La taxe à 75% édulcorée mais sur les rails

Ne l’appelez plus taxe à 75% mais «taxe exceptionnelle de solidarité sur les hautes rémunérations versées par les entreprises». Inscrite dans le projet de loi de finances 2014, présenté mercredi en conseil des ministres, la bête noire du foot pro a changé de nom mais aussi de portée. En effet, elle «sera assise sur toutes les rémunérations brutes perçues par les salariés et dirigeants pour la fraction de ces rémunérations supérieures à un million d’euros par an». De plus, «le taux de contribution sera égal à 50% et son montant sera plafonné à 5% du chiffre d’affaires de l’entreprise», révèle le PLF.

«Le message est clair : la taxe voit le jour mais on prévoit un filet de sécurité qui prend en compte le chiffre d’affaires de l’entreprise», décrypte-t-on au ministère des Sports. On insiste par ailleurs sur le fait qu'«il n’y a pas de traitement particulier pour le football». Même si ses dirigeants ont mené «le plus médiatique» des lobbying parmi tous les secteurs d’activité opposés à cette mesure fiscale. «C’est quarante sept millions de gagnés pour nos clubs», s’est félicité mercredi Frédéric Thiriez, en marge du lancement du groupe de travail sur le football durable. La ligue avait précédemment chiffré le préjudice pour les clubs pros à 82 M€, dont 45 M€ pour le seul Paris-SG.

Mais le combat n’est pas terminé pour le président de la LFP, persuadé de l’efficacité du pressing institutionnel footballistique : «Après les ministres, nous allons continuer le travail auprès des parlementaires. Et nous irons à nouveau au Conseil constitutionnel s’il le faut», prévient-il. «C’est moins pire qu’avant», a estimé Noël Le Graët, son homologue à la FFF. «Mais c’est dommage pour les clubs déjà en difficulté d’être soumis à une nouvelle taxe», a poursuivi le président qui a longtemps défendu cette taxe par solidarité avec le gouvernement. Reste que cette nouvelle contribution, même édulcorée, ne passe toujours pas auprès des clubs et en particulier ceux au chiffre d’affaires modeste qui devront malgré tout mettre la main à la poche alors qu’ils sont déjà en difficulté.

Rachel Pretti