De bonne humeur l'an passé après la montée de Nîmes en Ligue 1, Laurent Boissier est aujourd'hui très remonté. (F.Porcu/Presse Sports)
Ligue 1 - Nîmes

Laurent Boissier, directeur sportif de Nîmes : « Ce Championnat ne veut plus rien dire »

Le directeur sportif du Nîmes Olympique, Laurent Boissier, est très remonté contre les reports de matches en Ligue 1 qui, selon lui, pénalisent beaucoup son équipe mais aussi tout le club.

Après la réception de Nantes (17e journée), voilà encore un match à domicile repoussé pour Nîmes (contre Angers, initialement prévu ce samedi)...
J'en ai ras le bol car il y a des équipes qui jouent, d'autres qui ne jouent pas, on nous prévient 48 heures à l'avance que le match est reporté... On a fait un stage hivernal en Espagne pour se préparer physiquement à la reprise, et tout est remis en cause d'un coup. Mardi, à la réunion sécurité avec la préfecture, tout allait bien, on nous a dit qu'il n'y avait aucune raison que le match ne se joue pas. Puis, le jeudi soir, il y a un rendez-vous en préfecture, sans nous, et il en ressort que le match est reporté. On nous l'apprend à 18 heures, deux jours avant le match.
Cela pénalise votre équipe ?
On était sur une dynamique, au final on subit un match reporté contre Nantes, à la sortie on ne gagne plus une rencontre, puis on va se retrouver à jouer quatre fois en dix jours (Nantes le 16, Toulouse le 19, Angers le 23, Nice le 26). Pour un petit club comme nous, ce n'est pas normal. On n'est plus en Coupe de France, on n'est plus en Coupe de la Ligue et on en profite pour nous coller les matches en semaine. Quand on voit que pour d'autres, on se permet de leur repousser leur match en retard car ils ont une tournée au Qatar ou je ne sais quoi, et que nous, on ne nous consulte même pas... C'est complètement anormal.
« On a prévu une tournée au Cailar, c'est un petit village à côté de Nîmes. On a besoin de récolter de l'argent avec nos sponsors. Donc peut-être qu'on ne sera pas là le 23 ou le 26 »
Vous faites allusion au geste de la Ligue envers le Paris-SG (la réception de Montpellier, initialement reprogrammée le 15 janvier, a été reportée au 20 février car les Parisiens ont une tournée promotionnelle au Qatar mi-janvier)...
Nous, on a prévu une tournée au Cailar, c'est un petit village de 2000 habitants à côté de Nîmes. On a besoin de récolter de l'argent avec nos sponsors. Donc peut-être qu'on ne sera pas là le 23 ou le 26, je ne sais pas encore, ça dépendra de nos sponsors, on va voir.
Vous dites ça en rigolant.
Je le dis sur le ton de l'humour, mais au fond, je suis très sérieux. Si on dit qu'on ne peut pas jouer à telle date car on a un stage avec nos sponsors, il se passe quoi ? On va nous dire quoi ? À un moment donné, il faut nous consulter. Aujourd'hui, le Championnat est complètement faussé.
Vous pensez ?
Non, j'en suis sûr. Il est faussé par deux choses : par le mercato d'hiver, qui permet aux clubs qui ont fait n'importe quoi en juin et qui sont dans la panade de recruter 30 joueurs en janvier. Nous, on n'a pas d'argent. Si on se trompe en juin, en décembre on n'a que nos yeux pour pleurer. Donc en fait, il y a deux Championnats pour certains.
Ensuite, les reports font que ce Championnat ne veut plus rien dire. Il y a des équipes qu'on devait jouer quand elles n'étaient pas bien, et lorsqu'on les joue, elles sont bien, des équipes qui avaient des blessés et qui n'en ont plus... C'est n'importe quoi. Si on a fait un calendrier, c'est pour le tenir. Ou alors si on ne peut pas jouer certains matches, la Ligue arrête le Championnat et on le reprendra quand tout le monde pourra jouer à armes égales.
« Aujourd'hui, on dirait que reporter un match, c'est de la rigolade. Mais ce n'est pas de la rigolade ! Ça a un impact énorme, ça met en péril des emplois. »
Vous avez l'air très remonté...
Je pousse un coup de gueule car personne ne dit rien. Aujourd'hui, j'ai la sensation qu'on prend le football professionnel comme un amusement. Ce n'est pas un amusement, c'est notre métier. Moi, c'est mon gagne-pain. On a des salariés, on a un club à faire tourner et aujourd'hui on dirait que reporter un match, c'est de la rigolade. Mais ce n'est pas de la rigolade ! Ça a un impact énorme, ça met en péril des emplois. On ne se rend pas compte du préjudice.
Les gens qui ont acheté leurs places pour le match contre Angers, on fait comment, on les rembourse ? Parce qu'ils pouvaient venir samedi mais s'ils ne peuvent pas venir mercredi, on fait comment ? Ça nous fait refaire de la billetterie, c'est un bordel énorme pour nous. Dans une semaine on reçoit Toulouse. On fait quoi ? On prépare le match ou pas ? Ou il sera repoussé ? Il faut se rendre compte que reporter un match de foot, ce n'est pas anodin. Si demain vous êtes boulanger et qu'on vous ferme la boulangerie pendant une semaine, vous aurez un gros préjudice. Il ne faut pas banaliser les reports de matches, parce que pour nous, c'est grave.
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stephaneruelruel 11 janv. à 19:28

Que les droits TV augmentent grâce au PSG ça le dérange moins je pense.

olivier30 11 janv. à 18:51

tous le monde sait que le qatar dirige notre pays..télé, sport , politique..du coup les petites gens les petits clubs... passent bien bien après... tous en gilets jaune !!!

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