FILE PHOTO: Soccer Football - La Liga Santander - FC Barcelona v Leganes - Camp Nou, Barcelona, Spain - June 16, 2020   Barcelona coach Quique Setien talks to his players during a drinks break, as play resumes behind closed doors following the outbreak of the coronavirus disease (COVID-19)   REUTERS/Albert Gea/File Photo (Reuters)
Espagne - Barcelone

La laborieuse saison du FC Barcelone en cinq actes

Désormais derrière le Real Madrid dans la course à la Liga, le FC Barcelone de Lionel Messi vit une saison mouvementée. Du mercato estival à la reprise du championnat mi-juin, rien ne s'est vraiment passé comme prévu en Catalogne. À moins que ce ne soit l'inverse.

Un mercato à 200 millions d'euros

Après avoir été sacré champion en mai, le FC Barcelone prépare l'exercice 2019-2020 avec une ambition en tête : la Ligue des champions. Et pour laver l'affront de la remontada subie à Anfield, les Catalans décident d'engager deux joueurs qui ont déjà brillé en C1 et qui seraient (a priori) titulaires dans à peu près n'importe quel effectif du Vieux Continent : Antoine Griezmann (contre 120 millions d'euros) et Frenkie de Jong (75 millions). Avec deux recrues phares aux ADN Barça-compatibles, le club espère renouer avec davantage de fluidité dans le jeu. L'histoire ne va pas vraiment se dérouler comme prévu. Entre un De Jong dont le jeu se rapproche parfois trop de celui de l'intouchable Sergio Busquets et un Griezmann qui n'en finit plus de peiner à s'intégrer, le Camp Nou n'a pour l'instant pas pu mesurer l'apport de deux joueurs qui avaient pourtant tout pour devenir des coqueluches.

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Cinq premières journées en forme de montagnes russes

Première journée, premier accroc. En ouverture du Championnat d'Espagne, la bande de Gerard Piqué se prend les pieds dans le tapis à San Mamés. La faute à un ciseau retourné exceptionnel du désormais retraité Aritz Aduriz mais aussi et surtout à une animation offensive qui se résume (déjà et comme la saison précédente) au génie de Lionel Messi. S'en suivront deux succès face au Bétis et à Valence mais également deux contre performances qui feront davantage de bruit. L'une face à Osasuna (2-2 à Pampelune) et l'autre sur la pelouse de... Grenade (0-2). À ce moment-là, Ernesto Valverde se sent déjà menacé.

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Exit Valverde, place à "l'inexpérimenté" Quique Setién

Après 19 journées pénibles mais soldées par une place de leader du Championnat, Valverde se voit indiquer la sortie dans la foulée d'un nul (2-2) dans le derby. Ce sont tout à la fois sa gestion des jeunes pousses de l'effectif ainsi que celle des recrues, les deux remontadas subies en deux ans en C1 (face à la Roma puis Liverpool) et sa communication qui lui sont reprochées. Mais le plus gros grief se situe ailleurs : le football pratiqué sous le désormais ex-entraîneur du Barça est loin, bien loin, de coller avec l'ADN historique du club. Partant et sous la pression populaire, les dirigeants catalans décident de nommer un tacticien qui prône le jeu et (quasiment) rien que le jeu mais qui n'a jamais fréquenté les hautes sphères. Les premiers mots de Setién sont d'ailleurs très clairs : «Je n'ai pas un CV ni un palmarès très fournis. Je démontre seulement depuis mes passages au Betis, mais aussi à Lugo ou à Las Palmas, une volonté de bien faire jouer mes équipes.» Un discours qui redonne espoir aux supporters barcelonais. Leur optimisme sera rapidement douché...
Quique Setién ne pensait probablement pas se retrouver isolé si vite.  (Reuters)
Quique Setién ne pensait probablement pas se retrouver isolé si vite. (Reuters)

Le conflit larvé entre les joueurs et la direction sur la place publique

Ce qui était jusque-là un secret de polichinelle refait la une de la presse ibérique suite à une prestation indigente des hommes de Quique Sétien sur la pelouse du Napoli. Malgré le but à l'extérieur des visiteurs inscrit en fin de match par Griezmann (1-1 score final), Busquets et Ivan Rakitic, probablement remontés par le visage affiché par les leurs en Italie, s'en prennent à leur direction. En cause, le manque de profondeur de l'effectif. Pour faire simple : les joueurs se sentent livrés à eux-mêmes et refusent de porter le chapeau tout seuls. «Nous n'avons pas un groupe très conséquent et malheureusement c'est ainsi que les choses ont été planifiées» fait remarquer la sentinelle. Une pierre jetée dans le jardin de l'état-major du club quelques semaines après que Messi se soit décidé à régler ses comptes avec Éric Abidal via Instagram. Ambiance.

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Le tournant de la 30e journée

Alors que Setién avait tant bien que mal tenté de tenir la barre jusqu'à l'interruption du Championnat d'Espagne, ses troupes ne sont jamais vraiment parvenues à relancer la machine depuis la reprise. Il y a bien eu ces deux victoires inaugurales (4-0 lors d'un déplacement à Majorque et 2-0 au Camp Nou face à Leganés) mais il y aussi et surtout eu tout le reste : des lacunes toujours aussi criantes dans l'animation offensive - symbolisées par les difficultés de Griezmann -, ainsi que trois rencontres (très) compliquées face au FC Séville (0-0), l'Atlétic Bilbao (1-0) et le Celta Vigo (2-2). Deux accrocs en trois matches qui ont permis au Real Madrid de Zinédine Zidane de reprendre les rênes de la Liga. Et comme si cela ne suffisait pas, la presse espagnole s'est, en ce début de semaine, fait l'écho de tensions entre les membres de l'effectif et leur entraîneur. Des informations reprises par nos confrères de L'Équipe. Le quotidien indiquait notamment dans son édition de lundi que «les sources se (multipliaient) pour faire fuiter que la confiance des joueurs vis-à-vis de leur entraîneur (s'était) déjà largement érodée.» Et si Setién a tenu a assurer qu'il ne se sentait pas menacé, ses jours semblent inexorablement comptés. Parce qu'à Barcelone et depuis de trop nombreuses saisons déjà, rien n'a vraiment changé. Parce que l'ombre de Xavi plane, aussi. - T. P.
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