(L'Equipe)

Le dernier tacle de Julien Cazarre : SCO veut scalper grand chef

Comme chaque semaine, Julien Cazarre glisse son tacle à retardement dans France Football. Il évoque le SCO Angers, qui rêve de scalper l'intouchable Paris Saint-Germain.

C’est vrai que quand on parle de grand chef indien, on ne pense pas au premier abord à Saïd Chabane, le proprio du SCO d’Angers, même si Chabane, ç’a un côté blase d’Indien chamanique qui fait des ronds de fumée avec son calumet ou avec son joufflu en fonction de la soirée, incantation ou Patrick Sébastien… En revanche, le terme scalp correspond plutôt pas mal à notre ami Stéphane Moulin, dont la coiffure laisse à penser que la bande de Sitting Bull est passée par le Maine-et-Loire pour lui faire tâter de son tomahawk (ah, ce mot ! J’en vois déjà se revoir à 14 ans en train de se trémousser sous une boule à facettes en plastoc accrochée au plafond d’un garage aménagé sur Comanchero de Moon Ray en espérant que la prochaine soit Tarzan Boy de Baltimora…) Mais on digresse, là, revenons à nos Indiens… Heu, nos Angevins.

Qui aurait misé un Sioux que cette bande de zozos planqués sagement entre Tours et Nantes

Qui aurait misé un Sioux que cette bande de zozos planqués sagement entre Tours et Nantes talonneraient le PSG après huit journées ? Huit journées, c’est beaucoup et c’est bien peu, comme disait Renaud dans sa Chanson pour l’Éthiopie (même époque que Baltimora et Moon Ray, mais en moins disco… Une époque où l’Afrique en France, c’était plus la famine que des attaquants de Liverpool). Le SCO, lui, n’est pas un club de morts de faim mais arrive, avec un budget de 32 M€, c’est-à-dire 10 de moins que l’achat de Leandro Paredes, à titiller les grosses écuries de notre Championnat en produisant du jeu… Eh oui, c’est possible, on peut obtenir des résultats autrement qu’en bétonnant à dix derrière en attendant qu’un virevoltant feu follet parte en dribbles comme un poulet sans tête avec l’infime espoir que sa frappe en bout de course exécutée en fermant les yeux termine, par le jeu d’un ricochet de l’espace, dans la lucarne du gardien adverse…Dans cette équipe, point de star, de vedette ou de gloires déchues de Premier League à la recherche d’un nouveau souffle… On n’est pas en présence de la grosse cavalerie, mais d’une bande de bons joueurs de foot à l’état d’esprit irréprochable qui répond sans rechigner aux directives tactiques de leur grand chef (Stéphane Moulin pour les intimes).

Bien sûr, Ninga, c’est pas Neymar, Bahoken, c’est pas Mbappé, Capelle, Manceau, Thomas, c’est pas Zizou… La plupart des mecs ont des noms de 2e classe du film les Bidasses en folie, mais quel pied de les voir sur un terrain de foot ! Chabane a réussi, avec le temps, à imposer son petit club à l’ancienne avec de bonnes vieilles méthodes à la papa au milieu des «market victim» à la Black Mirror comme Eyraud ou DaGrosa. Je ne sais pas combien de temps ça va durer, mais, à la limite, on s’en cogne comme du dernier disque de Mylène Farmer si on est hétéro… Comme dans les années d’après-1985, quand on se trémoussait tous sur Pourvu qu’elles soient douces… et sur Baltimora. - J.C.