(P.Lahalle/L'Equipe)

L'OL s'incline à Turin avec un doublé de Cristiano Ronaldo mais se qualifie pour les quarts de finale de la Ligue des champions

Malgré un doublé de Ronaldo et dans un match marqué par deux penalties bien litigieux, un pour chaque formation, l'OL a pris son ticket pour les quarts de finale de la Ligue des champions après sa défaite sur la pelouse de la Juventus (2-1). Mais l'ouverture du score de Depay sur penalty suffit au bonheur des troupes de Garcia qui affronteront Manchester City !

La leçon : L'OL, 10 ans après !

2010-2020 : dix ans après sa dernière qualification pour les quarts de finale de la Ligue des champions, acquise sur la pelouse du Real Madrid, l’Olympique Lyonnais se qualifie de nouveau parmi les huit meilleures équipes européennes ! Vainqueur 1-0 de la Juve dans le Rhône avant le confinement, les Gones sont allés vaillamment chercher leur ticket pour la suite à Turin dans un Juventus stadium à huis clos. Une défaite 2-1, oui, mais une performance collective pour tenir le résultat jusqu’au bout. Rudi Garcia tient là une performance majeure, lui qui s’était toujours cassé les dents sur cette Juve à son époque romaine.
 
Dans un huitième de finale retour qui a longtemps été une histoire de penalties. Dès le premier quart d’heure, alors que Rodrigo Bentancur semblait prendre le ballon sur Aouar, l’arbitre de la rencontre indiquait le point de penalty, sans aller consulter la VAR. Sur les images, on pouvait voir Federico Bernardeschi déséquilibrer le Français. Memphis Depay, d'une panenka aussi froide que géniale, obligeait la Juve à marquer trois fois (0-1, 12e). Bien parti, l'OL voyait Marcelo effectuer un sauvetage exceptionnel alors que Bernardeschi s'était joué de Maxwel Cornet et Anthony Lopes (19e), avant qu'Anthony Lopes ne sorte magistralement un coup franc de Cristiano Ronaldo (40e). On se disait alors que les planètes étaient alignées pour le club de Jean-Michel Aulas. Mais tout était relancé au pire des moments, juste avant la pause, avec un nouveau penalty sifflé en faveur de la Juve pour une faute de main inexistante de Depay. Ronaldo, jusqu'alors bien timide, s'exécutait (1-1, 43e), puis illuminait la soirée d'une superbe frappe soudaine de l'extérieur de la surface (2-1, 60e). Lyon pouvait alors craindre le pire. Surtout qu'il perdait Jason Denayer sur blessure et que Paulo Dybala, trop juste pour débuter, était lancé. Mais l'Argentin ne restait que 20 minutes sur la pelouse, de nouveau blessé. Tandis que Leonardo Bonucci et Cristiano Ronaldo rataient leur tête. Dans une fin de match très bien gérée où on a senti le collectif lyonnais qui voulait davantage cette qualification que son adversaire, Lyon est devenu le premier club français à sortir la Vieille Dame en Coupe d'Europe. Cela place l'exploit.

Le gagnant : Le mental lyonnais

On ne va pas aller jusqu'à dire qu'un groupe est né. Mais il fallait la certaine maîtrise qu'ont eu les Gones dans ce moment charnière. A l'image de la bonne gestion de la fin de match. Très peu de panique, très peu de mauvais choix, du sang froid, des plus expérimentés à un Maxence Caqueret qui a ici écrit la première page d'une histoire qui, à ce rythme, s'annonce longue avec les grands rendez-vous. Le tout orchestré, il faut bien le dire, par Rudi Garcia, dont le plan et les intentions ont fait sens. La place dans le Final 8 acquise, l'OL n'a désormais plus de pression pour pourquoi pas croire à mieux. Pour voir le dernier carré, il faudra éliminer le Manchester City de Pep Guardiola la semaine prochaine.

Le perdant : Sarri, out ?

A-t-on assisté au dernier match de Maurizio Sarri sur le banc ? On ne voit pas en tout cas comment la Juventus va rester telle qu'elle est avant d'attaquer la saison 2019-20. Car ce huitième de finale retour n'a été que l'illustration de ce qu'est la Juve depuis bien trop longtemps. Amorphe par moment, sans idée, sans mental, sans âme, finalement, cette Juve n'est plus la Juve. Un titre de champion, oui, mais il y a du ménage à faire. Leonardo Bonucci n'est plus que l'ombre de ce qu'il a été. Même chose pour Gonzalo Higuain, qui n'a su trouver sa place face à Bruno Guimaraes et consorts. Il est vrai que l'absence de Paulo Dybala a été certainement très préjudiciable, mais le problème est bien plus profond.