiveur du ballon rond, fan de l'OL et de Jean-Michel Aulas. De quoi l'écouter sur sa passion du foot, mais aussi sur certains parallèles avec Koh-Lanta.

«Quelle est votre relation avec le foot ?
Je ne suis pas non plus un passionné comme vous, mais j'aime bien le foot. Je regarde depuis que je suis petit. Je ne suis pas un fanatique, ni un supporter chevronné d'un club. C'est une passion, mais mesurée. Je regarde les compétitions internationales, les matches de Ligue des champions, mais je suis vite fait la Ligue 1. Bon, quand c'est l'OL, je regarde. Je joue au foot une fois par semaine avec les amis, en cinq contre cinq. Et j'habite à Lyon, donc je suis un supporter et un supporter d'Aulas, surtout. Je suis aussi l'équipe de France, évidemment.
 
Qu'est-ce qui vous plaît chez Jean-Michel Aulas ?
Je ne suis pas objectif. C'est un Lyonnais. C'est l'entrepreneur. Son parcours. Le côté Aulas chef d'entreprise. Ce qu'il a fait pour le club. Ce qu'il fait en général pour le foot français. J'aime beaucoup l'homme, ses prises de positions. Il avait un projet et force est de constater qu'il a fait quelque chose de beau à Lyon. Qu'on l'aime ou non, on est obligé de s'incliner devant son parcours, sa vision et comment il a élevé le niveau du club et du foot français. Grand homme.

«L'OL n'arrive pas à franchir ce cap»

Comment appréciez-vous la trajectoire de l'OL ?
C'est un peu compliqué, forcément, de perdre nos meilleurs joueurs. C'est vrai que je ne suis pas super confiant avec ce qu'il est en train de se passer. On n'a pas fait une super saison en Ligue 1. On atteint un palier, et on n'arrive pas à franchir ce cap, je trouve, pour devenir un grand club européen. Même là, en Ligue 1, ce n'est pas normal qu'on stagne comme ça, qu'on n'arrive pas à être en permanence dans le top 3, du début à la fin du Championnat. On est vraiment inconstant.
 
C'est un mal lyonnais...
(Il sourit.) Ouais, clairement. C'est un peu dommage.
 
S'il y en a un qui n'est pas aussi populaire que Jean-Michel Aulas, c'est Rudi Garcia.
Même s'il a été à l'OM, j'aime bien le personnage.
«Ronaldo, c'était le génie, le Messi d'aujourd'hui. Ses passements de jambes, c'était extraordinaire. Sa vitesse.»
Pas un fanatique de foot, mais aviez-vous des idoles plus jeune ?
Zidane et Ronaldo, R9. Ronaldo avant Zidane même parce que c'est par lui que je suis rentré dans le foot. Un an avant la Coupe du monde 1998. C'était wouaouh. C'était le génie, le Messi d'aujourd'hui. Ses passements de jambes, c'était extraordinaire. Sa vitesse. Avec son maillot de l'Inter.
 
Quel est votre plus beau souvenir d'amateur de foot ?
Récemment, j'ai beaucoup aimé Lyon-PSG (NDLR : 2-1, 2017-18), avec le but à la dernière minute de Memphis Depay. Je suis avec mon pote. On se lève et on part, pour ne pas être dans la foule et essayer de choper la voiture rapidement pour ne pas se taper les bouchons. En partant, on tourne quand même la tête, on ne sait jamais... Et là on voit le but de Depay. On se prend tous dans les bras avec des inconnus. C'était un bon moment.
La première fois que vous êtes allé dans un stade, c'était quand ?
C'était à Gerland. Je devais avoir 12-13 ans, j'étais avec mon meilleur ami. C'était pour un OL-Nantes je crois, c'était impressionnant. C'était l'époque où c'était une habitude de gagner, et où c'était limite devenu pas marrant.

«Juninho, c'était exceptionnel»

Quel joueur pouvait plaire au jeune Ahmad ?
(Sans hésiter.) Ah Juninho ! C'était exceptionnel. Anderson aussi. Les coups francs de Juninho... C'était magnifique. Il arrivait à renverser un match. A chaque fois on se disait : "Mais non, il ne va pas réussir à le mettre, ce n'est pas possible..." Et Anderson, un buteur, une virtuosité devant, c'était impressionnant. Mais je ne suis pas quelqu'un qui va tout le temps au stade. J'ai aussi un peu décroché avec le temps mais j'y vais quand je peux.
 
Vous possédez des restaurants à Lyon : avez-vous déjà vu des joueurs de foot venir chez vous ?
J'ai déjà vu (Jean-Alain) Boumsong. Après, je n'y suis pas tout le temps non plus mais je sais qu'il y en a qui sont déjà passés oui.
 
Parlons de Koh-Lanta : quelles qualités utiles à un footballeur faut-il dans cette aventure ?
L'explosivité et la vitesse pour franchir les épreuves, aller vite... D'un point de vue plus général, forcément, la persévérance, le mental. Vous vivez dans des conditions extrêmes, il n'y a pas d'hygiène, il y a une promiscuité. Dans un club, vous êtes avec des gens que vous n'aimez pas forcément des fois, mais ils font partie de votre équipe donc vous êtes obligé de composer avec. Koh-Lanta, c'est pareil. Vous ne pouvez pas vous entendre avec tout le monde. Il y a beaucoup de similitudes. La vie en groupe dans un club et la vie en groupe dans Koh-Lanta, c'est vraiment ce qu'on peut retrouver dans les deux situations. Et il faut à chaque fois s'adapter. Il y a des hauts et des bas.
Les coups francs de Juninho ont marqué le Ahmad supporter de l'OL. (LUTTIAU/L'Equipe)
Les coups francs de Juninho ont marqué le Ahmad supporter de l'OL. (LUTTIAU/L'Equipe)
«Sam, il lui manque ce côté social qui fait que ça va être LE joueur, le Pelé. C'est indispensable pour devenir une légende de Koh-Lanta.»
Avant une saison, un footballeur suit toute une préparation. Pour un candidat à Koh-Lanta, c'est quoi comme préparation d'avant-saison ?
Pour y être allé un peu sans préparation, je me suis rendu compte qu'il fallait une grande préparation pour aller à Koh-Lanta. Autant, les premières années, les candidats ne se préparaient pas, autant maintenant, non seulement ils se préparent, mais pendant des mois et des mois. Je ne connais pas une personne de ma saison qui ne s'est pas préparée pendant plusieurs mois ou qui n'avait pas déjà la culture du sport en lui avant Koh-Lanta. C'est une grande préparation physique, mentale.
 
Au foot, comme à Koh-Lanta, c'est quoi le mieux : l'expérience ou la jeunesse ?
C'est forcément un mix des deux : l'insouciance de la jeunesse, c'est génial. Mais l'expérience dans les grands matches, c'est super important. Donc pour faire le parallèle, c'est exactement la question qui se pose dans notre saison. Il y a des nouveaux et des anciens. On se rend compte que l'expérience est extrêmement utile dans une aventure comme Koh-Lanta. Vous avez déjà vécu la survie donc vous savez comment votre corps va s'adapter aux éléments. Vous avez une vision à long terme de l'aventure. Vous savez qu'il y a des hauts et des bas et comment vous réagissez. Donc l'expérience est extrêmement utile ! Nous, on avait moins d'expérience mais on était plus en force parce que plus nombreux. Je ne peux pas trancher : il faut les deux !
 
Du coup, cette saison, qui réunit bien ce mix-là ?
(Il réfléchit.)
 
A part Ahmad...
(Il rit.) Naoil. Elle a de l'expérience, du vécu, et elle est jeune. Elle a cet équilibre qui rentre dans ce compromis-là.

Sam, c'est Mbappé ?
Clairement, Sam, c'est Kylian Mbappé. Un potentiel de fou. Très jeune. 20 ans. Des performances extraordinaires. Mais il lui manque ce côté social. Je ne dis pas que Kylian Mbappé n'a pas de côté social. Mais pour Sam, il lui manque ce truc qui fait que ça va être LE joueur, le Pelé. C'est indispensable pour devenir une légende de Koh-Lanta. Mais au vu du potentiel... Ça se travaille ! Avec le temps, l'âge et l'expérience, il va clairement devenir une légende.

«Les poteaux, c'est une finale de Coupe du monde»

Si on devait rapprocher Moussa d'un joueur de foot...
(Il sourit.) Moussa est très fort, malin...
 
Comme ça on aurait envie de vous dire Patrick Vieira.
Ouais Patrick Vieira. C'était un peu un patron. Moussa, c'est un patron, un colosse qu'on écoute, qui s'entend bien avec tout le monde, en tout cas sur ce qu'on a vu pour l'instant, on verra la suite.
 
Et Teheiura ?
Cavani, ça pourrait être pas mal. Il est aimé du public de fou. Teheiura, c'est pareil.
 
Les poteaux de fin d'aventure, est-ce que c'est un peu la finale de la Coupe du monde pour un aventurier de Koh-Lanta ?
Ah ouais, ouais, clairement ! Les poteaux, c'est la dernière étape, c'est une finale de Coupe du monde, ça ne se perd pas. Les poteaux, ça ne se perd pas, vous pouvez en plus choisir la personne avec qui vous allez. Donc, oui, le parallèle est top.
«Je me rappelle que je voulais savoir les résultats. Mais, là-bas, on ne peut rien avoir, on est complètement déconnectés. Les journalistes n'ont pas le droit de nous dire quoi que ce soit, même un score de Ligue des champions.»
Pendant l'aventure, pouvait-il y avoir un moment où le foot s'invitait dans les conversations ?
Oui, carrément. On venait d'arriver. On avait les couleurs jaune et rouge. Nous, on était rouge et il y avait Joseph qui faisait des allusions à Liverpool je crois. C'était super marrant. A un moment, on nous a même dit qu'il fallait arrêter de parler de foot parce qu'on en parlait un peu trop. Claude parlait un peu de foot. Mais, sinon, chez les rouges... Je me rappelle que je voulais savoir les résultats. Mais, là-bas, on ne peut rien avoir, on est complètement déconnectés. Les journalistes n'ont pas le droit de nous dire quoi que ce soit, même un score de Ligue des champions. (Le tournage) était pendant les matches, quand Liverpool a gagné.
 
Quand vous avez été éliminé et que vous vous êtes informé, quels résultats avaient pu vous interpeller ?
L'Ajax qui avait gagné contre le Real (NDLR : Qualification de l'Ajax en huitièmes de finale de Ligue des champions avec une victoire 4-1 à Bernabeu). Ça m'avait complètement choqué. Barcelone aussi, contre Liverpool (NDLR : La remontada en demi-finales : 0-3 à l'aller, 4-0 au retour).

«On n'a même pas pensé à organiser un foot»

Y a-t-il eu un foot improvisé sur la plage de Koh-Lanta ?
Non. Honnêtement, on est tellement fatigués... A la télé, ça paraît facile, mais au bout de 7, 10, 15, 20 jours, le moindre effort est difficile. Juste courir sur le sable, juste chercher de l'eau, c'est fatiguant. C'est beaucoup plus dur de faire les efforts, donc organiser un foot, non, on n'y a même pas pensé.
 
Aviez-vous prévu une célébration spéciale si vous remportiez une épreuve d'immunité ?
(Il rit.) Ah non ! En regardant les champions avec qui j'étais, je ne me suis pas imaginé ça. J'ai eu raison d'ailleurs.
 
On note souvent les joueurs de foot : quelle note vous donneriez-vous pour votre Koh-Lanta ?
En stratégie, même si elle n'a pas abouti jusqu'au bout, je mets 16-17/20. En social, 14-15. En survie, sur le camp, 8/20 : il y en a plein qui disent "Il ne faisait rien." mais je ne vois pas ce qui leur fait dire ça. 80% du staff était inactif. Pour moi, à part quatre personnes, tout le monde était inactif. Mais ça reste mon avis. Et sur les épreuves sportives, c'était très compliqué, donc je mets 3/20. Mais je mets plus de coefficient à la stratégie et au social donc ça va (Il sourit.). Les quatre sont très importants.
«Un joueur de foot à Koh-Lanta ? Cristiano Ronaldo a un mental de fou. Il ne lâche rien. Il veut toujours plus.»
On repense à l'épisode des Ambassadeurs (NDLR : Scène où deux candidats de chaque équipe se sont réunis pour décider d'éliminer un aventurier) : peut-on comparer ce qu'il vous est arrivé à un énorme pressing subi par un joueur au milieu du terrain balle au pied ?
C'est un peu le cas. C'est comme ça que je l'ai vécu. Mais, honnêtement, en arrivant, j'étais déjà convaincu de mettre un rouge. Donc pression ou pas pression, on était mort, et je n'avais aucun intérêt à aller au tirage au sort. Donc pressing, oui. Mais il ne servait à rien. J'ai essayé de m'en sortir, et j'ai réussi à avoir une solution, avec la promesse de Moussa. Donc je m'en sors bien parce que j'arrive à gagner trois tours.
 
Le joueur de foot qui a le profil parfait pour faire Koh-Lanta ?
Les joueurs de foot sont des grands sportifs. Et être grand sportif, ce n'est pas forcément une bonne chose pour gagner Koh-Lanta. On l'a vu cette année avec Benoît (NDLR : Candidat éliminé assez tôt dans la saison). Il fait des ironman. Mais c'est un grand mangeur, qui a besoin de beaucoup d'énergie. Quand il ne mange, il est complètement lessivé. On l'avait vu en 2010 dans le choc des héros, les sportifs se sont fait massacrer et ils ne supportaient pas le manque de nourriture. Après, j'aurais envie de dire quelqu'un qui n'a pas forcément un gros gabarit : franchement, Cristiano Ronaldo a un mental de fou. Il ne lâche rien. Il veut toujours plus.
 
D'ailleurs, Ahmad avec un ballon au pied, ça donne quoi ?
Honnêtement, c'est pas mal. Je ne vais pas me jeter des fleurs mais s'il y a bien un truc où je ne suis pas trop mal, c'est au foot. Je joue milieu offensif-attaquant. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître ! J'ai un cardio dégueulasse. En défense, je ne suis pas assez rigoureux. Mais, sinon, sprinteur à fond et bon dribbleur.
 
Donc si on vous demande dans quel domaine vous êtes le meilleur entre le foot et les épreuves d'immunité, on connaît déjà la réponse...
(Il sourit.) Carrément !
Sur les réseaux sociaux, on a vu passer un montage de vous avec le Ballon d'Or France Football.
Je l'ai vu. C'était très drôle. Sur les réseaux sociaux, il y a de tout : de la rigolade, beaucoup de moqueries. En général, j'en rigole.
 
Vous vous sentez un peu footballeur à voir tout ce que vous pouvez provoquer sur les réseaux sociaux ?
Je me suis senti un peu comme Ben Arfa (Il sourit.). Bon il a vraiment un talent exceptionnel, chose que je n'ai pas forcément dans Koh-Lanta à part, un peu, en stratégie. Ce n'est pas agréable. Vous vous faites un peu défoncer, donc cela ne fait pas plaisir. Ce n'est pas facile à vivre, mais on a survécu ! Mais je comprends aussi qu'il y en a qui puissent sombrer, parce que c'est quand même violent. Mais cela s'est calmé, voire inversé avec le temps.
 
Qui va ramener la coupe à la maison cette saison ?
Plusieurs peuvent prétendre à ce titre ! Ils ont tous leurs chances. Les héros sont exceptionnels. Il y en a d'autres qui sont exceptionnels. Plusieurs ont largement le potentiel et les capacités pour ramener la coupe.»
Timothé Crépin 
(Photo : PH LE ROUX/ALP/TF1)
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Fan74 18 avr. à 7:40

Ahmad est extrèmement généreux pour les notes qu'il s'attribue. Je ne lui donne même pas la moyenne dans le domaine de la stratégie. Les anciens de koh lanta ne s'y sont pas trompés et l'ont littéralement manipulé comme une marionnette. Maintenant faire un article de foot avec un type qui s'est couvert de ridicule, je ne vois pas l'intérêt.

Fr4ncky 17 avr. à 16:41

C'était super important d'interviewer ce très grand sportif. On a vu sur Koh Lanta son grand attrait pour le sport! Tout est bon pour faire des articles qui meublent, certes, mais un minimum de casting ne ferait pas de mal.

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