fans, juventus fans, supporters during the UEFA Champions League quarter final match between Juventus FC and Ajax Amsterdam at the Allianz Arena on April 16, 2019 in Turin, Italy *** Local Caption *** (Tom Bode Multimedia/VI IMAGES//PRESSE SPORTS)

La Juventus fait le ménage chez ses ultras

Quasiment intouchable sur le terrain en Italie, la Juventus Turin connaît en revanche quelques soucis en tribunes. Avec, récemment, plusieurs opérations qui ont fait parler. On vous explique.

C’est un coup dur pour les Ultras de la Juve. Et aussi pour l’omerta qui règne sur les relations entre les supporters les plus violents et les clubs italiens. En début de semaine dernière, la police a arrêté et incarcéré huit leaders des groupes ultras de la Curva Sud du Juventus Stadium, en particulier son chef, Dino Mocciola, qui a déjà fait de la prison dans le passé pour avoir tué un gendarme. Quatre autres personnes ont été placées en résidence surveillée. Et ce n’est pas tout : des perquisitions ont eu lieu dans tout le Piémont, mais aussi à travers le nord et le centre de la Péninsule. Un grand coup de filet qui a privé de leurs meneurs le virage bianconero et ses groupes les plus redoutés (Drughi, Viking, Tradizione, Nucleo1985).

«On entre à ses risques et péril dans le virage Sud»

Cette action de la police s’inscrit dans le cadre de l’enquête «Last banner» («La dernière bannière»), ouverte suite à une plainte de la Juve, le 19 juin 2018. Le club turinois s’était alors rebellé face à une pratique très courante dans le foot italien : le chantage de certains groupes ultras pour continuer à obtenir des faveurs, en particulier la gestion de billets d’entrées au stade. L’enquête, enrichie notamment par la déposition le 14 février dernier d’Andrea Agnelli, le président de la Juve, a confirmé la mainmise de ces groupes sur les virages, les différents trafics qui s’y déroulent ainsi que les menaces faites sur les dirigeants, stewards, joueurs et même d’autres ultras. Tout était bon pour arriver à ces fins : dealer des billets avec les points de vente (d’où les perquisitions), mais aussi la menace de chants racistes, avec amendes et fermetures de tribunes en perspective, si le club ne cédait pas. «On entre à ses risques et péril dans le virage Sud», avait déclaré Agnelli, pour bien faire comprendre la dangerosité des Ultras, certains étant même liés à ’Ndrangheta, la mafia calabraise, très intéressée depuis quelque temps au «business des virages». Après Claudio Lotito, le patron de la Lazio, la Juve a décidé à son tour de défier les ultras. D’autres clubs suivront-ils ?

Roberto Notarianni