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giresse (alain) (L'Equipe)
Ligue 1

La situation des Girondins de Bordeaux analysée par ceux qui connaissent le club

Une équipe sans grand relief, des dirigeants acculés et des supporters en colère, les Girondins de Bordeaux traversent actuellement une passe difficile. Avant le match face au Paris Saint-Germain, FF est allé sonder ceux qui sont proches du club pour comprendre la situation.

Alain Giresse, joueur le plus capé de l'histoire des Girondins de Bordeaux (520 matches) : «Quels objectifs voulez-vous avoir ?»

«Le problème qui concernait l'équipe première à la base s'est étendu jusque dans les catégories de jeunes. A la vente de M6, des personnes en place ont été obligées de partir et ceux qui sont arrivés ne connaissaient pas forcément tous les tenants et les aboutissants de la formation et du contexte local et régional. Quand GACP a débarqué, je les avais rencontrés. J'avais été très surpris de l'approche qu'ils pouvaient avoir. Ils m'avaient demandé comment était le club, son fonctionnement mais leurs perspectives étaient de rentabiliser. Ils s'imaginaient qu'il suffisait de le penser pour que cela se réalise. Ce n'est pas ce que les Bordelais ont envie d'entendre. Bien sûr qu'il faut rentabiliser le club mais à travers des résultats sportifs et une équipe qui fait plaisir à voir. Et c'est tout l'inverse qu'il s'est passé avec un éloignement des supporteurs.
 
Il y a eu des prises de décisions, des orientations, notamment avec cet affrontement au niveau des supporteurs et du virage sud, je ne comprends pas comment on peut se retrouver dans cette situation. Ces supporters font partie du contexte des Girondins par leur soutien, ce qu'ils représentent et ce qu'ils apportent au quotidien. Se couper d'eux est dommageable. Il y a aussi ce choix de changer le logo et de valoriser Bordeaux en argumentant que cela va permettre de toucher les marchés américains et asiatiques. Mais encore faut-il une équipe qui suive ! Ces décisions ont eu des répercussions et ont créé cette situation. Les gens d'ici disent : «On a perdu notre identité». Cela veut dire ce que ça veut dire. En ce moment, je travaille avec la mairie, le club et les supporters pour retrouver de la sérénité entre les différents parties. C'est délicat. Détruire quelque chose, ça prend cinq minutes mais il faut beaucoup plus de temps pour reconstruire.
 
Sur le plan sportif, les possibilités ne sont pas limitées, elles sont au niveau zéro. L'effectif est ce qu'il est mais il faut faire avec. Il faut réaliser la saison la plus correcte possible avec les moyens du bord. Seul Ben Arfa est arrivé et cela reste une bonne chose. Mais quels objectifs voulez-vous avoir ? Ce n'est pas possible. Un club est tout un ensemble où l'on doit sentir un courant porteur de tout ce qui compose sa sphère. Aujourd'hui, cette sphère est fissurée. Il faut essayer de digérer ces traumatismes et enclencher une nouvelle dynamique. La formation doit se reconstruire. Mais raisonner purement sportivement en se disant qu'il faut tout gagner au niveau de l'équipe première, c'est un voeu pieux.
 
Pour le moment, cette équipe n'est pas lisible. Un coup, elle va gagner à l'extérieur, l'autre, elle perd à domicile. C'est délicat de ne pas savoir ce qui fait la force d'un groupe. Il faut trouver une base, une qualité qui se dégage et sur laquelle on peut se reposer. Mais Jean-Louis Gasset a toutes les connaissances et l'expérience pour la trouver».

Florian Brunet, porte-parole des Ultramarines Bordeaux 1987 : «Le club n'est plus le nôtre»

«C'est compliqué d'être supporter des Girondins en ce moment... Frédéric Longuépée en est le symbole, il n'y a plus du tout d'humain. Bordeaux est devenu une machine sans âme qui perd de l'argent. L'ambiance au Château est déplorable, le club s'est complètement éloigné de sa base de supporters et le climat est délétère. Je suis les Girondins depuis que je suis gamin et je n'ai jamais connu une période de la sorte. Il n'y a aucune unité avec la direction, que ce soit vis à vis des salariés, de l'équipe ou des fans.
 
Ce qui symbolise tout cela, c'est l'appellation. On est passé des Girondins de Bordeaux à Bordeaux Girondins. C'est un véritable détachement. Le club n'est plus le nôtre. Ça ne veut pas dire que l'avenir ne sera pas meilleur mais quand on entend le président Longuépée en interview... Il n'y a pas un mot pour les supporters, pas un seul. C'est symptomatique de sa vision. On en vient presque à s'éloigner du football. Ce n'est déjà pas simple de prendre du plaisir en regardant du football avec le contexte actuel, et s'ajoute à cela un véritable désamour du club. On reste avec les Girondins de Bordeaux dans notre coeur mais il va falloir faire renaître tout cela.
 
Aujourd'hui, on se rend compte de la place centrale des supporters dans le football avec cette crise sanitaire. Ils sont aussi importants que l'équipe et c'est également cela qui est en train de se jouer. Les Ultramarines, et plus globalement tous les groupes d'ultras, doivent retrouver une place centrale et on espère bien être partie prenante du projet à notre retour dans les stades. Pour nous, la vie reprendra quand un nouveau repreneur arrivera.
 
Au-delà de la personne de Frédéric Longuépée, c'est sa philosophie que nous n'admettons pas. La genèse du conflit vient d'une différence de vision du football. Pour lui, un club se gère comme une vulgaire entreprise. Mais le sentiment d'appartenance est beaucoup plus important dans un club, c'est l'essence même de ce sport. Si Bordeaux a ce glorieux passé, c'est grâce aux supporters. Les Girondins ont 140 ans d'histoire. Kingstreet ne sera qu'une malheureuse parenthèse. C'est un moment compliqué à vivre. Kingstreet va partir, Kingstreet doit partir et on espère seulement qu'ils ne nous laisseront pas un champ de ruines».

Vincent Romain, journaliste à Sud Ouest : «Les Girondins sont rentrés dans le rang progressivement»

«Il ne faut pas simplement regarder ce qu'il se passe depuis quelques semaines ou quelques mois. Les difficultés structurelles remontent à l'après-titre de Champion de France de 2009. Après ce sacre, Laurent Blanc est l'entraineur, les Girondins vont en Ligue des champions et ils signent et prolongent des joueurs avec des salaires très élevés. Le pari était de miser sur une nouvelle qualification en C1 mais dès l'année suivante, il y a un effondrement en seconde partie de saison (NDLR : les Girondins finiront 6e en 2010).
 
Au final, Bordeaux se retrouve sans Coupe d'Europe mais avec un effectif et des contrats calibrés pour la Ligue des champions. Financièrement, cela a fait beaucoup de mal à un club qui n'a jamais vraiment remonté la pente depuis. Certes, il y a cette Coupe de France en 2013, des saisons terminées en six ou septième position mais c'est épisodique. Il y a aussi eu une grande instabilité au poste d'entraineur ce qui n'a pas aidé. En terme de recrutement, il y a des bons coups comme Malcom mais également beaucoup de joueurs qui n'ont pas répondu aux attentes. Cela s'est construit petit à petit et les Girondins sont rentrés dans le rang progressivement.
 
Cette saison, l'équipe ne bénéficie pas d'un contexte favorable. Paulo Sousa s'en va à dix jours de la reprise, un coach totalement différent débarque en la personne de Jean-Louis Gasset, pas de sous mis à sa disposition pour recruter afin de garder les comptes à l'équilibre... A côté de cela, il y a d'autres clubs qui se structurent comme Rennes, Lille ou Montpellier. Quand Bordeaux a stagné ou régressé, eux ont progressé et c'est logique que les Girondins chutent au classement.
 
Pour le moment, Gasset cherche encore la bonne formule. Il a réussi à convaincre les dirigeants de faire l'effort sur Ben Arfa et on a tout de suite vu que c'était le meilleur joueur de l'équipe sur le plan offensif. Le but va être de trouver la meilleure animation autour de lui afin de créer une nouvelle dynamique mais c'est compliqué. Il y a beaucoup de joueurs d'axe dans l'effectif qui étaient taillés pour le système de Sousa.
 
A la fin de la saison, il y aura certainement beaucoup de départs. Neuf joueurs sont en fin de contrat et Jean-Louis Gasset compte là-dessus pour renouveler un effectif qui en a besoin. Des jeunes vont être intégrés en provenance du centre de formation et le coach espère aussi des recrues pour amener une plus-value à l'effectif. Mais il faudra convaincre Kingstreet de mettre la main à la poche et ce n'est pas gagné dans le contexte actuel».

Benoît Desaint
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Gauchos 28 nov. à 10:32

(4) A bordeaux, leur chance, c’est leur vin, sa réputation internationale et son maintien dans un milieu international particulièrement concurrentiel. Chez ces décideurs les modifications marketing ne les troublent pas pour peu qu’on s’en tienne à la forme. Alors qu’on passe de l’appelation girondins de Bordeaux à Bordeaux Girondins, ou qu’on modifié l’écusson, peu leur chaut.

Gauchos 28 nov. à 10:23

(3) et comme toute intendance ils sont ia pour suivre, pas pour décider. On leur demande de faire du bruit pas de oenser, car leurs centres d’intérêts ne sont en rien stratégique. I, n’y a que le plaisir ressenti qui compte ce qui est toujours une conséquence, jamais une cause. En France vous pouvez demander au Racing, à Reims, à St Étienne ou a Nantes, ils devraient être en mesure de vous répondre.

Gauchos 28 nov. à 10:15

(2) bim, boum, badaboum ! Que sont devenus Anderlecht et le Standard de Liège ? Pour Bordeaux, la question est . Veut on garder son identité régionale et essayer de sauvegarder une place en L1 ou doit on se plier aux exigences que demande une reconnaissance internationale. Sur qui et pour qui doit on communiquer ? Pour satisfaire une nostalgie ou pour conquérir un marché international . Pour ce qui est des ultras, en France, ils font partie de l’intendance.

Gauchos 28 nov. à 10:07

(1) Bon voilà de quoi ergoter pour un bon moment. Je prend un café pour stimuler le cogitum et me voilà arrime à la planche à tracer. Pour évaluer le club et le discours de Giresse, le mieux est de se referer au foot de club belge. Dans les années 70 ils tenaient brillament leur place dans les compétitions européennes et ils n’ont pas anticipé l’impact et les conséquences de l’ouverture de l’Europe, pensant que leur histoire et leur vécu les maintiendrait a flot.

towef 27 nov. à 21:42

oh...

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